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D'où la forme populaire Patino

3. Voir L. Ross, Reisen auf griechischen Insein des œgœischen Meeres, t. II, \ 843 ; Tischendorf, Reise in den Orient, \ 846, II, 258-265; le même. Terre sainte (traduct. française, 1868), p. 278-284; V. Guérin, Description de Vile de Patmos, Paris, 4856; Stanley, Sermons in the JE:as«, Londres, 1 863, p. 225 etsuiv.; Petit de Julleville, dans la Revue des cours littéraires, 2 mars 4 867. L'île a aujourd'hui environ quatre mille habitants. Elle se compose de trois massifs reliés par des isthmes étroits. Les altitudes des sommets sont d'un peu moins de trois cents mètres.

4. Les mentions de Patmos dans l'antiquité sont rares : Strabon, X, V, 43; Pline, IV, 23, et, par conjecture du scoliaste, Thucydide, III, 33. Mais les inscriptions sont instructives : Cortous inscr. gr., n°''226i, 2262; Ross, Inscr, grœcœ inedilœ, fascic. II, n°* 189 et 4 90; Guérin, op. cit., p. 85 et 86, sans parler de deux (p. 9 et 86) effacées. La ville antique, dont l'acropole, en partie cyclopéenne, en partie hellénique, existe encore, était au port actuel (la Scala). La principale légende de la ville grecque était celle d'un temple élevé par Oreste à l'Artémis de Scythie (inscription n° 490 de Ross]. Ce temple était probablement sur remplacement- ^a monastère élevé par saint Christodule au xi* siè-

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garda toute l'importance que comportait sa petitesse, grâce à son excellent port, formé au centre de l'île par l'isthme qui joint le massif rocheux du nord au massif du sud. Patmos était, selon les habitudes du cabotage d'alors, la première ou la dernière station pour le voyageur qui allait d'Éphèse à Rome ou de Rome à Ephèse. On a tort de la représenter comme un écueil, comme un désert. Patmos fut et redeviendra peut-être une des stations maritimes les plus importantes de l'Archipel ; car elle est à l'embranchement de plusieurs lignes. Si l'Asie renaissait, Patmos serait pour elle quelque chose d'analogue à ce qu'est Syra pour la Grèce moderne , à ce qu'étaient dans l'antiquité Délos et Rhénée parmi les Gyclades, une sorte d'entrepôt en vue de la marine marchande, un point de correspondance utile aux voyageurs.

C'est là probablement ce qui valut à cette petite île le choix d'où est plus tard résultée pour elle une si haute célébrité chrétienne, soit que l'apôtre ait dû

cle. L'île renferme de nombreux restes anciens, dont quelquesuns d'époque reculée (Guérin,p. 9-15, 85-93; Ross, Tîeùe^ p. 438). Elle paraît avoir eu autrefois plus d'arbres et plus d'eau qu'aujourd'hui. M. Guérin évalue la population de la ville hellénique à douze ou treize mille habitants. L'île avait en outre plusieurs villages, dont le même voyageur évalue la population à trois ou quatre mille âmes.

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s'y retirer pour fuir quelque mesure persécutrice des autorités d'Éphèse*; soit que, revenant d'un voyage a RomeS et à la veille de revoir ses fidèles, il ait préparé , dans quelqu'une des cauponœ qui devaient border le port% le manifeste dont il voulait

1. Apoc, I, 9, en comparant vi, 9; xx, 4. Voir ci-dessus, p.353- 354, et ci-après, p. 414 et suiv. L'idée d'un exil proprement dit (Tertullien, Prœscr., 36) doit être écartée. Nous connaissons les îles qui servaient de lieu de déportation, Gyaros, Pandatarie Pontia, Planasie. Patmos n'a jamais été de ce nombre. Les îles de déportation étaient choisies exprès parce qu'elles n'avaient ni port ni ville; or Patmos a de très-bons mouillages (Guérin, p. 90-94, 94) et possédait une ville assez considérable. Gyare, par exemple, ne ressemble en rien à Patmos. La tradition ecclésiastique sur le bannissement de Jean à Patmos par Domitien renferme un anachronisme. — L'idée de solitude n'a non plus rien à faire ici. L'île était fort peuplée.

2. L'entrée du port de Patmos est facile aux navires qui viennent de Rome et difficile à ceux qui viennent d'Éphèse. J'en fis l'expérience; après un jour d'efforts, notre barque dut renoncer à franchir la passe.

3. La grotte est une invention du moyen âge. A peine est-il nécessaire de faire remarquer que Apoc, i, 9-10, n'implique pas que l'Apocalypse ait été écrite à Patmos; la nuance de è^evouTiv indique plutôt le contraire. Telle fut, du reste, la défiance que l'Église grecque eut longtemps à l'égard de l'Apocalypse, que le faux Prochore (iv siècle), racontant avec prolixité le séjour de Jean à Patmos, ne dit pas un mot de l'Apocalypse, et ne conduit lean dans cette île que pour y écrire l'Évangile (manuscrit de Patmos, analysé par Guérin, op. cit., p. 27 et suiv., 34, 39 et suiv., 44; ce texte paraît le plus conforme au texte primitif; comparez

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se faire précéder en Asie*; soit que, prenant une sorte de recul oour frapper un grand coup, et jugeant que le lieu de la vision ne pouvait être placé à Éphèse même, il ait choisi l'île de l'Archipel qui, éloignée d'environ une journée, était reliée à la métropole d'Asie par une navigation quotidienne^; soit qu'il eût gardé le souvenir de la dernière escale da voyage plein d'émotions qu'il fit en 64; soit enfin qu'un simple accident de mer l'ait forcé de relâcher plusieurs jours dans ce petit port^ Ces navigations de l'Archipel sont pleines de hasard; les traversées de l'Océan n'en peuvent donner aucune idée^ car dans nos mers régnent des vents constants qui vous secondent, même quand ils sont contraires. Là, ce

les éditions de Michel Neander, à la suite de Catechesis M. Lutheri parva, grœcolatina, Bâle, Oporin, 4 567, in-i2, p. 526-663; de Grynseus, Monum. PP. orthodoxograph.j I, p. 85 et suiv.; de Birch, Auctarium Cod. apocr. N. T., p. 262-307, et la trad. latine dans Bibl. max. Pair., II, 46 et suiv.). Il ne semble pas qu'avant saint Christodule, l'île ait été l'objet d'une vénération spéciale.

1. Ce ne pouvait être son premier voyage à Éphèse; car les rapports de l'auteur de l'Apocalypse avec les Églises d'Asie obligent de supposer qu'il avait antérieurement résidé dans ce pays.

2. On peut aller aujourd'hui de Scala-Nova à Patmos en six heures, avec les moyens de navigation du pays, qui diffèrent peu de ceux des anciens.

3. C'est bien la nuance de è7evop.>jv, équivalent de 'n>M, dans Apoc, I, 9.

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sont tour à tour des calmes plats, et, quand on s'engage dans les canaux étroits, des vents obstinés. On n*est nullement maître de soi; on touche où Ton peut et non où l'on veut.

Des hommes aussi ardents que ces âpres et fanatiques descendants des vieux prophètes d'Israël portaient leur imagination partout où ils se trouvaient, et cette imagination était si uniquement renfermée dans le cercle de l'ancienne poésie hébraïque, que la nature qui les entourait n'existait pas pour eux. Patmos ressemble à toutes les îles de l'Archipel : mer d'azur, air limpide, ciel serein, rochers aux sommets dentelés, à peine revêtus par moments d'un léger duvet de verdure. L'aspect est nu et stérile; mais les formes et la couleur du roc, le bleu vif de la mer, sillonnée de beaux oiseaux blancs, opposé aux teintes rougeâtres des rochers, sont quelque chose d'admirable. Ces myriades d'îles et d'îlots, aux formes les plus variées, qui émergent comme des pyramides ou comme des boucliers sur les flots, et dansent une ronde éternelle autour de l'horizon, semblent le monde féerique d'un cycle de dieux marins et d'Océanides, menant une brillante vie d'amour, de jeunesse et de mélancolie, en des grottes d'un vert glauque, sur des rivages sans mystère, tour à tour gracieux et terribles, lumineux et sombres. Galypso et

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les Sirènes, les Tritons et les Néréides, les charmes dangereux de la mer, ses caresses à la fois voluptueuses et sinistres, toutes ces fines sensations qui ont leur inimitable expression dans rO%55ee^ échappèrent au ténébreux visionnaire. Deux ou trois particularités , telles que la grande préoccupation de la mer S l'image « d'une montagne brûlant au milieu de la mer* », qui semble empruntée à Théra% ont seules quelque cachet local*. D'une petite île, faite pour servir de fond de tableau au délicieux roman de Daphnis et Chloé^ ou à des scènes de bergerie comme celles de Théocrite et de Moschus, il fit un volcan noir, gorgé de cendre et de feu. Il avait dû, cependant, goûter plus d'une fois sur ces flots le silence plein de sérénité des nuits, où l'on n'entend que le gémissement de l'alcyon et le soufflet sourd du dauphin. Des jours entiers, il fut en face du mont Mycale, sans songer à la victoire des Hellènes sur les Perses %

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