‹ L'anthropologie criminelleChapitre 56 sur 119 · CHAPITRE III Hérédité. — Récidivité · texte numérisé non relu

CHAPITRE III Hérédité. — Récidivité

Hérédité. — Pour bien connaître une maladie, îl faut en rechercher l'évolution, en déterminer les

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sources et Torigine, en poursuivre les transformations à travers les générations ; de même, pour avoir une idée complète du crime, il est indispensable d'étudier sa filiation et ses modifications héréditaires.

Existe-t-elle l'hérédité du crime ? La chose ne paraît guère douteuse et les auteurs en fournissent des preuves multipliées.

Sous Louis-Philippe, on vit s'éteindre deux familles d'assassins : les Fournier et les Lamy.

De 1822 à 1827, une autre famille de bandits, celle des Villet, se révéla par de nombreux exploits. En descendance directe ou collatérale, elle comprenait une liste considérable de forçats et de suppliciés pour divers crimes. Une seule affaire valut à huit de ses membres la condamnation capitale. Lorsqu'on mit la main sur ses derniers représentants, on apprit des choses absolument stupéfiantes ; les 14 sujets arrêtés avaient à répondre à 60 chefs d'accusation, 5 assassinats, 6 incendies, 49 vols qualifiés ; mais ce n'était que la partie criminelle avérée ; depuis dix ans, la famille avait exécuté plus de mille vols, sans parler d'autres crimes... d'aveu plus difficile. Le père, le patriarche, était le directeur et le banquier de l'association ; un fils était préposé aux incendies ; une fille, à laquelle on imputait deux infanticides, avait été la maîtresse d'un assassin ; des collatéraux participaient aux affaires à divers titres (Corre) (i).

Les familles Piednoir, Cœur-de-Roy, Nathan ont fait le désespoir de la police et lassé les tribunaux. Les condamnations qui ont atteint les Nathan, père, mère, frères et gendres — en tout, 14 personnes —

(1) Crime et suicide^ p. m.

représentent la somme de 209 années de prison (M. du Camp) (i).

Le cas de la famille Chrétien (2) est aussi bien frappant.

JEAN CHRéTlEN

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