‹ L'AntechristChapitre 120 sur 397 · Tacite, Anri., XIII · texte numérisé non relu

Tacite, Anri., XIII

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à la famille Annœa^ autour de laquelle nous avons vu les chrétiens s'agiter et se grouper ; ce fut poussée par Sénèque qu'elle joua, dans la plus monstrueuse et la plus tragique des circonstances, un rôle qui, vu sa condition servile, ne peut être qualifié que d'honnête ^ Cette pauvre fille % humble, douce, et que plusieurs monuments nous montrent entourée d'une famille de gens portant des noms presque chrétiens [Claudia^, Felicula^ Stephanus^ Cresaens, Phœbe, Onesimus^ Thallus^ Artemas^ Helpis) % fut le premier amour de Néron adolescent. Elle lui fut fidèle jusqu'à la mort; nous la retrouverons, à la villa de Phaon, rendant pieusement les derniers devoirs au cadavre dont tout le monde s'écartait avec horreur.

Et disons-le, en effet, quelque singulier que cela puisse paraître, on conçoit que, malgré tout, les femmes l'aient aimé. Ce fut un monstre, une créature absurde, mal faite, un produit incongru de la nature; mais ce ne fut pas un monstre vulgaire. On eut dit que le sort, par un caprice étrange, avait voulu réaliser en lui Vhircocerf des logiciens, un être

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