MUSCLES ET VISCÈRES
nos amphithéâtres; mais, si Ton a eu entre les mains quelques nègres, Américains ou Mongols, on y a prêté peu d'attention, à quelques exceptions près. Aujourd'hui, cependant, les variantes anatomiques, les prétendues anomalies ne passent plus inaperçues, et le laboratoire d'anthropologie de M. Broca s'attache à recueillir tous les matériaux pour en combler la lacune. Attendons.
Un point déjà est acquis : c'est que le système musculaire est le siège de différences, les unes de la nature des caractères que nous avons appelés indifférents, les autres reproduisant des dispositions qui se retrouvent normalement chez divers mammifères. Les variations offertes par le peaucier, les muscles de la face, des oreilles, les adducteurs du bras, le grand droit de l'abdomen, les muscles de la main et du pied, les fessiers et le triceps du mollet sont dans ce cas. Quelques-unes même se répètent assez fréquemment chez certains sujets de même race pour qu'on puisse se demander s'ils ne sont pas l'état habituel dans cette race, l'un de ses traits caractéristiques.
Le squelette, par lui-même, accuse quelquefois l'esistence de particularités du système musculaire et les révèle à défaut d'autopsie. Ainsi, le développement de la fosse temporale en surface ou en profondeur apprend le degré de développement du muscle temporal qui s'y insère ; le fémur à colonne et le péroné cannelé de nos ancêtres des Eyzies témoignent de la vigueur et du volume de leurs muscles postérieurs de la cuisse et externes de la jambe.
Toutes les parties internes du corps sont sujettes à varier d'une race à l'autre : le péritoine, l'appendice iléo-cœcal, le foie, le larynx, et si le petit nombre de sujets observés ne faisait craindre de donner une variation individuelle pour une variation ethnique, on pourrait en citer de nombreux exemples. Assurément, on découvrira des caractères spéciaux dans les or-