Matth., XXIV
(An 68] L'ANTECHRIST. 293
discours attribué à Jésus*, espèce d'Apocalypse, rattachée peut-être à quelques paroles en effet prononcées par le maître, et qui expliquait les liens de la catastrophe finale, désormais tenue pour très-prochaine, avec la situation politique que Ton traversait. Ce n'est que plus tard, après le siège, que le morceau entier fut écrit ; mais certains mots qu'on y place dans la bouche de Jésus se rapportent au moment où nous sommes arrivés. « Quand vous verrez l'abomination de la désolation dont a parlé le prophète Daniel *, établie dans le
4. Ce beau morceau, formant une pièce à part, nous a été conservé dans Matth., xxiv, et dans Marc, xiii. Luc a modifié ses originaux, ici comme d'ordinaire (xix, 43-44; xxi, 20-36). Comp. Assomption de Moïse, c. 8, 10.
2. Dan., ix, 27; xi, 31 ; xii, 11, dans la traduction grecque.
Quel que soit le sens du passage hébreu de Daniel, l'expression
grecque ^S'êXu-yp-a rr; Ipyip-wastoç indiquait certainement pour les
lecteurs du premier siècle de notre ère une profanation du temple.
Comp. Matth., xxiv, 15 ; Marc, xiii, 14 ; I Macch., i, 54. Éotoç ou
laTTÎxoTa de Matthieu et Marc conduiraient à l'idée d'une statue ;
mais c'est gratuitement qu'on a supposé que Titus dressa une
statue sur remplacement du temple; en outre, il s'agit ici d'une
profanation antérieure à la prise de la ville par Titus, comme
Icela résulte évidemment, et des passages synopMques précités,
[et de la fin du paragraphe Jos., B. J., IV, vi, 3. Les prophéties
[dont Josèphe parle vaguement en cet endroit paraissent être celles
rxlu p^eXu-yi^a TTC èpri|AwcT6(oç. En tout cas, ce passage montre que
[h profanation commise par les zélotes et la destruction de la ville
étaient regsrdées comme deux choses inséparables.
■^4 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An G8)
lieu saint (que le lecteur ici comprenne ^ !) , alors, que ceux qui sont en Judée fuient dans les mo::îta^"-nes ; que celui qui est sur le toit ne descende pas dans sa maison pour prendre quelque chose ; que celui qui est aux champs ne revienne pas chez lui chercher sa tunique. Malheur aux femmes qui porteront dans leur sein ou qui nourriront en ces jours-là! Et priez pour que votre fuite n'ait pas lieu en hiver ou le jour du sabbat ; car il y aura alors une tribulation comme il n'y en a pas eu depuis le commencement du monde jusqu'à présent et comme il n'y en aura plus. »
D'autres apocalypses du même genre circulèrent^ ce semble, sous le nom d'Hénoch, et offraient avec le discours prêté à Jésus des croisements singuliers. Dans l'une d'elles, la Sagesse divine, introduite comme un personnage prophétique, reprochait au peuple ses crimes, ses meurtres de prophètes, la dureté de son cœur\ Des fragments qu'on en peut supposer conservés paraissent faire allusion au meurtre de Zacharie, fils de Baruch^ Il y était aussi question d'un a comble