Papias, dans Eusèbe, H. E., III
2. La rédaction des Évangiles sera Tobjet princi}.al de notre tomeV.
478 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 69J
lypse, Néron a pour le christianisme l'impertance d'un second fondateur. Sa face odieuse a été inséparable de celle de Jésus. Grandissant de siècle en siècle, le monstre sorti du cauchemar de l'an 64 est devenu l'épouvantait de la conscience chrétienne, le géant sombre du soir du monde \ Un in-folio de 550 pages a été composé sur sa naissance et son éducation, sur ses vices, ses richesses, ses écrins, ses parfums, ses femmes, sa doctrine, ses miracles et ses festins.
L'Antéchrist a cessé de nous effrayer, et le livre de Malvenda* n'a plus beaucoup de lecteurs. Nous savons que la fin du monde n'est pas aussi proche que le croyaient les illuminés du premier siècle, et que cette fin ne sera pas une catastrophe subite. Elle aura Heu par le froid, dans des milliers de siècles, quand notre système ne réparera plus suffisamment ses pertes, et que la Terre aura usé le trésor de vieux soleil emmagasiné comme une provis'on de route dans ses profondeurs. Avant cet épuisement du capital planétaire, l'humanité aura-t-elle atteint la science parfaite, qui n'est pas autre chose que le pou-
4. Aujourd'hui encore, en arménien, le nom de l'Antéchrist esl Ner en. Voirie grand dictionnaire de l'Académie arménienne de Saint-Lazare, au mot Neren.
2. Th. Malvenda, De Antichristo libri XI (Rome, 1 604, in-fol.),
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voir de maîtriser les forces du monde, ou bien la terre, expérience manquée entre tant de millions d'autres, se glacera -t-elle avant que le problème qui tuera la mort ait été résolu? Nous l'ignorons. Mais, avec le Voyant de Patmos, au delà des alternatives changeantes, nous découvrons l'idéal, et nous affirmons que l'idéal sera réalisé un jour. A travers les nuages d'un univers à l'état d'embryon, nous apercevons les lois du progrès de la vie, la conscience de l'être s'agrandissant sans cesse, et la possibilité d'un état où tous seront dans un être définitif (Dieu) ce que les innombrables bourgeons de l'arbre sont dans l'arbre, ce que les myriades de cellules de l'être vivant sont dans l'être vivant, — d'un état, dis-je, où la vie du tout sera complète, et où les individus qui auront été revivront en la vie de Dieu, verront, jouiront en lui, chanteront en lui un éternel Alléluia. Quelle que soit la forme sous laquelle chacun de nous conçoit cet avènement futur de l'absolu, l'Apocalypse ne peut manquer de nous plaire. Elle exprime symboliquement cette pensée fondamentale que Dieu est, mais surtout qu'il sera. Le trait y est lourd, le contour meiquin; c'est le crayon grossier d'un enfant traçant avec un outil qu'il ne sait point manier le dessin d'une ville qu'il n'a point vue. Sa naïve peinture de la cité de Dieu, grand joujou d'or et de perles.
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n'en reste pas moins un élément de nos songes. Paul a mieux dit sans doute, quand il résume le but final de l'univers en ces mots : « Pour que Dieu soit tout en tous *. » Mais longtemps encore Thumanité aura besoin d'un Dieu qui demeure avec elle % compatisse à ses épreuves, lui tienne compte de ses luttes, « essuie toute larme de ses yeux » .
4. "ha. ^ 6 660Ç irâvra Iv "irâaiv. I Cor., XV, 28» ' t. SxTivcôaei ptet' aÙTwv. Apoc, XXI, 3.