Hebr., x, 26 et suiv
[An 65] L'ANTECHRIST. 217
Souvenez-vous des jours passés , où, à la suite de votre illumination, vous avez supporté maint combat douloureux, les uns exposés en plein théâtre* aux outrages et aux supplices, les autres participant au sort de ceux qui furent ainsi traités. En effet, vous avez montré votre sympathie pour les prisonniers ^ et vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous en possédez d'autrement excellents et durables... Courage, pour que vous obteniez la récompense qui vous a été promise ! Encore un petit, un tout petit espace de temps, et celui qui doit venir viendra.
La foi résume l'attitude du chrétien \ La foi, c'est la ferme attente de ce qui est promis, la certitude de ce qu'on n'a pas vu. C'est la foi qui a fait les grands hommes de l'ancienne loi, lesquels moururent sans avoir obtenu les choses promises, les ayant seulement vues et saluées de loin, se confessant étrangers et passagers sur cette terre, toujours à la recherche d'une patrie meilleure, qu'ils ne trouvaient pas, la céleste. L'auteur cite à ce sujet les
1 . 0X(<î/£aiv 6£aTpt^o{jL£vot peut sans doute n'être qu'une métaphore; cependant nous préférons voir là une allusion aux horribles jeux du cirque de Néron. Comp. exît}-gtç as-^àxaç dans Hermas, Pasteur, vis. m, 2, passage qui se rapporte sûrement aux épreuves de l'an 64. V. ci-après, p. 390, note 3.
2. Tout le monde est d'accord qu'il faut lire ^eofi-îoiî pour
S. Hebr., xi. 1 et suiv.
'^fS ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 65]
exemples d'Abel, d'Hénoch, de Noé, d'Abraham, de Sara, d'Isaac, de Jacob, de Joseph, de Moïse, de Rahab la prostituée.
Quoi de plus? Le temps me manquerait si je voulais parler de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel et des prophètes, qui par la foi vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule aux lions, éteignirent la violence du feu, échappèrent au tranchant de Tépée, reprirent des forces après la maladie, devinrent puissants dans la guerre, repoussèrent des invasions étrangères,... furent tympanisés * et préférèrent à la vie une résurrection meilleure, subirent l'ignominie, la flagellation, les chaînes, le cachot, furent lapidés, sciés*, tourmentés, moururent frappés du glaive, marchèrent couverts de peaux de chèvres, manquant du nécessaire, opprimés, maltraités (eux dont le monde n'était pas digne!), errant dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre. Tous ces saints personnages, bien que d'une foi éprouvée, n'ont pas vu la réalisation des promesses. Dieu nous réservant un sort plus heureux et ne voulant pas qu'ils arrivassent à l'accomplissement final sans nous. Ayant donc répandue autour de nous une pareille nuée de témoins,... poursuivons avec persévérance la lutte qui nous est proposée, tenant les yeux toujours fixés sur Jésus, chef et co»^
\. Allusion au supplice des martyrs dits Macchabées. 2. Allusion au genre de mort d'Isaïe selon la tradition apocrvDhe.
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servateur de la foi... Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre combat contre le mal.
L'auteur explique ensuite aux confesseurs que les souffrances qu'ils endurent ne sont pas des punitions, mais qu'elles doivent être prises comme des corrections paternelles, telles qu'un père en administre à son fils et qui sont un gage de sa tendresse. Il les invite à se tenir en garde contre les esprits légers, qui, à l'exemple d'Ésaû, donneraient leur céleste patrimoine en échange d'un avantage terrestre et momentané. Pour la troisième fois, l'auteur revient sur sa pensée favorite * qu'après une chute qui vous a mis hors du christianisme, il n'y a plus de retour. Ésaû aussi chercha à ressaisir la bénédiction paternelle; mais ses larmes et ses regrets furent inutiles. On sent qu'il y avait eu, dans la persécution de 6i, quelques renégats par faiblesse % lesquels après leur apostasie auraient désiré revenir à l'Église. Notre docteur veut qu'on les repousse. Quel aveuglement, en effet, égale celui du chrétien qui hésite ou renie, « après s'être approché de la montagne sainte de Sion et de la ville du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste et des
4. Comp. VI, 4 et suiv.; x, 26 et suiv. Ces passages jouèrent plus tard un grand rôle dans la controverse du montanisme et du novatianisme.
?. Comp. MaUh., xxiv, 10,
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myriades d'anges en chœur, de l'Église de ses aînés inscrits au ciel et de Dieu juge universel, des esprits justes déjà consommés* et de Jésus le médiateur de la nouvelle alliance, — après avoir été purifié par le sang de propitiation qui parle mieux que celui d'Abel?... »
L'apôtre termine en rappelant à ses lecteurs les membres de l'Église qui étaient encore dans les cachots de l'autorité romaine % et surtout la mémoire de leurs chefs spirituels qui ne sont plus, de ces grands initiateurs qui leur ont prêché la parole de Dieu et dont la mort a été un triomphe pour la foi. Qu'ils considèrent la fin de ces saintes vies, ,.et ils seront raffermis ^ Qu'ils prennent garde aux fausses doctrines, surtout à celles qui font consister la sainteté en d'inutiles pratiques rituelles, telles que les distinctions d'aliments*. Le disciple ou l'ami de saint Paul se retrouve ici. A vrai dire, l'épître entière est, comme toutes les épîtres de Paul, une longue démonstration de l'abrogation complète de la loi de Moïse par Jésus. Porter l'opprobre de Jésus; ,
\, Hebr., xii, 4 8 et suiv. L'ex/^inaîa irpwTOToxwv et les 8Ucuci TexsXsiwaevoi sont probablement les martyrs de la persécution de Néron.