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COLORATION DE LA PEAU, ETC

langés en quantité variable avec le fond blanc incolore des tissus, donnent naissance à ces innombrables nuances constatées dans la famille humaine et dont Ténumération seule défie toute tentative. On peut toutefois les réduire à quatre types fondamentaux que les premiers anthropologistes exprimaient en ces termes : les blancs en Europe, les jaunes en Asie, les rouges en Amérique et les noirs en Afrique. Deux incontestables sont le blanc et le noir, et répondent certainement à deux des divisions primordiales de rhumanité; les deux autres à cet état de simplicité sont moins évidentes, le rouge surtout. De leur mélange et de l'iniluence des milieux seraient issus toutes les nuances de coloration actuelles.

Que de variations, en effet, d'abord dans le blanc! La complexion rosée des Scandinaves diffère du teint fleuri des Anglais et des Danois. La coloration brune de nos races françaises au midi de la Loire n'est pas celle des Espagnols, et à plus forte raison des Kabyles bronzés. Dans la série il y a au moins deux groupes à établir : ceux dont la peau se fonce facilement, quelquefois énormément au contact de Tair et de la lumière, et d'une façon régulière, uniforme; et ceux dont la peau, exposée au soleil, devient rouge brique, ou se couvre de taches de rousseur. Chez les premiers surtout la coloration ainsi acquise diminue en hiver et disparait par le retour dans les pays tempérés ou froids, pour reparaître avec la même facilité dans les pays chauds; chez les seconds c'est une sorte de brûlure qui se produit, la peau va jusqu'à se gercer et s'excorier. Dans les deux cas, les enfants naissent blancs. Est- il besoin d'en fournir des exemples : les Français et les Anglais ; voyez les premiers en Algérie et les seconds aux Indes.

Le prétendu teint jaune des Asiatiques orientaux varie bien davantage. Tantôt il se rapproche du blanc au point de ne pouvoir en être distingué, tantôt il est vert olive, brun en pas-

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santpar les nuances intermi-tli aires du jaune pâle, ou d'un jaune pain (l'épier. Chez les ('liinois, les septentrionaux davantage, il se fonce en hiver comme dans le premier groupe ci-dessus et pâlit en été (Lamprcy).

Le nom de rougr a été appliqué aux Américains moins à cause de leur coloration la plus commune que par suite de leur usage très-répandu de se teindre les cheveux ou de se peindre la peau en rouge. En réalité ils offrent les nuances les plus variées, depuis le ton clair des Antisiens des Andes centrales jusqu'au brun olive des Péruviens (d'Orbigny) et au noir de nègre des anciens Californiens (Lapeyrouse). La teinte cuivrée ou la teinte cannelle leur est souvent attribuée cependant. La même coloration cuivrée est répandue en Polynésie, mais il s'y rencontre également des tons fort clairs, ou jaunes, ou bruns. En Afrique enfin, les teintes rouges et jaunes sont très-communes, particulièrement au sud, au centre et vers le haut Nil. Les Foulbes sont d'un jaune rhubarbe, les plus purs tirent sur le rouge ; les Bisharis sont très-souvent d'un rouge acajou; on sait que les anciens Égyptiens se peignaient en rouge sur leurs monuments. La classification ancienne, s'appuyant sur la coloration rouge attribuée spécialement aux Indiens de l'Amérique, est donc mauvaise.

Si les noirs contrastent vigoureusement avec les blancs, ils se fondent insensiblement sur bien des points avec les jaunes et les rouges. Les plus foncés, d'un noir d'ébène, s'observent à la côte de Guinée; mais du YolofT au Mandingue ou à l'Ashanti, que de nuances! Dans l'Afrique australe, les Boschimans sont plutôt jaunes gris que noirs. Au Gabon, les «Jbongos de du Chaillu sont d'un jaune sale. Parmi les Mdkololos de Livingstone et les Fans de l'intérieur vus par Burton, beaucoup étaient café au lait, à moins que ce ne soit par comparaison avec les tribus environnantes plus foncées.

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