Col., III
[An 62] L'ANTECHRIST. 77
« lumière», « ténèbres », « vie », « amour », etc., deviennent dominants*. La philosophie syncrétique du gnosticisme se fait déjà sentir. La question de la justification par Jésus n'est plus aussi vive; la guerre de la foi et des œuvres semble apaisée au sein del'unité de la vie chrétienne, composée de science et de grâce ^ Christ, devenu l'être central de l'univers, concilie en sa personne divinisée l'antinomie des deux christianismes. Certes, ce n'est pas sans motifs qu'on< a suspecté l'authenticité de tels écrits; ils ont pour eux cependant de si fortes preuves % que nous aimons mieux attribuer les différences de style et de penséedont nous venons de parler à un progrès naturel dans la manière de Paul. Les écrils antérieurs et certainement authentiques de Paul contiennent le germede ce langage nouveau. « Christ » et « Dieu » s'y échangent presque comme des synonymes; Christ y exerce des fonctions divines; on l'invoque comme- Dieu; il est l'intermédiaire obligé auprès de Dieu. L'ardeur avec laquelle on s'attachait à Jésus faisait qu'on lui rapportait toutes les théories qui avaient
i. Col.,i, 12,13;iii, 4;Ephes.,v, 8,M,13.Gomp. Phil.,ii,16.
2. Col., I, 10, III, 9-10; Eph., ii, 8-10. Note/ il sp^wv, et noa plus il sp-^wv voao'j (Gai., if, 16), qui n'aurait guère eu desens pour les hellénistes purs.