VoirBuxtorf, Lex, chald. talm. rabb., p
INTRODUCTION. xlix
m'exposai à une forte impopularité en conseillant la réunion d'une assemblée, ayant les pouvoirs pour traiter de la paix. Aux élections de 1871, je répondis aux ouvertures qu'on me fit : « Un tel mandat ne peut être ni recherché, ni refusé. » Après le rétablissement de l'ordre, j'ai appliqué tout ce que j'ai d'attention aux réformes que je considère comme les plus urgentes pour sauver notre pays. J'ai donc fait oe que j'ai pu. Nous devons à notre patrie d'être * sincères avec elle; nous ne sommes pas obligés d'employer le charlatanisme pour lui faire accepter nos services ou agréer nos idées.
Peut-être, d'ailleurs, ce volume, bien que s'adressant avant tout aux curieux et aux artistes, contiendra-t-il plus d'un enseignement. On y verra le crime poussé jusqu'à son comble et la protestation des saints élevée à des accents sublimes. Un tel spectacle ne sera pas sans fruit religieux. Je crois autant que jamais que la religion n'est pas une duperie subjective de notre nature, qu'elle répond à une réalité extérieure, et que celui qui en aura suivi les inspirations aura été le bien inspiré. Simplifier la religion n'est pas l'ébranler, c'est souvent la fortifier. Les petites sectes protestantes de nos jours, comme le christianisme naissant, sont là pour le prouver. La grande erreur du catholicisme est de croire qu'on
l L'ANTECHRIST.
peut lutter contre les progrès du matérialisme avec une dogmatique compliquée, s'encombrant chaque jour d'une nouvelle charge de merveilleux.
Le peuple ne peut plus porter qu'une religion sans miracles; mais une telle religion pourrait être bien vivante encore, si, prenant leur parti de la dose de positivisme qui est entrée dans le tempérament intellectuel des classes ouvrières, les personnes qui ont charge d'âmes réduisaient le dogme autant qu'il est possible, et faisaient du culte un moyen d'éducation morale, de bienfaisante association. Au-dessus de la famille et en dehors de l'État, l'homme a besoin de l'Église. Les États-Unis d'Amérique ne font durer leur étonnante démocratie que grâce à leurs sectes innombrables. Si, comme on peut le supposer, le catholicisme ultramontain ne doit plus réussir, dans les grandes villes, à ramener le peuple à ses temples, il faut que l'initiative individuelle crée des petits centres où le faible trouve des leçons, des secours moraux, un patronage, parfois une assistance matérielle. La société civile, qu'elle s'appelle commune, canton ou province, État ou patrie, a des devoirs pour l'amélioration de l'individu; mais ce qu'elle fait est nécessairement limité. La famille doit beaucoup plus; mais souvent elle est insuffisante; quelquefois elle manque tout à fait. Les associations
INTRODUCTION. Li
créées au nom d'un principe moral peuvent seules donner à tout homme venu en ce monde un lien qui le rattache au passé, des devoirs envers l'avenir, des exemples à suivre, un héritage de vertu à recevoir et à transmettre, une tradition de dévouement à continuer.