On en sent des traces dans le morceau d'Hégésippe
î. Josèphe et Eusèbe, endroits cités. V. Saint Paul, p. 80,
mort un signe des temps, une preuve que les catastrophes finales approchaient*.
L'exaltation, en effet, prenait à Jérusalem des proportions étranges. L'anarchie était à son comble; les zélotes, quoique décimés par les supplices, étaient maîtres de tout. Albinus ne ressemblait nullement à Festus; il ne songeait qu'à faire argent de sa connivence avec les brigands*. De toutes parts, on voyait les pronostics de quelque chose d'inouï. Ce fut sur la fin de l'an 62 qu'un nommé Jésus, fils de Hanan, sorte de Jérémie ressuscité, commença à courir jour et nuit les rues de Jérusalem en criant : « Voix de l'Orient ! Voix de l'Occident ! Voix des quatre vents! Voix contre Jérusalem et le temple ! Voix contre les mariés et les mariées! Voix contre tout le peuple! » On le fouetta : il répéta le même cri. On le battit de verges jusqu'à ce qu'on lui découvrît les os ; à chaque coup, il répétait d'une voix lamentable : « Malheur! malheur sur Jérusalem! » On ne le vit jamais parler à personne. Il allait répétant toujours : « Malheur! malheur sur Jérusalem ! » sans injurier ceux qui le
note 4, pour ce qui concerne l'addition faite par Origène au passage de Josèphe.
i . Il est permis de voir des allusions à la mort de Jacques dans Walth., XXIV, 9; Marc, xiii, 9 et suiv.; xxi, 12 et suiv.