Tacite, Ann., XIII, 13; XIV, 2. Voir ci-dessus, p
2. Tacite, Ann., XIII, 12, 13, 46; Suétone, Néron, 28; Dion Cassius, LXI, 7.
3. Fabretti, Inscr,, p. 124-126; Orelli, ii°« 735, 2885; Henzen,n«>» 5412, 5413.
«6 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 64]
hybride, bizarre, incohérent, le plus souvent haïssable, mais que cependant par moments on ne pouvait s*empêcher de plaindre. Le sentiment des femmes reposant plus sur la sympathie et le goût personnel que sur les rigoureuses appréciations de l'éthique, il leur suffit d'un peu de beauté ou de bonté morale, même souverainement faussées, pour que leur indignation s'éteigne dans la pitié. Elles sont surtout indulgentes pour l'artiste égaré par l'ivresse de son art, pour un Byron, victime de sa chimère, et poussant la naïveté jusqu'à traduire en actes son inoffensive poétique. Le jour où Acte déposa le cadavre sanglant de Néron dans la sépulture des Domitius, elle pleura sans doute sur la profanation des dons naturels connus d'elle seule; le même jour, plus d'une chrétienne, on peut le croire, pria pour lui.
Quoique d'un talent médiocre, il avait des parties de l'âme d'un artiste : il peignait bien, sculptai^ bien; ses vers étaient bons, nonobstant une certaii emphase d'écolier % et, malgré tout ce que l'on pi dire, il les faisait lui-même; Suétone vit ses brouil Ions autographes couverts de ratures ^ . Il comprit II
4J. Suétone, fragm. de la Vie de Lucain, 2. Suétone, Néron, 52.
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premier l'admirable paysage de Subiaco et s'y fit une délicieuse résidence d'été. Son esprit , dans l'observation des choses naturelles, était juste et curieux; il avait le goût des expériences, des nouvelles inventions, des choses ingénieuses^; il voulait savoir les causes, et démêla très-bien le charlatanisme des sciences prétendues magiques, ainsi que le néant de toutes les religions de son temps ^ Le biographe que nous citions tout à l'heure nous a conservé le récit de la manière dont s'éveilla en lui la vocation de chanteur^. Il dut son initiation au cithariste le plus renommé du siècle, à Terpnos. On le vit passer des nuits entières assis à côté du musicien, étudiant son jeu, perdu dans ce qu'il entendait, suspendu, haletant, enivré, respirant avidement l'air d'un autre monde qui s'ouvrait devant lui au contact d'un grand artiste. Ce fut là aussi l'origine de son dégoût pour les Romains, en général faibles connaisseurs, et de sa préférence pour les Grecs, selon lui seuls capables de l'apprécier, et pour les Orientaux, qui l'applaudissaient à tout rompre. Dès lors, il n'ad-
4. Sénèque, Quœst. nat., VI, 8; Pline, //. A\^XI, xlix (109); XIX, III (15); XXXVII, III (11).
2. Suétone, A^erow^ 56; Pline, XXX, ii (5); Pausanias, II, XXXVII, 5.