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Apoc, VIII

3. Santorin. Celte île était alors dans une période de crise. Voir Sénèque, Quœst. nat., II, 26; VF, 21. Il paraît que, même quand elle dort, elle a tout à fait l'aspect d'une montagne à demi brûlée. V. Stanley, Sermons, p. 230, note 8.

4. Le mont Kynops, à Patmos, offre quelques phénomènes volcaniques, mais sans grandeur. Guérin, op. cit., p. 88-97.

5. Un rideau d'Iles intercepte presque de Patmos la vue du continent; on voit cependant le mont Mycale, Milet et Priène.

la plus belle qui ait jamais été remportée après Marathon et lesThermopyles. A ce point central de toutes les grandes créations grecques, à quelques lieues de Samos, de Gos, de Milet, d'Éphèse, il rêva d'autre chose que du prodigieux génie de Pythagore, d'Hippocrate, de Thaïes, d'Heraclite; les glorieux souvenirs de la Grèce n'existèrent pas pour lui. Le poëme de Patmos aurait du être quelque Héro et Léandre^ ou bien une pastorale à la façon de Longus, racontant les jeux de beaux enfants sur le seuil de l'amour. Le sombre enthousiaste, jeté par hasard sur ces rives ioniennes, ne sortit pas de ses souvenirs bibliques. La nature pour lui, ce fut le chariot vivant d'Ezéchiel, le monstrueux chéruh, le difforme taureau de Ninive, une zoologie baroque, mettant la statuaire et la peinture au défi. Ce défaut étrange qu'a l'œil des Orientaux d'altérer les images des choses, défaut qui fait que toutes les représentations figurées sorties de leurs mains paraissent fantastiques et dénuées d'esprit de vie, fut chez lui à son comble. La maladie qu'il portait dans ses viscères teignait tout de ses couleurs. Il vit avec les yeux d'Ezéchiel, de l'auteur du Hvre de Daniel ; ou plutôt il ne vit que luimême, ses passions, ses espérances, ses colères. Une vague et sèche mythologie, déjà cabbaliste et gnostique, toute fondée sur la transformation des idées

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abstraites en hypostases divines, le mit en dehors des conditions plastiques de l'art. Jamais on ne s'isola davantage du milieu environnant; jamais on ne renia plus ouvertement le monde sensible pour substituer aux harmonies de la réalité la chimère contradictoire d'une terre nouvelle et d'un ciel nouveau.

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