‹ L'AntechristChapitre 22 sur 397 · PAUL CAPTIF A ROME · texte numérisé non relu

PAUL CAPTIF A ROME

Les temps étaient étranges, et jamais peut-être l'espèce humaine n'avait traversé de crise plus extraordinaire. Néron entrait dans sa vingt-quatrième année. La tête de ce malheureux jeune homme, placé à dix-sept ans par une mère scélérate à la tête du monde, achevait de s'égarer. Depuis longtemps bien des indices avaient causé de l'inquiétude à ceux qui le connaissaient. C'était un esprit prodigieusement déclamatoire, une mauvaise nature, hypocrite, légère, vaniteuse ; un composé incroyable d'intelligence fausse, de méchanceté profonde, d'égoïsme atroce et sournois, avec des raffinements inouïs ^e subtilité. Pour faire de lui ce monstre qui n a pas de

i ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 61J

second dans l'histoire et dont on ne trouve Fanalogae que dans les annales pathologiques de Téchafaud, il fallut cependant des circonstances particulières*. L'école de crime où il avait grandi, l'exécrable influence de sa mère, l'obligation où cette femme abominable le mit presque de débuter dans la vie par un parricide, lui firent bientôt concevoir le monde comme une horrible comédie, dont il était le principal acteur. A l'heure où nous sommes, il s'est détaché complètement des philosophes, ses maîtres ; il a tué presque tous ses proches, mis à la mode les plus honteuses folies; une partie de la société romaine, à son exemple, est descendue au dernier degré de la dépravation. La dureté antique arrivait à son comble ; la réaction des justes instincts populaires commençait. Vers le moment où Paul entra dans Rome, la chronique du jour était celle-ci : Pedanius Secundus, préfet de Rome, personnage consulaire, venait d'être assassiné par un de ses esclaves, non sans qu'on pût alléguer en faveur du toupable des circonstances atténuantes. D'après la .oi, tous les esclaves qui, au moment du crime, avaient habité sous le même toit que l'assassin devaient être mis à mort. Près de quatre cents malheureux étaient

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