‹ L'AntechristChapitre 213 sur 397 · Matth., XXIV, 4 et suiv. Cf. Matth., vu · texte numérisé non relu

Matth., XXIV, 4 et suiv. Cf. Matth., vu

3. Act., V, 36-37; viii, 9-10; xxi, 38; Jos., AnL, XX, v, i ; VIII, 6 ; B. J., II, XIII, 5 ; VII, xi.

4. Matth., xxiv, 4-5, 1 1 , 23-26. La circonstance èv èpY3|A« (v. 2C) semble faire allusion à des séducteurs zélotes.

{An 68] L»ANTECHRIST. 291

les anciens leur firent une vive opposition ; ils assurèrent que Jésus avait annoncé la venue de tels séducteurs, et prescrit de se garder d'eux. Gela suffît; la hiérarchie, déjà forte dans TÉglise, l'esprit de docilité, héritage de Jésus, arrêtèrent toutes ces impostures ; le christianisme bénéficiait de la haute habileté avec laquelle il avait su créer une autorité au cœur même d'un mouvement populaire. L'épiscopat naissant (ou, pour mieux dire, le presbytérat) enipêchait les grandes aberrations auxquelles n'échappe jamais la conscience des foules, quand elle n'est pas dirigée. On sent dès lors que l'esprit de l'Église dans les choses humaines sera une sorte de bon sens moyen, un instinct conservateur et pratique, une défiance des chimères démocratiques, contrastant étrangement avec l'exaltation de ses principes surnaturels.

Cette sagesse politique des représentants de l'Église de Jérusalem ne fut pas sans mérite. Les zélotes et les chrétiens avaient les mêmes ennemis, savoir les sadducéens, les Beni-Hanan. L'ardente foi des zélotes ne pouvait manquer d'exercer une grande ,sé>.luction sur l'âme non moins exaltée des judéo-chrétiens. Ces enthousiastes qui entraînaient les foules au désert pour leur révéler le royaume de Dieu ressemblaient beaucoup à Jean-Baptiste et un peu à Jésus. 'Quelques fidèles, à ce qu'il paraît, s'affilièrent au parti

202 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 68}

et se laissèrent entraîner^ ; toutefois l'esprit pacifique inhérent au christianisme l'emporta. Les chefs de l'Église combattirent ces dangereuses tendances par des discours qu'ils soutenaient avoir été tenus par Jésus : « Prenez garde de vous laisser séduire ; car plusieurs viendront en mon nom, disant: « Je suis le Mes- « sie, » et ils égareront un grand nombre de gens... Alors, si quelqu'un vient vous dire : « Le Messie est « ici, il est là, » ne croyez pas. Car il s'élèvera des faux messies et des faux prophètes, et ils feront de grandsmiracles, jusqu'à séduire, si c'était possible, même les élus. Rappelez-vous que je vous l'ai annoncé d'avance. Si donc on vient vous dire : « Venez voir,. « il est dans le désert, » ne sortez pas ; « Venez voir,. « il est dans une cachette, )> ne croyez pas... »

Il y eut sans doute quelques apostasies et même des trahisons ^e frères par leurs frères; les divisions politiques ^.menèrent un refroidissement de charité ^;. mais la majorité, tout en ressentant d'une façon profonde la crise d'Israël, ne donna aucun gage à l'anarchie, même colorée d'un prétexte patriotique. Le manifeste chrétien de cette heure solennelle fut un

4. Matth., XXIV, 4-5 ; Marc, xiii, 5-6. Un des apôtres est qualifié de J;r.X(i)Tr'ç (Luc, VI, 4 5 ; Act., i, i 3) ou jcavavaloç = kaîiiia (Matth., X, 4; Marc, m, 18).

Page 1