‹ L'AntechristChapitre 221 sur 397 · Tillemont, Hist. des emp., I, p · texte numérisé non relu

Tillemont, Hist. des emp., I, p

û, Dion Cassius, LXIII, 19-21.

{An 68] L'ANTECHRIST. 305

les titres des pièces où il avait joué ; les claqueurs, disciplinés aux trois genres de claque qu'il avait inventés, et les chevaliers d'Auguste suivaient; on abattit l'arc du Grand Cirque pour le laisser entrer. On n'entendait que les cris : « Vive l'olympionice! le pythionice! Auguste! Auguste! A Néron-Hercule! A Néron-Apollon M Seul périodonice! seul qui l'ait jamais été ! Auguste ! Auguste ! 0 voix sacrée ! heureux qui peut t'entendre! » Les mille huit cent huit couronnes qu'il avait remportées furent étalées dans le Grand Cirque et attachées à l'obélisque égyptien qu'Auguste y avait placé pour servir de meta ^

Enfin la conscience des parties nobles du genre Tiumain se souleva. L'Orient, à l'exception de la Judée, supportait sans rougir cette honteuse tyrannie, et s'en trouvait même assez bien ; mais le sentiment

\. Eckhel, D. n. v., t. VI, p. 275-276; Suét., Nér., 25. Musée du Vatican : buste (n° 308), statue en Apollon citharède.

2. On voudrait croire qu'il s'agit ici (Dion Gassius, LXIII, 21) du cirque et de Tobélisque qui, quatre ans auparavant, avaient vu les scènes d'horreur des Danaïdes, des Dircés et peut-être de Pierre crucifié. Mais le Circus maximus, qui possédait, comme celui du Vatican, un obélisque d'Héliopolis (c'est aujourd'hui l'obélisque de la place du Peuple), convenait mieux à l'exhibition de Néron. Si, pour les piacula d'août 64, Néron préféra son cirque du Vatican, c'est que le Circus maximus devait être à ce moment impraticable par suite de l'incendie.

S06 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 68)

de l'honneur vivait encore dans l'Occident. C'est uno des gloires de la Gaule que le renversement d'un pareil tyran ait été son ouvrage ^ Pendant que les soldats germains, pleins de haine contre les républicains et esclaves de leur principe de fidélité, jouaient auprès de Néron, comme auprès de tous les empereurs, le rôle de bons suisses et de gardes du corps % le cri de révolte fut poussé par un Aquitain, descendant des anciens rois du pays. Le mouvement fut vraiment gaulois^; sans en calculer les conséquences, les légions gallicanes se jetèrent dans la révolution avec entraînement. Le signal fut donné par Vindex aux environs du 15 mars 68. La nouvelle en arriva vite à Rome. Les murs furent bientôt charbonnés d'inscriptions injurieuses : « A force de chanter, dirent les mauvais plaisants, il a réveillé les coqs (gallos) \ »

\ . « Talem principem paulo minus quattuordecim annos perpessus terrarum orbis tandem destiluit, initium facientibus Gallis. » Suétone, Néron, 40.

2. Suétone, Caius, 43, 58; Galba, 12; Tacite, Hist., I, 31 \ m, 69; P?utarque, Galba, 5, 6, 18. Cf. Henzen, dans les Annales de VInsliUt archéol de Rome, t. XXII, p. 13 et suiv. Voir surtout les inscriptions, Orelli, n»* 2909 et 3539 (à la Biblioth. nationale) ; Fabretti, Inscr., p. 687, n"" 97 et 98.

3. Tacite, HisL, 1, 51; IV, 17; Suétone, Néron, 40, 43, 45, Dion Gassius, LXIII, 22. Comparez Josèphe, B, J., proœm., 2; IV, VIII, 1.

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