Voir Tillemont, note 7 sur Vesp
496 ORIGIINES DU CHRISTIANISME. [An 70J
rëment que dans ce terrible drame de Jérusalem. Les acteurs semblent avoir entre eux un pacte de mort. Comme ces rondes infernales où, selon la croyance du moyen âge, on voyait Satan formant la chaîne entraîner à un gouffre fantastique des files d'hommes dansant et se tenant par la main ; de même la révolution ne permet à personne de sortir du branle qu'elle mène. La terreur est derrière les comparses; tour à tour exaltant les uns et exaltés par les autres, ils vont jusqu'à l'abîme; nul ne peut reculer; car derrière chacun est une épée cachée, qui, au moment où il voudrait s'arrêter, le force à marcher en avant.
Simon, fils de Gioras, commandait dans la ville*; Jean de Gischala avec ses assassins était maître du temple. Un troisième parti se forma, sous la conduite d'Éléazar, fils de Simon, de race sacerdotale, qui détacha une partie des zélotes de Jean de Gischala, et s'établit dans l'enceinte intérieure du temple, vivant des provisions consacrées qui s'y trouvaient, et de celles que l'on ne cessait d'apporter aux prêtres
à . Le pouvoir de Bar-Gioras fut plus régulier que celui de Jean de Gischala. On a des monnaies de lui, et non, à ce qu'il semble, de Jean (voir ci-dessus, p. 274, note 2, et Madden,p. 166 et suiv.). Bar- Gioras seul fut reconnu pour vrai chef (6 âp^wv aùrtôv) par les Romains, et seul exécuté (Dion Cassius, LXVI, 7). Tacite met Jean et Simon sur le môme pied [Ilist., V, 42, notez la transposition).
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comme prémices. Ces trois partis* se faisaient une guerr*^. continuelle ; on marchait sur des tas de cadavres; on n'enterrait plus les morts. D'immenses provisions de blé avaient été faites, qui eussent permis de résister des années. Jean et Simon les brûlèrent pour se les arracher réciproquement*. La situation des habitants était horrible; les gens paisibles faisaient des vœux pour que Tordre fût rétabli par les Romains; mais tous les passages étaient gardés par les terroristes; on ne pouvait s'enfuir. Cependant, chose étrange! du bout du monde on venait encore au temple. Jean et Eléazar recevaient les prosélytes, et profitaient de leurs offrandes. Souvent les pieux pèlerins étaient tués au milieu de leurs sacrifices, avec les prêtres qui faisaient la liturgie pour eux, par les traits et les pierres des machines de Jean. Les révoltés agissaient avec activité au delà de l'Euphrate, pour avoir du secours soit des juifs de ces contrées, soit du roi des Parthes. Ils s'étaient imaginé •que tous les juifs d'Orient prendraient les armes. Les guerres civiles des Romains leur inspiraient de folles ^espérances; comme les chrétiens, ils croyaient que