‹ L'AntechristChapitre 193 sur 397 · Strabon, cité par Josèphe, Ant. jud., XIV, vu · texte numérisé non relu

Strabon, cité par Josèphe, Ant. jud., XIV, vu

2. Mém. de l'Acad. des inscr. et belles-lettres, t. XXVI, 4" part., p. 296 et suiv.

3. Les amphithéâtres à cette époque étaient en bois. V. cidessus, p, 164, note 1.

258 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 66]

ombrage aux populations indigènes. La cause du mal, en effet, était plus sociale que religieuse. Dans toute ville oïl le judaïsme arrivait à dominer, la vie devenait impossible aux païens. On comprend que le succès obtenu par la révolution juive durant Tété de 66 ait causé à toutes les villes mixtes qui avoisinaient la Palestine et la Galilée un moment de terreur. Nous avons insisté plusieurs fois sur ce caractère singulier qui fait que le peuple juif renferme on son sein les extrêmes et, si on ose le dire, le combat du bien et du mal. Rien n'égale en fait de méchanceté la méchanceté juive; et pourtant le judaïsme a su tirer de son sein l'idéal de la bonté, du sacrifice, de l'amour. Les meilleurs des hommes ont été des juifs ; les plus malicieux des hommes ont aussi été des juifs. Race étrange, vraiment marquée du sceau de Dieu, qui a su produire parallèlement et comme deux bourgeons d'une même tige l'Église naissante et le fanatisme féroce des révolutionnaires de Jérusalem, Jésus et Jean de Gischala, les apôtres et les zélotes sicaires, l'Evangile et le Talmud ! Faut-il s'étonner si cette gestation mystérieuse fut accompagnée de déchirements, de délire, et d'une fièvre comme on n'en vit jamais? fl|

Les chrétiens furent sans doute impliqués en plus d'un endroit dans les massacres de septembre 66.

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Il est problable cependant que la douceur de ces bons sectaires et leur caractère inoffensif les préservèrent souvent. La plupart des chrétiens des villes syriennes étaient ce qu'on appelait des « judaïsants^», c'est-à-dire des gens du pays convertis, non des Juifs de race. On les regardait avec défiance; mais on n'osait les tuer; on les considérait comme des espèces de métis, étrangers à leur patrie ^ Quant à eux, en traversant ces mois terribles, ils avaient l'œil au ciel, croyant voir dans chaque épisode de l'effroyable orage les signes du temps fixé pour la catastrophe : « Prenez comparaison du figuier : quand ses pousses deviennent tendres et que ses feuilles naissent, vous en concluez que l'été est proche; de même, quand vous vei rez ces choses arriver, sachez qu'il est proche, qu'il est à la porte ' ! »

L autorité romaine se préparait cependant à rentrer par la force dans la yille qu'elle avait imprudemment abandonnée. Le légat impérial de Syrie, Gestius Oallus, marchait d'Antioche vers le sud avec \me armée considérable. Agrippa se joignit à lui comme

i. Jos-. B, J., II, xviii, 2.

2. Cette phrase importante paraît un peu altérée dans Josèphe:

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