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guide de l'expédition ; les villes lui fournirent des troupes auxiliaires, chez lesquelles une haine invétérée contre les Juifs suppléait à ce qui manquait en fait d'éducation militaire. Gestius réduisit sans beaucoup de peine la Galilée et la côte ; le 21 octobre, il arriva à Gabaon*, à dix kilomètres de Jérusalem.
Avec une hardiesse surprenante, les insurgés allèrent l'attaquer dans cette position, et lui firent subir un échec. Un tel fait serait inconcevable, si on se représentait l'armée hiérosolymite comme un ramasde dévots, de mendiants fanatiques et de brigands; elle possédait des éléments plus solides et vraiment militaires : les deux princes de la famille royale d'Adiabène, Monobaze et Génédée; un Silas de Babylone, lieutenant d'Agrippa II, qui s'était mis dans le parti national; Niger de Pérée, militaire exercé; Simon, fils de Gioras, qui commençait dès lors sa carrière de violence et d'héroïsme. Agrippa crut l'occasion favorable pour parlementer. Deux de ses émissaires vinrent promettre aux Hiérosolymites un pleinpardon s'ils voulaient se soumettre. Une grande partie de la population désirait qu'on acceptât; mais les exaltés tuèrent les parlementaires. Quelques personnes qui s'indignaient d'une pareille félonie furent maltrai-
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tées. Cette division donna à Ceslius un moment d'avantage. Il quitta Gabaon et vint camper à l'endroit nommé Sapha ou Scopus, poste important situé au nord de Jérusalem, à une petite heure, et d'où l'on apercevait la ville et le temple. Il y resta trois jours, attendant le résultat des intelligences qu'il avait dans la place. Le quatrième jour (30 octobre), il rangea son armée et marcha en avant. Le parti de la résistance abandonna toute la ville neuve S et se replia dans la ville intérieure (haute et basse) et dans le temple. Cestius entra sans obstacle, occupa la ville neuve, le quartier de Bézétha, le Marché aux bois, où il mit le feu, aborda la ville haute et disposa ses lignes devant le palais des Asmonéens.
Josèphe prétend que, si Cestius Gallus avait voulu à l'heure même donner l'assaut, la guerre était finie. L'historien juif explique l'inaction du général romain par des intrigues dont le principal mobile aurait été l'argent de Florus. Il paraît que l'on put voir sur la muraille des membres du parti aristocratique, conduits par un des Hanans, qui appelaient Cestius et ofl'raient de lui ouvrir les portes. Sans
\. La partie réunie à l'ancienne ville par le mur d'Agrippa, le quartier chrétien actuel. L'enceinte de Jérusalenn, à la date des événements dont il s'agit ici, ne différait de Teflceinte actuelle que vers le sud. Même de ce côté, l'écart n'était pas très-considérable.
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doute le légat craignait quelque embûche. Pendant cinq jours, il essaya vainement de forcer le mur. Le sixième jour (5 novembre), il attaqua enfin l'enceinte du temple par le nord. Le combat fut ternb^G sous les portiques; le découragement s'emparait' des révoltés ; le parti de la paix se disposait à accueillir Cestius, quand celui-ci tout à coup fit sonner la retraite. Si le récit de Josèphe est vrai, la conduite de Cestius est inexplicable. Peut-être Josèphe, pour le besoin de sa thèse \ exagère-t-il les avantages que Cestius remporta d'abord sur les Juifs, et diminue-t-il k force réelle de la résistance. Ce qu'il y a de sûr, c'est que Cestius regagna son camp du Scopus et partit le lendemain pour Gabaon, harcelé par les Juifs. Deux jours après (8 novembre), il décampa, toujours poursuivi jusqu'à la descente de Bethoron-, abandonna tout son bagage et se sauva non sans peine à Antipatris ^
4. Il faut se rappeler que le système de Josèphe consiste à charger Florus et à faire tomber sur lui la responsabilité des excès de la révolution, en le montrant comme celui qui à l'origine empêcha la répression et rendit inutiles les efforts du parti de la paix.
2. Voir Guérin, Descr. de la Pal., Judée, I, p. 338 et suiv., 346 et suiv.
3. Jos., B. J., II, XVIII, 9-xix; Vita, 5-7 (oùFeWo; est probablement pour Ksffno;) ; Tacite, Hist., V, 4 0; Suétone, Vesp., 4,
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L'incapacité que Gestius montra dans cette campagne est vraiment surprenante. Il faut que le mauvais gouvernement de Néron eût bien abaissé tous les services de l'Etat pour que de tels événements aient été possibles. Gestius, du reste, survécut peu à sa défaite; plusieurs attribuèrent sa mort au chagrina On ne sait ce que devint Florus.