‹ L'AntechristChapitre 157 sur 397 · Apoc, II, 9-10. Cf. MarL Polyc · texte numérisé non relu

Apoc, II, 9-10. Cf. MarL Polyc

5. Apoc. II, 13. Voir ci-après, p. 363. L'habitude qu'a l'auteur d© l'Apocalypse de se servir de noms symboliques ou anagrammatiqujs répand beaucoup d'incertitude sur ce nom ; mais il n'est pas douteux qu'il n'y ait là-dessous un martyr.

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du fameux temple d'Esculape, peut-être dans un amphithéâtre en bois non loin du temple ^ , à propos de quelque fête. Pergame était avec Gyzique* la seule ville d'Asie Mineure qui eût une organisation régulière des jeux de gladiateurs. Nous savons justement que ces jeux étaient placés à Pergame sous l'autorité des prêtres ^ Sans qu'il y eût d'édit en forme interdisant la profession du christianisme*, cette profession mettait en réalité hors la loi ; hostis,

i. V. Mém. de VAcad. de Berlin, i872, p. 48-58.

2. Texier, Asie Mineure, p. 217 et suiv. Ces deux villes sont les seules qui offrent des ruines d'amphithéâtres. Il y avait pourtant des jeux de bêtes à Smyrne. ;l/ar^ Polyc, il et 12.

3. Galien, t. XIII, p. 600; t. XVIII, 2« partie, p. 557 (édit. Kuhn).

4. Commodien, Carmen, ch. xl-xli; Eus., H. E., II, 25; Chron., ad ann. 13 Ner.; Lactance, De mort, persec, 2; Sulpice Sévère, Hist, sacra, II, 28 et 29 ; Orose, VU, 7, Euthalius, dans Zaccagni, p. 532, présentent à tort la chose ainsi. M. de Rossi {Bull. di arch. crist., 1864, p. 69 et suiv., 92 et suiv.; 1865, p. 93) a cru voir dans une inscription charbonnée sur les murs d'une caupona à Pompéi quelques traces des railleries sanglantes que ^» la populace fit des chrétiens. L'inscription (Zangemeister, Inscript.^^ml parietariœ, n° 679) a disparu, et l'explication de M. de Rossi est des plus douteuses. Voir Comptes rendus de VAcad., 1866,

p. 189 et suiv. On est tenté de croire que ce griffonnage, oij on lit le mot viNA, se rapporte aux comptes du marchand de vin* En tout cas, l'inscription devait être de l'an 78 ou 79; car de telles inscriptions se conservent peu de temps. TertuUiea nie qu'il y eût des chrétiens à Pompéi avant 79. Apol., 40.

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hostis patriœ, hostis publicus^ humani generis immicus, hostis deorum atque hominum^ autant d'appellations écrites dans les lois pour désigner ceux qui mettaient la société en péril, et contre lesquels tout homme, selon l'expression de Tertullien, devenait un soldat *. Le nam seul de chrétien était de la sorte un crime *. Gomme l'arbitraire le plus complet était laissé aux juges pour l'appréciation de pareils délits % la vie de tout fidèle, à partir de ce jour, fut entre les mains de magistrats d'une horrible dureté, et remplis contre eux de féroces préjugés *.

Il est permis, sans invraisemblance, de rattacher à l'événement dont nous venons de faire le récit la mort des apôtres Pierre et Paul ^ Un sort vraiment

1. Tertullien, ApoL, 2, 25, 35, 37; Ad Scapulam, 4. Cf. Cod. Theod., 1.3, 6, 7, 9, de Maleficis et malhematicis (IX, xviii). Cf. Actes du martyre de saint Cyprien, § 4, dans Ruinart, Acla sincera, p. 217.

2. I Pétri, iv, 14. Cf. Matth., x, 22; xxiv, 9; Marc, xiii, 13; Luc, XXI, 12, 17.

3. Digeste, 1. 6, ad legem Juliam peculatus (XLVIII, xiii). Cf. ibid., 1. 4, § 2.

4. Paul, Sentent., V, xxix, 1. Luc, xxi, 12, est écrit sous la préoccupation de ces vexations judiciaires.

5. C'est l'hypothèse d'Eusèbe {Chron., ann. 43 de Nér.), parfaitement d'accord avec Clément Romain, Ad Cor. I, 5 et 6, et confirmée par Apoc, xviii, 20. Cf. Euthalius, p. 532; Georges le Syncelie, p. 339.

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étrange a voulu que la disparition de ces deux hommes extraordinaires fût enveloppée de mystère. Une chose certaine, c'est que Pierre est mort martyr *, Or on ne conçoit guère qu'il ait été martyr ailleurs qu'à Rome *, et, à Rome, le seul incident historique connu par lequel on puisse expliquer sa mort est l'épisode raconté par Tacite \ Quant à Paul^ des raisons solides portent aussi • à croire qu'il est mort martyr, et mort à Rome \ Il est donc naturel

1. Jean, xxi, 18-19, comparé à xii, 32-33, et xiii, 36, passages en toute hypothèse écrits avant l'an 150, et d'autant plus forts qu'ils sont indirects et supposent le fait en question connu de tous; II Pétri, i, 14; Canon de Muratori, lignes 36-37; Clém. Rom., Ad Cor. I, ch. 5; Denys de Corinthe et Caïus, prêtre de Rome, cités par Eusèbe, H. E., II, 25; Tertullien, Prœscr., 36; Adv. Marc, IV, 6; Scorpiace, 15. Luc, xxii, 32-33, comparé au passage précité du Canon de Muratori, et à Jean, xiii, 36-38, donne aussi beaucoup à réfléchir. Cf. Macarius Magnés, I. IV, § 4 (encore inédit).

2. Si Pierre n'a pas été martyrisé à Rome, il l'a été à Jérusalem ou à Antioche; deux hypothèses également invraisemblables. Apoc, XVIII, 20, est très-fort pour notre thèse.

3. An7i., XV, 44. Lire attentivement Clément Romain, Ad Cor. I, § 5 et 6, dans l'édition de Hilgenfeld. Le ttO.ù ttX^Ooî j èxXsxTwv, les Danaïdes et les Dircés souffrirent sûrement à Rome; ) or ces martyrs sont reunis comme en tas (auvri6poîoô-/i) aux apôtres Pierre et Paul.

4. Les mots de Clément Romain : [xaprupiidaç im rwv r,7oufii£v»v, c5t«; àTTVîXXà-p tou xo'aaou, n'impliquent pas la mort violente (cf. /Ic^, XXIII, 11); mais l'ensemble du passage, surtout £«; 94v«-

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de rapporter également sa mort à l'épisode de juilletaoût 64 ^ Ainsi fut cimentée par le supplice la réconciliation de ces deux âmes, l'une si forte, l'autre si

To[u riXôov], en partie conjectural, l'implique probablement, et le parallélisme avec le [xapTupr^aç de Pierre l'indique aussi. Denys de Corinthe, Gaïus, prêtre de Rome, et Tertullien {loc. cit. note 1), croient que Paul a été martyr. De même, l'auteur de l'épître d'Ignace aux Éphésiens, § 12 (passage manquant dans le syriaque). Cf. Commodien, Carmen, vers 821.

1. La plus forte raison pour cela est Clém. Rom., Ad Cor. I, ch. 5 et 6. L'auteur de cette épître, écrite certainement à Rome, peu d'années après la mort des apôtres (ch. 5, initio), probablement de 93 à 96, établit un lien entre le supplice de Pierre, celui de Paul, celui du iroXù ttX^ôgç kXgjcTciv, celui des Danaïdes et des Dircés, par l'expression : toutci; toTç àv^pâciiv ouv»iôpoi'aOn... (impliquant une fournée d'arrestations tumultuaires), et surtout par la cause commune qu'il attribue à toutes ces .morts, « la jalousie ». Or il est clair que le izokh iz\r,boç èxXexiTwv, les Danaïdes et les Dircés souffrirent dans la persécution de juilletaoût 64. Denys de Corinthe, cité par Eusèbe (H. E., II, 25) veut que Pierre et Paul soient morts à Rome vers le même temps (xxtk Tov aÙTÔv xatpo'v) ; il est vrai que son témoignage est affaibli par ce qu'il semble raconter sur l'apostolat de Pierre à Corinthe et sur les voyages de Pierre et de Paul opérés de conserve. On sent chez lui un parti pris systématique pour associer Pierre et Paul dans l'apostolat des gentils. — Tertullien, Prœscr.^ 36; Adv. Marc, IV, 5; et Commodien, Carmen, v. 821, associent aussi les deux apôtres dans leur mort. Cf. Irénée, Adv. hœr., III, i, 1 , m, 3; Eusèbe, H. E., II, 22, 25; IIl, 1 ; Chron., 13« année de Néron; Lac'ance, De mort, persec, 2; Instit. div., IV, 21 ; saint Jérôme, De viris ilL, 5 ; Euthalius, dans Zaccagni, ColL monum. vet. Eccl. gr., p. 532 ; Sulpice Sévère, Hist. sacra, II, 29 ; Bède^. De

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bonne ; ainsi fut établie par autorité légendaire (c'est-àdire divine) cette touchante fraternité de deux hommes que les partis opposèrent, mais qui, on peut le croire, furent supérieurs aux partis et s'aimèrent toujours. La grande légende de Pierre et Paul, parallèle à celle de Romulus et Rémus, fondant par une sorte de collaboration ennemie la grandeur de Rome *, légende

rat. temp., p. 303, édit. Giles. Toute la tradition romaine (Gaïus dans Eusèbe, H. E.,l\^ 23; Liber pontificalis^ édit. Bianchini, art. Pierre et Corneille, en remarquant les contradictions; Actes de Pierre et Paul attribués à saint Lin, Bibl. max. pair.. H, 4" part., p. 69 c; Actes publiés par Tischendorf, §84; autres Actes de Pierre cités par Bosio, Roma sott., p. 74 et suiv.) place le martyre ou la sépulture de Pierre au cirque de Néron (« inter duas meta?, sub Terebintho, prope Naumachiam, in Vaticano, juxta obeliscum Neronis in monte, juxta Palatium Neronianum [le cirque], in territorio triumphali »), c'est-à-dire à l'endroit qui fut justement le théâtre des atrocités d'août 64. (Voir Platner et Bunsen, II, i, 39-41.) Enfin, la tradition de Pierre crucifié la tête en bas répond bien à Tac, XV, 44. L'opinion que Pierre et Paul souffrirent le même jour s'établit à Rome non sans contradiction. (Conc. de Rome, sousGélase, Labbe, ConciL, IV, col. 1262 ; sai Jérôme, De viris ilL, 5.) Prudence, saint Augustin et d'autres veulei que les deux apôtres soient morts le même jour du calendrier, à u an d'intervalle. Eusèbe [Chron., ad ann. 13 Ner.) et saint Jérômi (1. c.) assignent pour date à la mort des deux apôtres l'an 68, par raisonnement, non par tradition. Voir Tillemont, Mém.y I, noie 40 sur saint Pierre; Zonaras, XI, 13; Land, Anecd. syr., I, p. 116.

1 . Clément Romain, Denys de Gorinthe, le prêtre Gaïus, Tertullien, endroits cités; le KTipu-yjxa naûXou, cité par Lactance,

qui en un sens a eu dans l'histoire de l'humanité presque autant d'importance que celle de Jésus, date du jour qui, selon la tradition, les vit mourir ensemble. Néron, sans le savoir, fut encore en ceci l'agent le plus efficace de la création du christianisme, celui qui posa la pierre angulaire de la cité des saints.

Quant au genre de mort des deux apôtres, nous savons avec certitude que Pierre fut crucifié *. Selon d'anciens textes, sa femme fut exécutée avec lui, et il la vit mener au supplice ^ Un récit accepté dès le

Instit. div., IV, 21, et dans l'ouvrage De hapt. non iter,, à la suite des œuvres de saint Gyprien, édit. de Rigault, p. 439; saint Ignace, Ad Rom., 4; Irénée, Adv. hœr., III, i, 1 ; m, 2-3; Tertullien, Prœscr., 23. Notez surtout l'inscription M. anneo. PAVLO. PETRO (ci-dessus, p. i2, note 2), en observant que Peints ne peut être qu'un agnomen chrétien (nonobstant ala Petriana, Orelli, 5i6, 5455, qui vient d'un individu surnommé Petra). Pour les monuments figurés, voir de Rossi, Bull., 1864, p. 81 et suiv. ; 1866, p. 52; Martigny, Dict., p. 537 et suiv.

1. Jean, xxi, 18-191 (comp. Jean, xii, 32-33; xiii, 36); Tertullien, Adv. Marc, IV, ^, Prœscr., 36; Scorpiace, 15; Eusèbe, H, E., II, 25; Lactance, De mort. persec.,t\ Orose, VII, 7. Notez, en effet, que Tacite, Ann., XV, 44, compte parmi les suppliciés des crucibus afjîxi. II est vrai que les changements qu'on a proposés pour le texte en cet endroit (Bernays, ci-dessus, p. 165, note 2) feraient disparaître la catégorie des simples crucifiés; mais Sulpice Sévère (II, 29], qui copie presque Tacite (et un Tacite plus correct que le nôtre), d'accord avec Hermas, I, vis. m, 2, met expressément cruces (oTaupoû;) parmi les supplices.

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