Vie de Jésus, append., p. 487 et suiv
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détails que les premiers narrateurs ignoraient ou avaient négligés. Quant aux discours de Jésus, tels que la tradition galiléenne les redisait, l'Église
d'Ëphèse, si elle les connut, les laissa tomber dans une sorte d'oubli. Avec l'esprit du temps, on ne se faisait pas plus de difficulté de prêter à Jésus des discours destinés à fonder telle ou telle doctrine, que les auteurs de la Thora et les anciens prophètes en général ne se firent scrupule de faire parler Dieu dans le sens de leur passion.
Ainsi naquit le quatrième Evangile, écrit de nulle valeur, s'il s'agit de savoir comment Jésus parlait, mais supérieur aux Évangiles synoptiques en ce qui touche l'ordre des faits ^ Les séjours de Jésus à Jérusalem, l'institution de l'Eucharistie, que notre auteur fait résulter d'une habitude de Jésus et non d'une parole prononcée à un moment précis, l'agonie anticipée de Jésus, non rapportée au soir de la veille de sa mort, une foule de circonstances relatives à la Passion^ à la résurrection et à la vie d'outre-tombe du Sauveur ; certaines particularités : par exemple, ce qui concerne Carra, l'apôtre Philippe, les frères de Jésus, la mention de Clopas comme membre de la famille de Jésus *,
\ . Ce point a été longuement développé dans Tappendice à la Vie de Jésus, \ 3° édition et suiv.
S. Jean, xix, to. Gomment, si le quatrième Évangile était dénué
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sont autant de traits qui assurent à pseudo-Jean une supériorité historique surMarc et sur pseudo-Matthieu. Un grand nombre de ces particularités pouvaient provenir des récits mêmes de l'apôtre Jean, dont on conservait le souvenir. D'autres prenaient leur source dans une tradition que ni Marc, ni celui qui le compléta sous le nom de Matthieu, ne connurent. Dans plusieurs cas, en elTet, où pseudo-Jean s'écarte de la contexture du récit synoptique, il présente des coincidences singulières avec Luc et avec l'Evangile selon les Hébreux *. De plus, quelques traits du quatrième
Evangile se retrouvent chez Justin et dans le roman pseudo-clémentin, sans que pourtant Justin ni l'auteur du roman aient connu le quatrième Evangile. Il y avait donc, en dehors des synoptiques, un ensemble de traditions, de phrases déjà toutes faites et en quelque sorte répandues dans l'air*, que le
de valeur originale en tant que document, y trouverait-on ce détail, confirmé par ce que nous apprennent Hégésippe, les Constitutions apostoliques, etc., sur les parents de Jésus? Voir les Évangiles, appendice.
4 . Voir Vie de Jésus, 13° édit., p. lxxx-lxxxi, 515, 521, 527, 530, 533, 534. Comparez encore le récit du reoiement de Pierre dans Luc, xxii, 55-62, et dans Jean, xviii, 16-17, 25-27. C'est probablement avec raison que le quatrième Évangile donne au père de Pierre le nom de Jean au lieu de celui de Jonas, Comp. l'Évang. des Hébreux, Hilgenfeld, p. 16, 23, 25-26.
2. Par exemple, i-yw il^i -h ma'kn -ni; îw^ç, Homélies pseiido^
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quatrième Évangile nous représente en partie ; et traiter cet Évangile de composition artificielle, sans base traditionnelle, c'est en méconnaître le caractère aussi gravement que quand on y voit un document de première main et d'un bout à l'autre original.
Ce qui, dans le quatrième Évangile, est vraiment artificiel, sans base traditionnelle, ce sont les discours qui sont placés dans la bouche de Jésus. La critique doit mettre ces discours sur le même pied que les entretiens dont Platon fait honneur à Socrate. Deux omissions y sont frappantes : on n'y trouve ni une seule parabole, ni un seul discours apocalyptique sur la fin du monde et l'apparition messianique. On sent que les espérances d'un prochain éclat dans les nues avaient perdu une partie de leur force \ Selon le quatrième Evangile, le vrai retour de Jésus après qu'il aura quitté le monde, c'est l'envoi que Jésus
clém., III, 52; Philosophumena, V, viii, p. 157 (Duncker); Posf6Mr d'Hermas, Sim. IX, 12. Cf, Hilgenfeld, Nov, Test, extra can, rec, IV, p. 41, note 2.— Une autre curieuse consonnance se remarque entre Jean, m, 4; Homélies pseudo-cUm,, xi, 96; Justin, Apol. I, 61 .
1. Nous disons une partie; car, outre que certains passages de FÉvangile: v, 28; vi, 39, 40, 44, 54; xi, 24, supposent la résurrection au dernier jour, le retour de Jésus est clairement exprimé dans fépître johannique (I Joh., ii, 18, 28; m, 2, 5; iv, 17) et dans l'appendice de TÉvangile (chapitre xxi, 22-23), dont la concordance doctrinale avec rÉvaigile lui-même est absolue.
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fera du Paraclet, autre lui-môme, qui consolera ses disciples de son départ*. L'auteur se réfugie dans la métaphysique^ parce que les espérances matérielles lui paraissent déjà par moments des chimères. La même chose semble être arrivée à saint PauP. Le goût de l'abstraction faisait qu'on attachait peu de prix à ce que nous trouvons de plus réellement divin en Jésus, Au lieu de ce fin sentiment de la poésie de la terre, qui remplit les Évangiles galiléens, nous ne trouvons ici qu'une métaphysique sèche, une dialectique roulant sur l'équivoque du sens littéral et du sens figuré. Jésus, dans le quatrième Évangile, parle vraiment pour lui seul* Il se sert d'un langage que personne ne devait comprendre, puisqu'il .prend exprès les mots dans un autre sens que le vulgaire, et il s'indigne après cela de n'être pas compris'. Cette fausse situation produit à la longue une impression fatigante, et qp finit par trouver les juifs excusables dans leur inintelligence des mystères nouveaux qu'on leur présente d'une façon si obscure.
Ces défauts étaient la conséquence de l'attitude exagérée que l'auteur prête à Jésus. Une pareille attitude excluait le naturel. Jésus se proclame la Vérité et