SYSTÈME NERVEUX
ganes génitaux internes. M. Bakewell a cru un instant avoir trouvé des différences dans les globules sanguins; elles étaient dues à racclimatement ; néanmoins, il faut continuer dans cette voie (1).
Le système nerveux a été l'objet d'observations plus suivies.
Sœmniering et, après lui, Jacquart ont démontré que les nerfs du nègre, particulièrement ceux de la base du cerveau, sont plus gros. On a constaté que sa substance cérébrale est moins i)lanche que celle de l'Européen. Quant à la structure externe du cerveau et de ses circonvolutions, aucune difîércnce n'a été découverte, jusqu'ici, d'une race à l'autre, ce qui est assez naturel, puisque entre l'homme et l'anthropoïde il n'y en apas davantage. Toutefois, dans les dispositions secondaires des circonvolutions, dans leur richesse, il y a des gradations. Ces circonvolutions sont plus grosses, plus larges, moins compliquées dans les races inférieures ; la frontale supérieure n'était pas dédoublée sur la Vénus hottentote ; les plis de passage du lobe gauche au lobe occipital sont par exception, d'un côté par exemple, moins superficiels, en sorte que la scissure perpendiculaire est plus visible et le lobe occipital mieux accentué; enfin, il y a plus ou moins d'asymétrie d'un côté à l'autre. Mais ce sont des variations individuelles et non des caractères fixes.
Le poids du cerveau semblerait devoir donner des différences
(1) Voir Sur les diverses formes de la glotte, par Gipp, in Anlhrof. Review, t. II, 1864, et Sur le larynx du nègre, du même auteur, itt Anthrop. Rev., t. III, 1865. — Dissection d'une femme boschimane, par Flower andMurrie, in Journ. of Anat.and PhysioL, London, 1867. Observations d'anatomie anthropologique sur le corps d'un nègre, par Koperniçki, anal, in Revue d'anthrop., t. I, 1872. — Mémoires cités de- M. Chudzinski. — Delà valeur des anomalies musculaires au point de vue de l'anthropologie zoologique, par Samuel Pozzi, sous presse in Comptes rendus Associât, pour l'avanc. des sciences, t. 111, 1874, etc.
plus importantes, il n'en est rien. Les variations individuelles exigent, plus ici que dans tout autre caractère anatomique, qu'on opère sur de grandes séries. Or, si la pesée directe de l'organe a été pratiquée sur une échelle suffisante parmi les Européens, il n'a guère été entrepris de travail de ce genre dans les pays lointains. La pesée doit se faire immédiatement en effet, et non sur des cerveaux expédiés dansTalcool. Aussi la science est-elle très à court de matériaux sur ce point.
Ces variations individuelles dépendent de l'âge, du sexe, de la taille, de la maladie qui a mis fin aux jours du sujet, de son degré d'intelligence, etc. Il en a été parlé pa^^e 127. Nous nous bornerons donc à en résumer le taux pour 100 approximatif, sous forme de tableau à la façon de Parchappe.
Variations sur le poids total.
Par le sexe 10 pour 100.
— l'âge 4
— la taille 4
— les maladies mentales 4 à o
— l'idiotie 18
— la maladie dernière 10 (?)
— l'intelligence 20
Il s'ensuit qu'on ne doit rapprocher que des cerveaux dans des conditions identiques, c'est-à-dire sains, du même âge, du même sexe, et qu'il faut se garder, à l'exemple de Huschke, de confondre des sujets morts dans les conditions ordinaires avec des sujets emportés sans maladie, comme les suicidés; la différence des uns aux autres peut aller sans doute jusqu'à 130 grammes, autant qu'on en observe entre les moyennes d'une race supérieure et d'une race inférieure. Mais, ce qui enlève toute sécurité à l'étude du poids du cerveau suivant les races, ce sont les variations individuelles, dont la cause la plus com-
raune est l'intelligence. La densité de la matière cérébrale s'accroît probablement, comme le volume total et la richesse des circonvolutions, par l'activité intellectuelle. Le cerveau d'un Australien supérieur relativement à ses semblables sera plus lourd et aura plus de circonvolutions que celui d'un Parisien d'une intelligence médiocre. L'écart ci-dessus de 20 pour 100 calculé dans la race blanche repose sur la différence entre le poids moyen dans cette race et celui des cerveaux de Cuvier et de Dupuytron ; en supposant ces deux cas des anomalies et réduisant l'écart de moitié, il serait encore de 130 grammes. Plus que pour tout autre caractère anthropologique, il faut donc ici procéder sur de grandes masses dans lesquelles se noient les individualités.
Sous ces réserves, nous reproduisons la liste suivante des pesées du cerveau dans diverses races (1). Hommes.
103 Anglais et Ecossais (Peacock) 1 427 gr.
•28 Français (Parchappe) 1 334
40 Allemands (lluschke) 1 382
18 — (Wagner) 1 392
■SO Autrichiens (Weisbach) 1 342
1 Annamite (Broca) 1 233
7 nègres africaias (divers) 1 238
7 — (Broca) 1316
1 noir de Pondichéry (Broca) 1 330
1 Hottentot (Wyman) (2) 1 417
1 nègre du Gap (Broca) 974
(1) Voir mémoire cité de Parchappe. — Schœde}, Hirn und Seele des Menschen und der Thiere, par Huschke. Jena, 1854. — On the weight of the brain and on the circonstances affecling il, par John Thurnara, tn Journ. of med. Se, vol. XII. — Contributions towards delermining the weight of the brain in différent races of men, par J.-B. Davis. London, 1868.— On the iveight of the brain of negro, par Peacock, in Mém. anihrop. Soc, London. vol. I, 1865-64. — Mémoires cités de Wagner, Broca, Graliolet, in Bull. Soc. anihrop. Paris, 1862.
(2) Ce poids, exceptionnel chez un uégre, est dépassé par l'un des
Fem mes.
34 Anglaises et Ecossaises (Peacock) 1 260 gr,
18 Frau(;alsos (Parciiappe) 1 210
22 Allemandes (Husciike) 1 244
13 — (Wagner) 1209
19 Autrichiennes (Weisbach) 1 160
2 négresses d'Afrique (Peacock) 1 232
2 — (Broca) 1067
2 Boschimans (Marshall, Flower et Murrie). 974
1 Australienne (Owen) 907
Nousavons omis dans cette liste toute une série de pesées pratiquées pendant la guerre d'Amérique par M. Sandifort B. Hunt et portant sur 405 cerveaux de blancs, de noirs et de métis. M. B. Davis objecte avec raison à leur auteur de ne pas avoir indiqué sa façon d'opérer. Néanmoins dans leurs relations réciproques ces pesées conservent toute leur valeur.
En premier lieu, la moyenne de 278 cerveaux européens a été de 1403, les chiffres extrêmes étant de 963 et de 1842 grammes; évidemment ce dernier était pathologique ou appartenait à quelque Cuvier ignoré. En second lieu, la moyenne de 14 1 nègres fut de 1331, et les maximum et minimum de 1307 et de 1013. L'auteur partage les lots de métis, de noirs et de blancs en séries suivant le degré de métissage ; c'est là qu'il y aurait des objections à adresser à la façon dont il a pu déterminer exactement ces degrés. Voici du reste sa liste à cet égard (1) :
cerveaux de la série de nègres de M. Broca, s'élevatit à 1 500 grammes. N'est-ce pas le cas de se demander si. le nègre libre, vivant dans un milieu européen, n'a pas quelque chance d'avoir un cerveau plus lourd que s'il était resté dans ses forêts, loin d'excitations intellectuelles plus fortes? Quant au sujet de Wyman, sa taille était de J69 centimètres, ce qui suffit à nos yeux pour flablir que ce n'était pas un Hottentot. mais un Cafre ou pour le moins un métis.
(1) Negroas a soldier, par Sandifort B. Hunt. Analys. in Anlhrop. Review, vol. III, 18C9.
24 blancs purs 1 424 gr.
23 trois quarts de blanc 1 390
47 demi- blancs ou mulâtres 1 334
51 un quart de blanc 1 319
93 un huitième de blanc 1 308
22 un seizième de blanc 1 280
141 nègres purs 1 331
Ne semble-t-il pas en résulter que le sang blanc, lorsqu'il prédomine chez un métis, exerce une action doublement prépondérante en faveur du développement cérébral, tandis que la prédominance inverse du sang nègre laisse le cerveau dans uu état d'infériorité vis-à-vis même du nègre pur ? Ce qui reviendrait à dire que dans les croisements Télément meilleur a l'avantage.
.\ défaut de pesées directes du cerveau en nombre suffisant dans les différentesraces^on s'est adressé à la capacité crânienne. MM. B. Davis, Weisbach et Welcker surtout, ont essayé d'estimer d'après elle le poids probable et en ont publié de longues listes.
Le premier emploie, comme on sait, le sable pour ses jaugeages. Du poids total de ce sable il retranche 15 pour 100 pour les méninges, le sang des sinus veineux et les liquides séreux que renferme la cavité du crâne (d'autres jugent que 13 pour 100 est plus juste ; en réalité, ledéchet varie extraordinairementd'un sujet à l'autre) (1). Le poids spécifique du sable desséché étant admis de 1425 et celui de la substance cérébrale de 1040 (chiffres très-variables aussi), le calcul qui reste à faire est fort simple. Suivent quelques-uns des résultats choisis dans l'ouvrage de M. Davis, sur une liste de 133 séries :
(I) Sur huit nègres Jl. Broca a trouvé une différence de 8 à -20 pour !00 environ entre le poids du cerveau et la capacité crânienne.
Hommes. Femmes.
Anglais 21 1423 gr. 13 1 2-2-2 gr.
Chinois 23 1337 8 1298
Esquimaux 5 J 396 3 1 247
Xôgres Dahomey... 9 1322 3 1249
Australiens 17 1197 7 1160
M. Weisbach a vérifié la valeur de ce procédé; il a cubé lia crânes par le sable, en a déduit le poids probable du cerveau, puis a pesé directement cet organe. Voici ce qu'il obtint, en grammes, sur les sujets masculins au-dessous de quatre-vingtdix ans :
Poids Poids
Age. calculé. direct. DifiFérence.
3 crânes 10 à 19 1270.06 1223.83 46.21
Evidemment, on pourrait se contenter de cette approximation ; mais à quoi bon se livrer à une opération aussi complexe lorsque toutes les suppositions sont les mêmes pour chaque détail, et qu'en fin de compte on ne fait que transformer un chiffre en un autre, le rapport demeurant le même entre les diverses séries? On ne peut espérer pouvoir comparer directement ce résultat nouveau avec le poids obtenu directement ; l'un des éléments de divergence les plus certains d'une race à l'autre est précisément la densité de la matière cérébrale, qu'on suppose ici uniforme. L'opération de M. Davis ne donne en réalité que le volume relatif; alors autant s'en tenir à la capacité crânienne elle-même.
Que l'on régularise donc toutes les conditions de la pesée du cerveau, que l'on apprécie l'influence de la maladie dernière, de la congestion due à l'agonie ou au décubitus du cadavre, que l'on fasse usage de quelque forme en osier pour recevoir l'or-