‹ L'AntechristChapitre 89 sur 397 · Sai7it Paul, p. xx-xxi, note · texte numérisé non relu

Sai7it Paul, p. xx-xxi, note

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et qui nous portent à voir plutôt dans la pièce dont il s'agit une lettre doctrinale que saint Paul aurait fait reproduire à plusieurs exemplaires et répandre en Asie. Tychique, en passant à Éphèse, sa patrie, put montrer un de ces exemplaires aux anciens ; ceux-ci purent le garder comme morceau d'édification, et il est parfaitement admissible que ce soit cette copie qui ait servi, quand on fit la collection des lettres de Paul * ; de là viendrait le titre que l'épître en question porte aujourd'hui. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'épître dite aux Éphésiens n'est guère qu'une imitation paraphrasée de l'épître aux Golossiens, avec quelques additions tirées d'autres épîtres de Paul et peut-être d'épîtres perdues.

Cette épître dite aux Éphésiens forme, avec l'épître aux Golossiens, le meilleur exposé des théories de Paul vers la fin de sa carrière. Les épîtres aux Colossiens et aux Éphésiens ont, pour le dernier période de la vie de l'apôtre, le même prix qu'a l'épître aux Romains pour l'âge de son grand apostolat. Les idées du fondateur de la théologie chrétienne y sont arrivées au plus haut degré d'épuration. On sent ce dernier travail de spiritualisation

1. Pour l'épître aux Romains, ce fut aussi l'exemplaire de l'Église la plus célèbre qui fît loi

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que les grandes âmes près de s'éteindre font subir à leur pensée, et au delà duquel il n'y a plus que la mort.

Certes, Paul était dans le vrai en combattant cette dangereuse maladie du gnosticisme, qui allait bientôt menacer sérieusement la raison humaine, cette chimérique religion des anges S à laquelle il oppose soii Christ supérieur à tout ce qui n'est pas Dieu *. On lui sait gré encore du dernier assaut qu'il livre à la circoncision, aux vaines pratiques, aux préjugés juifs ^ La morale qu'il tire de sa conception transcendante du Christ est admirable à beaucoup d'égards. Mais que d'excès, grand Dieu ! Que cet audacieux dédain de toute raison, ce brillant éloge de la folie, cette fougue de paradoxe préparent de revers à la parfaite sagesse, qui fuit toute extrémité ! Ce « vieil homme », que Paul secoue si rudement, réagira; il démontrera qu'il ne méritait pas tant d'anathèmes. Tout ce passé frappé d'une injuste sentence redeviendra un principe de « renaissance » pour le monde, amené par le christianisme au dernier degré de l'épuisement. Paul sera en ce sens un des plus dan-

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