Voir ci-dessus, p
5. Comp. Ezech., xiv, 21; Matth., xxiv, 6-8; Marc, xiii, 8-9. Dans les Évangiles, Xctjxdç paraît, comme ns l'Apocalypse, rejeté au second plan.
(An 69] L'ANTECHRIST. 38T
terre. En effet, à l'ouverture du cinquième sceau, le Voyant est témoin d'un touchant spectacle. Il reconnaît sous l'autel les âmes de ceux qui ont été égorgés pour leur foi et pour le témoignage qu'ils ont rendu à. Christ (sûrement les victimes de l'an 64). Ces saintes âmes crient vers Dieu S et lui disent : « Jusques à quand, Seigneur, toi le saint, le véridique, ne feras-tu point justice, et ne redemanderas-tu point notre sang à ceux qui demeurent sur la terre? » Mais les temps ne sont pas encore venus; le nombre des martyrs qui amènera le débordement de colère n'est pas atteint. On donne à chacune des victimes qui sont sous l'autel une robe blanche, gage de la justification et du triomphe futurs, et on leur dit de patienter un peu, jusqu'à ce que leurs coserviteurs et confrères, qui doivent être tués comme eux, aient rendu témoignage à leur tour.
Après ce bel intermède, nous rentrons, non plus Kians la période des fléaux précurseurs, mais au miheu des phénomènes du dernier jugement. A l'ouverture du sixième sceau ^ a lieu un grand tremble-
\. Des imaginations analogues avaient cours, même en dehors du cercle chrétien. Dion Cassius, LXITI, 28 : al twv irsccoveu- (Xî'vwv utt' aÙTOû ^'jy^xi. ApOC, VI, 9 : rà; '!(\>^^à.(; twv sffcpa^u.evft».
2. Toute la description de la catastrophe finale est composée de traits empruntés à Isaïe, ii, 10, 19; xxxiv, 4; l, 3; lxiii, 4; Ézéchiel, xxxii, 7-8 ; Joël, m, 4 ; Osée, x, 8; Nahum, i, 6; Mala-
388 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 69}
ment de Tunivers *. Le ciel devient noir comme un sac de crin, la lune prend une couleur de sang, les étoiles tombent du ciel sur la terre, comme les fruits d'un figuier agité par le vent; le ciel se retire comme un livre qu'on roule ^; les montagnes, lesîles sont jetées hors de leur place. Les rois et lesgrands de la terre, les tribuns militaires et les richeset les forts, les esclaves et les hommes libres se cachent dans les cavernes et parmi les rochers, disant aux montagnes : « Tombez sur nous, et sauvez-nousdu regard de celui qui est assis sur le trône et de lacolère de l'Agneau. »
La grande exécution va donc s'accomplir ^ Le& quatre anges des vents* se placent aux quatre angles de la terre ; ils n'ont qu'à lâcher la bride aux éléments qui leur sont confiés pour que ceux-ci, suivant leur furie, naturelle, bouleversent le monde. Tout pouvoir est donné à ces quatre exécuteurs ; ils sont à. leur poste; mais l'idée fondamentale du poème est
chie, III, 2. Les anciens prophètes croyaient que le jugement de' Dieu, même s' exerçant sur un peuple isolé, était accompagné de phénomènes naturels (Joël, i, 15; ii, I etsuiv.). Comp. Matth.^ XXIV, 7, 29 ; Marc, xiii, 8, 24 ; Luc, xxi, 1 1 , 25-26 ; xxiii, 30. 4. Matth., XXIV, 7; Marc, xiii, 8; Luc, xxi, 1.