‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 326 sur 373 · Apol. Il · texte numérisé non relu

Apol. Il

3. Apol, II, 3, 11; Tatien, Adv. Grœe., 19; Irénée,!. xxviii,1;

492 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 160]

Tatien échappa aux embûches du cynique. On ne peut assez regretter, pour la mémoire d'Anton in (ou, si l'on veut, de Marc-Aurèle), que l'avocat courageux d'une cause qui était alors celle de la liberté de conscience ait souffert le martyre sous son règne. Si Justin appela son rival « imposteur » ou « écomifleur », conmie nous l'apprend Tatien, il méritait la peine correctionnelle qu'entraîne le délit d'injures proférées en public. Mais Crescent ne fut peut-être pas moins injurieux, et le fut impunément. Justin se vit donc frappé comme chrétien. La loi était formelle et les conservateurs de la chose romaine hésitaient à l'abroger. Combien de précurseurs de l'avenir ont souffert également sous le règne du juste et pieux saint Louis !

Les attaques de Crescent n'étaient pas un fait

E\isèhe,H.E.jlYj^&; Chronique, ^i. 170, 171,Schœne; Chronique d'Alex,, à Tan 4 65. TaticD, Irénée, Tertullien dous assurent que Justin mourut martyr. Quant aux Actes de son martyre, ils sont de seconde main et sans valeur. H est même douteux s'ils s'appliquent à notre docteur. Junius Rusticus n^est mêlé à cette affaire que par les Actes et par saint Épiphane (xlvi, 4 ),qui copie en cela les Actes. La mort de Justin dut suivre de près la dispute avec Crescent et la composition de la deuxième apologie. (Apol. II, 3 ; Eusèbe, Le) On ignore si ce fut dans les derniers mois d'Antonin ou dans les premiers de Marc-Aurèle. Voir Pearson, cité cidessus, p. 453, note. Nous avons vu, à propos de Polycarpe, qu*Eusèbe a une certaine tendance à placer sous Marc-Aurèle des martyres qui eurent lieu sous Antonio.

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isolé. Au i®' siècle, des hommes très- instruits purent ignorer le christianisme; maintenant, cela n'est plus possible. Tout le monde a un avis dans la question. Le premier rhéteur du temps, L. Cornélius Fronton, écrivit certainement une invective contre les chrétiens ^ Ce discours est perdu; nous ignorons dans quelles circonstances il fut composé ; mais on peut s'en faire quelque idée par celui que Minucius Félix met dans la bouche de son Csecilius. L'ouvrage n'était pas, comme celui de Celse, consacré à la discussion exégétique ; ce n'était pas non plus un écrit de philosophie. C'étaient des considérations d'homme du monde et de politique*. Fronton admettait sans examen les bruits les plus calomnieux contre les chrétiens, il croyait ou affectait de croire ce que l'on racontait de leurs mystères nocturnes, de leurs repas sanglants \ Très-honnête homme, mais homme officiel, il avait horreur d'une secte de déclassés. Satisfait d'une sorte de croyance vague à la Providence^

i . Minucius Félix, 9, 31 . C'est lui qui est désigné par Texpression Cirthensis noster. Fronton était né à Thibilis. De nombreuses inscriptions attestent encore aujourd'hui Timportance que la famille des Frontons eut dans la région de Cirtba. L. Renier, Journal officiel, 26 juin i878; Jnscr. rom. de VAlg., n« 2717 ; Orelli, nM176.

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