Carm. siô.^VlII
pillent les pauvres. Rome sera brûlée; les loups et les renards demeureront dans ses ruines; on verra si ses dieux d'airain la sauveront. Adrien, que le sibylliste de Tan 117 saluait avec tant d'espérance, a été un roi inique, avare, spoliateur du monde entier, tout occupé d'arts frivoles, un ennemi des vraies religions, l'instituteur sacrilège d'un culte infâme \ un fauteur de la plus abominable idolâtrie. Comme le sibylliste de 117, celui dont nous parlons veut qu'Adrien ne puisse avoir que trois successeurs*. Leur nom (Antonin) rappelle celui du Très- Haut (Adonaï). Le premier des trois régnera longtemps. Il s'agit évidemment d' Antonin le Pieux. Ce prince, en réalité si admirable, est traité de « misérable roi ' », qui, par avarice toute pure, a dépouillé le monde et entassé à Rome des trésors que le terrible exilé, l'assassin de sa mère (Néron l'Antéchrist), livrera en pillage aux peuples de l'Asie*.
Oh I comme tu pleureras alors, dépouillée de ton brillant laticlave et revêtue d'habits de deuil, ô reine orgueil-
<. Celui d'Antinous.
2. Carm. sib,, VIII, 65 et suiv., 73 et suiv., 91 et suiv., 434 et suiv., Cf. III, 52 ; 388 et suiv.; V, 49 et suiv.