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4. Les Flavius étaient originaires de la Gaule cisalpine. Les portraits de Titus et de Vespasien nous montrent deux figure» communes, du genre de celles auxquelles nous sommes le plus^ habitués.

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ennemie de la civilisation, la plus grande défaite qu'elle eût jamais reçue. C'était le triomphe du droit romain, ou plutôt du droit rationnel, création toute philosophique, ne présupposant aucune révélation, sur la Thora juive, fruit d'une révélation. Ce droit, dont les racines étaient en partie grecques, mais où le génie pratique des Latins eut une si belle part, était le don excellent que Rome faisait aux vaincus en retour de leur indépendance. Chaque victoire de Rome était un progrès de la raison ; Rome apportait dans le monde un principe meilleur à plusieurs égards que celui des Juifs, je veux dire l'État profane, reposant sur une conception purement civile de la société. Tout effort patriotique est respectable ; mais les zélotes n''étaient pas seulement des patriotes ; c'étaient des fanatiques, sicaires d'une tyrannie insupportable. Ce qu'ils voulaient, c'était le maintien d'une loi de sang, qui permettait de lapider le mal pensant. Ce qu'ils repoussaient, c'était le droit commun, laïque, libéral, qui ne s'inquiète pas de la croyance des individus. La liberté de conscience devait sortir à la longue du droit romain, tandis qu'elle ne fût jamais sortie du judaïsme. Du judaïsme ne pouvait sortir que la synagogue ou l'Église , la censure des mœurs, la morale obligatoire, le couvent, un monde comme celui du V* siècle, où l'humanité eut perdu toute sa vigueur.

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si les barbares ne l'eussent relevée, ^lieux vaut, en effet, le règne de l'homme de guerre que le règne temporel du prêtre ; car l'homme de guerre ne gêne pas l'esprit; on pense librement sous lui, tandis que le prêtre demande à ses sujets l'impossible, c'est-àdire de croire certaines choses et de s'engager à les trouver toujours vraies.

Le triomphe de Rome était donc légitime à quelques égards. Jérusalem était devenue une impossibilité ; laissés à eux-mêmes, les Juifs l'eussent démolie. Mais une grande lacune devait rendre cette victoire de Titus infructueuse. Nos races occidentales, malgré leur supériorité, ont toujours montré une déplorable nullité religieuse. Tirer de la religion romaine ou gauloise quelque chose d'analogue à l'Église était une entreprise impossible. Or tout avantage remporté sur une religion est inutile, si on ne la remplace par une autre, satisfaisant au moins aussi bien qu'elle le faisait aux besoins du cœur. Jérusalem se vengera de sa défaite; elle vaincra Rome par le christianisme,. la Perse par l'islamisme, détruira la patrie antique,, deviendra pour les meilleures âmes la cité du cœur. La plus dangereuse tendance de sa Thora^ loi en même temps morale et civile, donnant le pas aux questions sociales sur les questions militaires et politiques, dominera dans l'Église. Durant tout le moyen

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âge, l'individu, censuré, surveillé paria communauté, redoutera le prône, tremblera devant l'excommunication; et ce sera là un juste retour après l'indifférence morale des sociétés païennes, une protestation contre l'insuffisance des institutions romaines pour améliorer l'individu. C'est certainement un détestable principe que le droit de coercition accordé aux communautés religieuses sur leurs membres; c'est la pire erreur de croire qu'il y a une religion qui. soit exclusivement la bonne, la bonne religion étant pour chaque homme celle qui le rend doux, juste, humble et bienveillant; mais la question du gouvernement de l'humanité est difficile; l'idéal est bien haut et la terre est bien bas; à moins de ne hanter que le désert du philosophe, ce qu'on rencontre à chaque pas, c'est la foHe, la sottise et la passion. Les sages antiques ne réussirent à s'attribuer quelque autorité que par des impostures qui, à défaut de la force matérielle, leur donnaient un pouvoir d'imagination. Où en serait la civilisation, si durant des siècles on n'avait cru que le brahmane foudroyait par son regard, si les barbares n'avaient été convaincus des vengeances terribles de saint Martin de Tours? L'homme a besoin d'une pédagogie morale, pour laquelle les soins de la famille et ceux de l'Etat ne suffisent pas.

ZTj origines du christianisme. [An 72]

Dans l'enivrement du succès, Rome se souvenait à peine que l'insurrection juive vivait encore dans le bassin de la mer Morte. Trois châteaux, HérodiumS Machéro* et Masada^ étaient toujours entre (es mains des Juifs. Il fallait avoir pris son parti de fermer les yeux à l'évidence pour garder encore quelque espoir après la prise de Jérusalem. Les rebelles se défendirent avec autant d'acharnement que si la lutte en avait été à son début. Hérodium n'était guère qu un palais fortifié ; il fut pris sans de grands efforts par Lucilius Bassus. Machéro présenta beaucoup de difficultés; les atrocités, les massacres, les ventes de troupeaux entiers de Juifs recommencèrent. i^Iasada fit une des plus héroïques résistances dont l'histoire militaire se souvienne. Éléazar, fils de Jaïre, petit-fils de Judas le Gaulonite, s'était emparé de cette forteresse dès les premiers jours de la révolte, et en avait fait un repaire de zélotes et de sicaires. Masada occupe le plateau d'un immense rocher de près de cinq cents mètres de haut, sur le bord de la mer Morte. Pour s'emparer d'une telle place, il fallut

i. Saulcy, Voyage en terre sainte, 1, p. 168 et suiv.; Guérin, Descr. de la Pal., Ill, p. 122 61 suiv.

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