‹ L'anthropologie criminelleChapitre 101 sur 119 · J28 HYSTÉRIE · texte numérisé non relu

J28 HYSTÉRIE

ments où je ne sais plus ce que je fais; il m'arrive quelquefois au milieu de la rue de m'arrèter court. J'appelle mon enfant; il est là tout près de moi, je ne le vois pas. D'autres fois, je suis agitée, inquiète ; j'éprouve le besoin de sortir. Si je vois quelque chose qui me plaît, je veux le posséder ; je ne pense pas à ce que cela peut coûter, il me le faut, et si je rencontre un obstacle, je suis plus troublée encore, je désire plus vivement : il m'arrive ainsi de me faire remettre des objets dont je n'ai pas besoin et qu'à un autre moment je ne chercherais pas à me procurer. On ne me refuse rien, j'ai tout ce qu'il me faut, mais quand je me sens prise du désir d'avoir un objet, rien ne m'arrête plus, je ne pense plus qu'à cela; c'est comme une idée fixe qui me tourmente jusqu'à ce que je l'aie satisfaite. C'est surtout au moment de mes époques que je suis ainsi agitée; après cela, je suis calme, et quelquefois triste, abattue, tourmentée par des visions, et j'ai l'idée de me faire mourir. » Cette idée de suicide, nous l'avons rencontrée dans ses lettres; elle y est exprimée nombre de fois, mais nous n'avons pas appris qu'aucune tentative ait été faite.

Nous n'avons pas constaté d'accès d'hystérie convulsive, mais l'ensemble des phénomènes psychiques relevé établit de la manière la plus absolue, la plus nette, l'existence de cette névrose avec la prédominance des troubles psychiques si souvent observés dans cette affection.

Nous estimons donc que, sans être une aliénée dont l'état réclame le placement dans un asile, elle doit être considérée comme absolument irresponsable des actes qui lui sont imputés.

Le tribunal, acceptant les conclusions de ce rapport, a prononcé l'acquittement de A. F...

Les hystériques ne reculent même pas devant l'incendie et le meurtre. « Parmi les femmes qui composèrent les brigades de pétroleuses en 1871, un

certain nombre ont été reconnues hystériques. »(i) Le diagnostic de Thystérie repose sur tout un ensemble de signes qu'il n'est pas besoin d'exposer ici ; bornons-nous à constater que dans la majorité des cas, ce diagnostic ne rencontre pas de sérieuses difficultés et que dès lors, la confusion entre la perversité hystérique et la perversité naturelle, entre la pseudo-cripiinalité d'origine pathologique et la criminalité vraie peut être aisément évitée.

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