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TYPE TSIGANE

grande analogie avec les langues de l'Hindoustan. Ce peuple aurait quitté son pays natal à une époque reculée, disent les uns, à une époque où les dialectes modernes étaient déjà formés, vers l'an 1 100, dit von F. Miklosich. 11 descendrait de l'une des nombreuses tribus errantes que Ton voit dans l'Inde. Son type est certainement européen.

Les Tsiganes ont le teint plus ou moins basané, les cheveux noirs de jais et les yeux noir foncé, le visage allongé, étroit à la hauteur des pommettes, le front étroit et fuyant, le nez modérément saillant, mais à dos aigu, jamais aplati, l'intervalle orbiiaire plutôt étroit, un peu de prognathisme, la bouche petite, les dents blanches et non sujettes àlacarie(Blumenbach). Ils sont sur la limite de la mésaticéphalie et de la sous-dolichocéphalie et leptorhiniens. Leur capacité cérébrale est faible. M. Koperniçki a comparé les crânes tsigane et hindou et leur a trouvé des différences légères et beaucoup de ressemblances (i). M. Abel Hovelacque en admet deux types, Vun fln, au visage plus allongé, plus ovale, aux traits plus concentrés, au nez plus aquilin ; l'autre grossier, aux traits plus ramassés, au regard moins perçant ; tous deux, pense-t-il, auraient existé dès leur point de départ dans l'Hindoustan (2).

Le type iranien est représenté par les Tadjicks de la Perse, les Parsis, les Arméniens, les Kourdes, les Géorgiens, les Ossètes et les Afghans bruns. Sa plus haute expression se rencontre chez les premiers. Les Tadjicks ont une taille moyenne, un visage long et ovale, des traits réguliers; leur front est large et élevé, leurs yeux grands et ombragés de noirs sourcils, leur nez proéminent et droit ou recourbé, leur bouche grande et les lèvres fines, leur teint blanc-rosé, leur système

(1) \o\r Revue d'anthropologie, vul. II, p. 161.

[2) Idem, vol, m, p. 234.

pileux abondanl partout le corps, leurs cheveux droits et noirs, leurs barbe et moustaches noires aussi, longues, fournies et bien plantées. Tous les auteurs, excepté Chardin et Tavernicr, s'accordent à en faire un très-beau type (1).

Le type celte est motivé par les affirmations des auteurs anciens.

Sous le nom de Celtes se sunt produites quatre acceptions qui ont jeté quelque confusion dans la science. Les linguistes désignent par là les anciens peuples parlant la langue celte que l'on retrouve aujourd'hui en Irlande, dans le Cornouailles, dans le pays de Galles, dans l'île de Man, en Ecosse et en Bretagne, mais qui était très-répandue jadis et fut la première détachée de la souche mère en Asie. Les archéologues, de leur côté, appellent ainsi les constructeurs de dolmens pendant l'époque de la pierre polie et les importateurs du bronze en Europe. Dans la pensée des deux, les Celtes forment le premier ban d'envahisseurs venus de l'Orient. Un certain nombre d'historiens anciens confondent ensuite sous cette dénomination tous les peuples de l'Europe occidentale et centrale, y compris les Iles-Britanniques, parmi lesquels les Galli, Gaëls, Gaulois, Gallois, Gaiates, les Kymris, Belges, Cimbres, Cimmér.iens, les Calédoniens, Firbolgs, Bretons, etc. Enfin, il y a l'acception géogra[ihique précise, la seule à conserver.

« Le nom de Celtes, dit Diodore de Sicile, appartient aux peuples qui habitent au-dessus de Marseille dans l'intérieur. » « La Gaule, dit César, est divisée en trois parties, occupées, l'une par les Belges, l'autre par les Aquitains et la troisième par des peuples qui se donnent, dans leur langue, le nom de Celtes. » Cette dernière a, d'ailleurs, été appelée Celtique par presque

(1) Ethnographie de la Perse, Paris, 1866. In-4», par M. de Khanikoff.

tous les historiens et nettement circonscrite entre la Seine, la Garonne, la mer et les Alpes.

Jlais de quels éléments se composait cette population de la Gaule centrale? En premier lieu, de la race contemporaine de

Fig. 47. — Tj-pe coite. Crâne d'Auvergnat (emprunté au Mémoire sur la race celtique de M. Broca).

la pierre taillée bien diminuée, et de celle venue ensuite, qu'on retrouve dans les dolmens de la Lozère, toutes deux dolichocéphales, la dernière moins que la première ; en second lieu, des derniers envahisseurs arrivés de l'Orient en nombre assez considérable pour qu'en certains lieux leur type soit devenu prédominant. Les Celtes, ainsi compris, étaient différents des Gaulois du nord mieux connus des Romains à cause de leur turbulence. Ce furent eux, cependant, qui tinrent haut et ferme le drapeau de l'indépendance nationale sur les hauteurs d'Alésia et c'est là qu'il faut en rechercher les restes. Une autre considération le montre. La langue des Celtes n'est plus guère parlée en France aujourd'hui que dans la Bretagne, sous

le nom d'armoricdin, de bas-breton ou de breizad. Les habitants de la Celtique, dit Strabon, se distinguent de ceux de l'Aquitaine par leur langue aussi bien que par leurs caractères physiques. 11 y a donc quelque raison de considérer les Bas-Bretons comme des Celtes anthropologiqucment. Effectivement, ils ont les mêmes caractères craniomètriques que les Auvergnats, mitigés par le voisinage des Gallots-Bretons formés en partie de populations revenues de la Grande-Bretagne vers le cinquième siècle et originaires, quelques siècles auparavant, de la Belgique. Celte démonstration est due à M. Broca. Le nom de l'Arverne Vercingétorix est celte. Le type des Auvergnats est donc celui des Bas-Bretons, mais plus pur, et sous tous les rajtporls on peut les accepter comme les représentants actuels les mieux accusés du vieux type celte.

Les Auvergnats sont moins grands que les Belges et autres Gaulois du Nord, leurs cheveux sont bruns ou châtains foncés, leurs yeux gris, verdàtres, de nuances moyennes en un mot. Leur brachycéphalie est de 84.07 en moyenne dans la série de Saint-Nectaire étudiée par M. Brora. Leur crâne est plus élevé que celui des Kymris, leur capacité crânienne notablement plus forte que celle des Parisiens. Leur front est large et plein, quoique le crâne antérieur soit moins développé relativement au postérieur que chez ces derniers ; leur occiput, quoique bien arrondi, tombe droit. Leurs crêtes sourcilières sont très-développées. Leurs arcades zygomatiques regardées suivant la norma de Blumenbach sont parmi les plus cachées qui se rencontrent, d'où, chez un grand nombre, un angle pariétal négatif. Ils ont la face large dans des proportions harmoniques avec le crâne et sont leptorhiniens et non prognathes. Ils sont robustes de corps, bien musclés et ont des membres forts et trapus (1).

(i) La Race celtique ancienne et moderne ; Arvernes et Armoricains. Auverguals elBas-Bretons,;par P. Broca, in /?evued'an//ir., l. II, 1S75.

Ainsi en France se rencontrent : 1" au Nord, le type blond, plus particulièrement représenté en Picardie et s'étondant dans les Ardennes (Wallons) sur la frontière belge, dans la Champagne, dans la Bourgogne. Les Gaulois figurés sur le tombeau romain de Jovinus à côté de la cathédrale de Reims en sont un bon exemple ; 2° au centre, le type celte ci-dessus, et 3° au Midi, plusieurs types dont l'un, très-brun et complexe, se rencontre dans l'ancienne colonie phocéenne de Marseille, un autre que représenterait le type basque et un troisième pour le moins dont la meilleure expression est peut-être au-delà de nos frontières, peut-être vers les Canaries; suivons-le de ce côté.

Le type berber est répandudans toute l'Afrique septentrionale du golfe de Tripoli à TOcéan, des confins méridionaux du Sahara à la Méditerranée et y est représenté par les Touaregs, les Kabyles, les Berbers, les M'zabites et les Shulahs. Il s'étendait jadis jusqu'aux Canaries sous le nom de Guanches ; il y a même de fortes présomptions qu'il a empiété sur TEurope méridionale et que le fond commun le plus ancien de la péninsule Ibérique, du bassin de la Garonne et des îles de la Méditerranée, est berber.

Sa taille est au-dessus de la moyenne, 1",G8. 11 est bien proportionné, mais moins sec, plus musculeux et moins dégagé que l'Arabe. Sa peau, blanche dans l'enfance, brunit promptement au contact de l'air. Ses cheveux, noirs et droits, sont assez abondants; sesyeuxsontbrunsfoncés. Il est dolichocéphale (74.4), leptorhinien sans excès (44.3) et orthognathe modéré (81°, 8). Son visage est moins allongé et à contour ovale moins régulier que celui de l'Arabe. Son front droit présente à sa base une dépression transversale, ses crêtes sourcilières sont assez développées, son nez est échancré à la racine, souvent busqué sans être aquilin, quelquefois oblique en avant et se relève à la base

TYPE BERBKR.

de façon à laisser voir de face le dessous des narines. Ses oreilles sont écartées de sa tète.

Un vif sentiment de l'égalité, de la charité, de sa propre

Fip. JS. — Type berber, Knbyb; du Djurjura ((.•ollcctioii du colonel Duhoussct),

dignité et de sa liberté individuelle, un grand besoin d'activité, l'amour du travail, l'économie, l'attachement à ses foyers sont ses caractères moraux. Il est musulman par accident.

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