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Apoc, V

4. Apoc, II, 9; III, 9; XI, 19;xiv, 4-3. Cf. xii et suiv.; xxi, 12.

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païens (manger les viandes ordinaires, pratiquer le mariage dans les conditions ordinaires) lui paraît une abomination. Les païens en bloc sont à ses yeux des misérables, souillés de tous les crimes, et qui ne peuvent être gouvernés que par la terreur. Le monde réel est le royaume des démons. Les disciples de Paul sont des disciples de Balaam et de Jézabel. Paul luimême n'a pas de place parmi « les douze apôtres de l'Agneau », seule base de l'Église de Dieu; et l'Église d'Éphèse, création de Paul, est louée « d'avoir mis à l'épreuve ceux qj}i se disent apôtres sans l'être, et d'avoir trouvé qu'ils ne sont que des menteurs ».

Tout cela est bien loin de l'Évangile de Jésus. L'auteur est trop passionné; il voit tout comme à travers le voile d'une apoplexie sanguine, ou à la lueur d'un incendie. Ce qu'il y avait de plus lugubre à Paris, le 25 mai 1871, ce n'étaient pas les flammes ; c'était la couleur générale de la ville, quand on la voyait d'un point élevé : un ton jaune et faux, une sorte de pâleur mate. Telle est la lumière dont notre auteur colore sa vision. Rien ne ressemble moins au pur soleil de Galilée. On sent dès à présent que le genre apocalyptique, pas plus que le genre des épîtres, ne sera la forme littéraire qui convertira le monde. Ce sont ces petits recueils de sentences et de paraboles que dédaignent les traditionistes exacts, ce sont ces

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aide-mémoire où les moins instruits et les moins bien renseignés déposent pour leur usage personnel ce qu'ils savent des actes et des paroles de Jésus % qui sont destinés à être la lecture, le charme de l'avenir. Le simple cadre de la vie anecdotique de Jésus valait évidemment mieux pour enchanter le monde que le pénible entassement de symboles des apocalypses et les touchantes exhortations des lettres d'apôtres. Tant il est vrai que Jésus, Jésus seul, eut, dans l'œuvre mystérieuse de la croissance chrétienne, toujours la grande, la triomphante, la décisive part. Chaque livre, chaque institution chrétienne vaut en proportion de ce qu'elle contient de Jésus. Les Évangiles synoptiques, où Jésus est tout, et dont on peut dire en un sens qu'il est le véritable auteur, seront par excellence le livre chrétien, le livre éternel *.

L'Apocalypse, cependant, occupe dans le canon sacré une place à beaucoup d'égards légitime. Livre de menaces et de terreur, l'Apocalypse donna un corps à la sombre antithèse que la conscience chrétienne, mue par une profonde esthétique, voulut opposer à Jésus. Si l'Évangile est le livre de Jésus, l'Apocalypse est le livre de Néron. Grâce à l'Apoca-

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