Tac, Hist., Y
4. Pour toute cette topographie, voir Saulcy, Les dern. jours deJér., 248 etsuiv., et les plans cités ci-dessus, p. 245, note.
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pieuse et fort dévouée à sa nation S Titus chercha, dit-on, les moyens de concihation, fit des oiïres acceptables^ ; tout fut inutile. Les assiégés ne répon-
4. Jos., 3. J., II, XV, \ ; XVI, 4, 3. Ces princesses hérodiennes se montrent à nous dans leTalmud etdansJosèphe comme dévotes, portées à faire des vœux et très-attachées au temple (Derenbourg, p. 253, 290, notes). Agrippa aussi paraît avoir été ud juif très-exact. Talm. de Bab., Succa, 27 a; PesacMm, \Q1 b.
2. Un doute peut être élevé sur ce point; car nous verrons Josèphe exalter systématiquement la douceur des Flavius et soutenir que les rigueurs qu'ils ont commises, les malheurs qui ont eu lieu sont venus uniquement de l'opiniâtreté des Juifs [B. J., V, IX ; VI, II, VI ; cf. VI, m, 5j. Sulpice-Sévère (II, 30), qui paraît ici, comme dans beaucoup d'autres endroits (voir ci-après, p. 51 i , note), copier des parties aujourd'liui perdues de Tacite, dit tout le contraire: quianullaneque pacis neque deditionis copia dabatur. Certainement, un parti pris de détruire Jérusalem est plus conforme, chez Titus, et aux règles générales de la politique romaine et à l'intérêt de sa famille, l'intention d'asseoir la dynastie nouvelle sur un exploit éclatant et sur une entrée triomphale dans Rome se montrant chez lui avec évidence. Jérusalem aurait ainsi payé en quelque sorte les frais d'établissement de la dynastie nouvelle. D'un autre côté, il ne faut pas oublier l'influence qu'avaient prise sur son esprit Agrippa, Bérénice et même des personnages de second ordre tels que Josèphe, lesquels pouvaient très-bien faire valoir à ses yeux la reconnaissance qu'auraient les juifs modérés de Rome, d'Alexandrie et de Syrie envers le sauveur du temple. Tacite, ici comme dans l'affaire viU conseil de guerre, prête peut-être a priori à Titus un idéal de dureté romaine, conforme aux idées qui avaient prévam depuis Trajan. Dion Cassius (LXVI, 4 et 5) est tout à fait d'accord avec Josèphe; mais son témoignage, outre qi^'il n'est peut-être
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dirent aux propositions du vainqueur que par des sarcasmes.
Le siège alors prit un caractère d'horrible cruauté. Les Romains déployèrent l'appareil des plus hideux supplices; l'audace des Juifs ne fit que s'accroître. Le 27 et le 29 mai, ils brûlèrent les machines des Romains et les attaquèrent jusque dans leur camp. Le découragement se mit parmi les assiégeants; plusieurs se persuadèrent que les Juifs disaient vrai, que Jérusalem était en effet imprenable ; la désertion commença. Titus, renonçant à l'espérance d'emporter la place de vive force, la bloqua étroitement. Un mur de contrevallation, rapidement élevé ^ (commen-
qu'une reproduction des assertions de l'historien juif, prouve simplement qu'à côté de la version de Tacite, il y avait une autre version destinée à montrer l'humanité de Titus. La tradition talmudique semble savoir quelque chose des négociations en vue d'empêcher la ruine complète de la ville [Aboth derabbi Nathan, c. IV et vi). Il est remarquable que Josèphe fut largement récompensé, dès l'an 70 [Vita, 76), d'avoir servi d'instrument à des essais de conciliation. Peut-être Titus laissait-il poursuivre ces tentatives, tout en sachant bien qu'elles ne réussiraient pas, et en réservant sa liberté d'action. Une très-grande part, en tout cas, doit être faite dans les récits de Josèphe à l'exagération, au désir de se donner de l'importance et à la prétention d'avoir rendu des services considérables à sa nation. Certains de ses coreligionnaires lui veprochaient sa trahison. N'était-ce pas une excellente réponse que de se montrer usant do la faveur de Titus pour détourner de son pays le plus de mal possible [Vila, 75)?
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csmenl de juin), et doublé du côté de la Pérée d'une ligne de castella^ couronnant les sommets du mont des Oliviers, sépara totalement la ville du dehors*. Jusque-là on s'était procuré des légumes des environs; la famine maintenant devint terrible \ Les fanatiques, pourvus du nécessaire, s'en souciaient peu^; des perquisitions rigoureuses, accompagnées de tortures, étaient faites pour découvrir le blé caché. Quiconque avait sur le visage un certain air de force passait pour coupable de receler des vivres. On s'arrachait de la bouche les morceaux de pain. Les plus terribles maladies se développèrent au sein de cette masse entassée, affaiblie, enfiévrée. D'affreux récits circulaient et redoublaient la terreur.
A partir de ce moment, la faim, la rage, le désespoir, la folie habitèrent Jérusalem. Ce fut une cage de fous furieux, une ville de hurlements et de
1 . Voir Saulcy, Les dern. jours de Jér., p. 309 ei suiv., et le plan p. 222.