COLORATION DES YEUX
La coloration de la peau s'associe habituellement, on pourrait dire constamment, si les races étaient pures, à une coloration déterminée des yeux et des cheveux. Ainsi les peaux blanches, à incarnat rosé, supportant mal le soleil, ont d'ordinaire les yeux et les cheveux de teinte claire. Les peaux blanches, brunissant aisément au soleil, et toutes les autres colorations de peau, jaunes, rouges et noires, ont au contraire les yeux et les cheveux foncés. Il s'ensuit que les yeux et les cheveux clairs sont infiniment plus rares à la surface du globe, quoiqu'ils se rencontrent un peu partout, sauf en Australie et dans l'Afrique centrale connue.
La nuance des yeux ou mieux de l'iris n'est pas toujours facile à déterminer. L'iris est formé de deux zones concentriques de couleur différente, semées et striées parfois d'autres nuances ; c'est de la résuhante qu'il faut tenir compte en n'y regardant pas de trop près. Il faut se défier également du fond noir de la pupille, qui peut donner le change, lorsque surtout elle est anormalement dilatée. Les tons primordiaux de l'iris sont le gris, le bleu, le vert et le brun, pour chacun desquels les instructions de la Société d'anthropologie admettent cinq tons. Le châtain ou marron rentre dans le brun. Les yeux bleus de faïence sont l'apanage de ceux qu'on qualifie de blonds et caractérisent mieux que les autres un groupe particulier de races ;ils s'associent réguhèrement à des cheveux soyeux et jaunâtres ou blancs de lin. Réunis à des cheveux noirs foncés, ils doivent faire soupçonner un métissage. Les yeux verts ou gris, très-répandus en Russie et souvent associés à une peau naturellement marquée de taches de rousseur, paraissent avoir caractérisé une race aujourd'hui éteinte ou peu s'en, faut dans ces parages; il y a lieu en outre de se demander s'ils ne sont pas dus parfois à une transformation des yeux bleus sous l'influence des croisements. Nous en reparlerons au chapitre XV.