‹ L'AntechristChapitre 176 sur 397 · Hebr., xiii, 9; cf. ix · texte numérisé non relu

Hebr., xiii, 9; cf. ix

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sortir du monde, « car nous n'y avons point de cité permanente, nous cherchons celle qui est à venir » ; obéir aux chefs ecclésiastiques, être pour eux pleins de respect, rendre leur tâche facile et agréable, « puisqu'ils veillent sur les âmes et doivent en rendre compte », voilà pour la pratique. Aucun écrit ne montre peut-être mieux que celui-ci le rôle mystique de Jésus grandissant et finissant par remplir uniquement la conscience chrétienne. Non-seulement Jésus est le Logos qui a créé le monde, mais son sang est l'universelle propitiation, le sceau d'une alliance nouvelle. L'auteur est si préoccupé de Jésus, qu'il fait des fautes de lecture pour le trouver partout. Dans son manuscrit grec * des Psaumes, les deux lettres Tl du mot nxiÀ, au Ps. xl (xxxix), v. 6, étaient un peu douteuses ; il y a vu un M, et, comme le mot précédent finit par un 2, il a lu Gc5(xa, ce qui lui fournit le beau sens messianique : « Tu n'as plus voulu de sacrifices; mais tu m'as donné un corps; alors j*ai dit : « Voilà que je viens *... »

Chose singulière! la mort de Jésus prenait ainsi dans l'école de Paul une bien plus grande importance que sa vie. Les préceptes du lac de Gêné-

h. Il ne savait guère que le grec. Voir ses raisonnements sur ^ia6T.)CYi, consiidéré comme équivalent de 71^3. î. IléDr. X, 5.

sareth intéressaient peu cette école, et il semble, qu'elle ne les connaissait guère ; ce qu'el'3 voyait au premier plan, c'était le sacrifice du fils de Dieu s'immolant pour l'expiation des péchés du monde. Idées bizarres, qui, relevées plus tard dans toute leur rigueur par le calvinisme, devaient faire gravement dévier la théologie chrétienne de l'idéal évangélique primitif! Les Evangiles synoptiques, qui sont la partie vraiment divine du christianisme, ne sont pas l'œuvre de l'école de Paul. Nous les verrons bientôt éclore de la douce petite famille qui conservait encore en Judée les vraies traditions sur la vie et la personne de Jésus.

Mais ce qu'il y a d'admirable dans les origines du christianisme, c'est que ceux qui tiraient le plus* obstinément le char en sens contraire étaient ceux qui travaillaient le mieux pour le faire avancer. L'Épître aux Hébreux marque définitivement, dans l'histoire de l'évolution rehgieuse de l'humanité, la disparition du sacrifice, c'est-à-dire de ce qui avait fait jusque-là l'essence de la religion. Pour l'homme pr mitif , le dieu est un être très-puissant, qu'il fai apaiser ou corrompre. Le sacrifice venait de la peur ou de l'intérêt. Pour gagner le dieu % on lui offrait

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