‹ L'AntechristChapitre 16 sur 397 · Apec, XXI, 6; xxii, i, 47. Cf. Jean, iv et x · texte numérisé non relu

Apec, XXI, 6; xxii, i, 47. Cf. Jean, iv et x

INTRODUCTION. xxxiii

pression d'Agneau, qui est ordinaire dans l'Apocalypse pour désigner le Christ. Les deux livres appliquent au Messie le passage de Zacharie, xii, .10, et le traduisent de la même manière ^ Loin de nous la pensée de conclure de ces faits que la même plume ait écrit le quatrième Évangile et l'Apocalypse; mais il n'est pas indifférent que le quatrième Évangile, dont l'auteur n'a pu être sans lien quelconque avec l'apôtre Jean, offre dans son style et ses images quelques rapports avec un livre attribué pour des motifs sérieux à l'apôtre Jean.

La tradition ecclésiastique est hésitante sur la question qui nous occupe. Jusque vers l'an 150, l'Apo- •calypse ne semble pas avoir eu dans l'Église l'importance qui, d'après nos idées, aurait dû s'attacher à un écrit où l'on eût été assuré de posséder un manifeste solennel sorti de la plume d'un apôtre. Il est douteux que Papias l'admît comme ayant été rédigée par l'apôtre Jean. Papias était millénaire de la même manière que l'Apocalypse ; mais il paraît qu'il déclarait tenir cette doctrine « de la tradition non écrite » . S'il avait allégué l'Apocalypse, Eusèbe le dirait % lui qui relève avec tant d'empressement toutes les citations

\. Apoc, I, 7; Jean, xix, 37. Cette traduction diffère de celle -des Septante, et est plutôt conforme à l'hébreu.

2. Hist. eccl., III, 39. Les témoignages d'André et d'Aréthas de Gappadûce sur ce point sont peu concluants.

XXXIV L'AJNTEGHRIST.

que cet ancien Père fait d'écrits apostoliques. L'auteur du Pasteur d'Hermas connaît, ce semble, l'Apocalypse et l'imite^; mais il ne suit pas de là qu'il la tînt pour un ouvrage de Jean l'apôtre. C'est saint Justin qui, vers le milieu du if siècle, déclare le premier hautement que l'Apocalypse est bien une composition de l'apôtre Jean ^ ; or saint Justin, qui ne sortit du sein d'aucune des grandes Eglises, est une médiocre autorité en fait de traditions. Méliton, qui commenta certaines parties de l'ouvrage % Théophile d'Antioche* et Apollonius % qui s'en servirent beaucoup dans leurs polémiques, semblent cependant, comme Justin, l'avoir attribué à l'apôtre. Il en faut dire autant du Canon de Muratori^. A partir de l'an 200, l'opinioa

4. Voir surtout Vis., iv, 1, 2; Simil., ix, 4 et suiv. %. Dial. cum Tryph., 81.

3. Eusèbe, H. E., IV, 26; saint Jérôme, De vins ill., 24, Comp. Méliton, De verilale, sub fin.

4. Eus., H. E., IV, 24. On peut se demander si le mot 'Iwàvvou, dans les deux passages d'Eusèbe relatifs à Méliton et à Théophile, n'est pas une addition explicative de l'historien ecclésiastique. Mais Eusèbe étant attentif à relever les passages d'où il résulte qu'on a douté de l'authenticité de l'Apocalypse, on doit supposer qu'il n'eût pas ajouté le mot 'Iwàwcu, s'il ne l'eût rencontré dans les auteurs dont il parle.

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