‹ L'anthropologie criminelleChapitre 63 sur 119 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

repêché, on Ta reconnu. C'est ainsi que Fenayrou a été découvert (i).'

Le criminel-né vit au jour le jour, absorbé par le présent, insouciant de l'avenir.

J'ai vu bien des détenus, dit Laurent (2), qui, à la veille de leur sortie se trouvaient sans argent, sans asile, sans amis, et cependant nullement préoccupés de ce qu'ils feraient le lendemain dehors pour avoir un morceau de pain et un gîte.

« Qu'allez-vous faire? » leur disais-je souvent. — c Je ne sais pas ; je verrai quand je serai dehors. J'ai le temps. » Telle était bien souvent leur réponse.

Les plus grands coupables, écrit Keller (3) ne prévoient jamais la possibilité pour eux d'être découverts ; une fois pris, ils s'en étonnent de manière à se porter souvent le plus grand tort et à éclairer la justice sur le crime qu'ils ont commis.

Mobilité dans les idées, déiaut de suite. — Mobilité dans les idées, défaut de suite dans leurs conceptions et leurs combinaisons sont naturellement des faits habituels chez les criminels-nés.

Un voleur avait écrit sur la muraille de sa cellule : a Dès que je serai sorti, je jure de me venger par un vol de 4,000 francs », et tout de suite après : « S'il m'arrive encore de voler, je me tue (4). »

Mottino était un franc étourdi ; quand le président lui demanda s'il était vrai qu'il eût promis mariage à une jeune fille, il fit cette réponse : « C'est vrai ; mais, où l'aurais-je donc conduite après la noce. Excellence ? Sous les remparts ? (5) »

(i) A. Bataille, Causes criminelles de 1882, p. 249.

(2) Op. citât. Page 375.

(3) LombTOSo,Ripista pénale, 1876.

(4) Lombroso, PalimsesU delcarcere, 1887.

(5) Lombroto, p. 426.

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