Epist. Darnabœ
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qu'il abolira le temps de l'iniquité, et qu'il jugera les impies, et qu'il changera le soleil et la lune et tous les astres, il se reposera encore le septième jour ». Ce qui équivaut à dire : il régnera mille ans, le règne du Messie étant toujours comparé au sabbat qui termine par le repos les agitations successives d'un développement de l'univers ^ L'idée de l'éternité de la vie individuelle est si peu familière aux Juifs, que l'ère des rémunérations futures est selon eux renfermée en un chiffre d'années considérable sans doute, mais toujours fini.
La physionomie persane de ces rêves se laisse apercevoir tout d'abord ^ Le millénarisme et, si Ton peut s'exprimer ainsi, l'apocalyptisme ont fleuri dans l'Iran depuis une époque fort ancienne ^ Au fond des idées zoroastriennes est une tendance à chiffrer les âges du monde, à compter les périodes de la vie universelle par hazars, c'est-à-dire par milliers
\. Commodien et saint Hippolyte fixent également la durée du monde à six mille ans.
2. Des idées très-analogues se retrouvent chez les Étrusques et faisaient sans doute le fond des anciens livres sibyllins, si bien qu'une union toute naturelle s'établit entre le sibyllinisme italiote et l'apocalyptisme juif (Virg., Ed., iv).
3. Voir Y Ardai Viraf-Nameh, sorte d'apocalypse, qui n'est pas, comme on l'avait cru, une imitation de VAsce?ision d'haie. Cf. Sitzungsberichte de TAcad. de Munich, 1870, I, 3.
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d'années, à imaginer un règne sauveur, qui sera le couronnement final des épreuves de l'humanité *. Ces idées, se combinant avec les affirmations d'avenir qui remplissent les anciens prophètes hébreux, devinrent l'âme de la théologie juive dans les siècles qui précédèrent notre ère. Les apocalypses surtout en furent pénétrées; les révélations attribuées à Daniel, à Hénoch, à Moïse sont presque des livres persans par le tour, par la doctrine, par les images. Est-ce à dire que les auteurs de ces livres bizarres eussent lu les écritures zendes , telles qu'elles existaient de leur temps? En aucune façon. Ces emprunts étaient indirects; ils venaient de ce que l'imagination juive s'était teinte aux couleurs de l'Iran. Il en fut de même pour l'Apocalypse de Jean. L'auteur de cette apocalypse, pas plus qu'aucun autre chrétien, n'eut de rapports directs avec la Perse; les données exotiques qu'il transportait dans son livre étaient déjà incorporées avec les midraschim traditionnels^; notre Voyant les prenait de l'atmosphère où il vivait. Le fait est que, depuis Hoschédaret Hoschédar-mah, les deux prophètes qui précéderont Sosiosch, jusqu'aux plaies qui frapperont le monde à la veille des grands jours,
4. Zeitschrift der d. m, (7.^4867, p. 571 et suiv.; Théopompe, dans le traité De Iside et Osir., 47.