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CHAPITRE XVIII

MONOGÉNISMC DE M. DE QL'ATREFAGES. — POLYGÉNISME d'AGASSIZ. — TRANS- FORMISME DE LAMARCK. — SÉLECTION DE DARWIN. — APPLICATIONS A l'homme, sa généalogie, sa PLACE DANS LA NATURE.

La conclusion générale qui précède sur le rang de Thomme dans la série des mammifères et sur le titre de ses races ne préjuge rien, en effet, des autres problèmes qu'implique la connaissance de cet homme. Peu importe qu'à un moment quelconque, plus tôt ou plus tard, les types physiques aient été des genres, des espèces ou des variétés et qu'il en soit encore ainsi; ce que les philosophes ont le plus de curiosité à connaître, c'est comment ils ont pris naissance : tout à coup, spontanément, de toutes pièces ou {irogressivement, naturellement, aux dépens des choses préexistantes.

A l'origine, les naturalistes et les anthropologistes se préoccupaient peu de toutes ces questions; ils travaillaient sans prêter l'oreille aux dogmes enseignés en dehors de leur sphère, leurs synthèses se maintenaient dans des régions tempérées. La science des faits progressant, il leur fut cependant impossible de se désintéresser toujours de ces vues élevées qui ont valu à Newton, à Humboldt une si haute renommée et que l'on n'interdit dans aucune autre branche des connaissances humaines.

Deux courants donc se produisirent, aboutissant à deux doctrines difTérentes sur l'origine de l'homme : l'une orthodoxe, monogéniste, affirmant que toutes les races humaines dérivent

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d'une même souche et ont été produites par l'influence des milieux dans le court espace de temps écoulé depuis la création du monde suivant la version biblique ; l'autre révolutionnaire, polygéniste, prouvant que ce laps de temps est insuffisant, que, dans les conditions actuelles et sous nos yeux, les types sont permanents et, par conséquent, qu'ils ont dû être multiples dans le passé.

Mais l'horizon aujourd'hui a changé ; il ne s'agit plus de 5876 ans, mais d'un nombre incalculable de siècles, et ce qui était faux dans le premier cas peut être vrai dans le second ; c'est au télescope qu'il faut chercher à présent l'origine de l'homme.

Voyons donc avec détails les principales doctrines en présence.

Nous ne dirons rien des métaphysiciens dissertant sur l'essence de l'homme, l'harmonie préétablie du corps et de l'esprit, ou l'intervention intelligente de la nature, ni des philosophes d'un ordre plus élevé. La citation suivante fera exception. « Dans le cours nécessaire des choses, disaient Epicure et Lucrèce, toutes les combinaisons possibles s'effectuent tôt ou tard, au milieu de conditions complexes qui tantôt les favorisent plus ou moins et tantôt au contraire les contrarient ; en sorte que les résultats sont aussi variables que peut Tètre, suivant le temps et les lieux, le concours de ces conditions (1).»

Nous passerions volontiers aussi sous silence les explications qu'on retrouve à la base de tous les systèmes religieux, si l'un d'eux, le nôtre, n'avait été discuté par des anthropologistes éminents. En ce qui concerne le livre de la Genèse, tel que nous le connaissons par la compilation d'Esdras à la suite de la captivité de Babylone, deux opinions sont en

{l)Surle transformisme, par M. Paul Broca, in Bull. Soc. anthrop., 2e série, t. IV, 1870.

MONOGÉNISME. 34S

présence. Les uns, sans cesser de se croire parfaitement orthodoxes, afiirment qu'il n'y est question que des peuples sémites et en particulier des Juifs ; ils renouvellent les arguments sur lesquels, dès 16S5, Isaac de la Peyrère avait fondé sa doctrine des l'réadamites (I), rappellent, par exemple, que Dieu marqua Caïu d'un signe « afin que cfux qui le rencontreraient ne le tuassent pas, » et font remarquer que dans le chapitre VI de la Genèse, les enfants de Dieu sont représentés comms les races d'Adam, et les enfants des hommes, comme des races non adamiques. (Ces Préadaraites, suivant M. Staniland Wake, étaient dolichocéphales , tandis que les Adamites étaient hrachycéphales). Les autres, radicaux dans leur orthodoxie, déclarent au contraire que toutes les races descendent primitivement d'un seul couple, Adam et Eve, et consécutivement de trois couples sauvés d udéluge ; que toutes les espèces animales dérivent d'autant de couples sauvés en même temps; que l'influence des milieux commença alors et que la diversité des langues vint «nsuite. Mais Linné avait des scrupules, il s'inquiétait de la nature exceptionnelle de la contrée qui avait pu subvenir aux besoins divergents d'espèces zoologiques aussi opposées que l'ours polaire et l'hippopotame des tropiques. Prichard répondit qu'il s'agissait de surnaturel et, dès lors, qu'un peu plus ou un peu moins n'y changeait rien. C'est ce qu'il faut lépéter à ceux qui discutent si Adam était blanc, noir (Prichard) ou roux (Eusèbe de Salles).

Passons aux doctrines scientifKiues. Tout d'abord se présente celle de M. deQuatrefages,qui, sans se laisser distraire par des influences étrangères a la science, défend avec conviction l'unité de l'espèce humaine tout en acceptant sa très-haute antiquité.

(1) Prœadamilœ, par Isaac de la Peyrere. Ed. Elzevier. Amsterdam,

â46 POLYGEMSME.

Pour lui, les espèces zoologiques sont ininiuables dans leur type physique et délimitées dans leur circonscription par leur caraclèie d'huniogcnésie dans leur sein et d'hétérogénésie en dehors. I,es races humaines ne sont que des variétés dues à l'influence des milieux et des croisements et se réduisent à un petit nombre de types descendant tous d'une même souche. L'homme aurait été créé, à l'origine, dans des conditions inconnues, par rintervention d'une force étrangère ou d'une volonté suprême. M. de Quatrefages n'admet donc qu'une seule espèce humaine, et par déférence pour son rang élevé et pour sa caractéristique qui serait la religiosité, il lui accorde une place à part dans la série zoologique, sous le nom, proposé par Isidore Saint-Hilaire, de règne humain.

Les diverses, propositions de cette doctrine ont été examinées dans le cours de cet ouvrage. Rappelons seulement que la religiosité n'est réellement pas spéciale à l'homme et que parmi les hommes, individus ou races, beaucoup ne la possèdent pas; que l'influence des milieu.\ est faible et n'arrive passons nos yeux, et dans l'état actuel des choses, comme disait Geofl'roy Saint- Hilaire, à produire un caractère physique nouveau transmissible; que la fécondité exclusivement entre individus de la même espèce n'est pas le critérium de l'espèce; et enfin, que l'intervalle qui sépare physiquement les types humains principaux est égal à celui qui sépare et détermine les espèces en zoologie, sinon quelquefois plus grand.

L'origine des espèces, professait Agassiz, se perd dans la nuit du premier établissement de l'état actuel des choses. Les espèces ne sont pas rigoureusement fixées dans leurs limites, ni déterminées par la faculté des individus de ne se féconder qu'entre eux. Les races humaines diffèrent autant que certaines familles, certains genres ou certaines espèces. Elles sont nées d'une façon indépendante, en huit points différents

du globe ou centres qui se distinguent aussi bien par leur faune que par leur flore propre. Agassiz admettait néanmoins l'intervention, à toutes les phases de l'histoire de la terre, d'une volonté supérieure opérant en vertu d'un pian preconru.

La troisième de ces propositions, de la part d'un naturaliste aussi universel, acquiert un poids considérable et s'accorde avec nos conclusions comme anthropologiste. Quant à ses centres de création qu'il appelle royaumes [rcalm) , leur localisation particulière n'est justifiée que pour quelques-uns par la flore et la faune générales, mais pas par l'homme : tel est le royaume australien. A son royaume arctique, si légitime en apparence, il y a l'objection qu'il est entièrement peuplé, aujourd'hui, d'hommes et d'animaux immigrés et que jadis ses conditions d'existence se retrouvaient identiquement au centre de la France.

La doctrine de M. de Quatrefages est le monogénisme classique qu'il faut distinguer du monogénisme nouveau, dont nous parlerons tout à l'heure ; celle d'Agassiz est un polygénisme spécial. Les deux se touchent en ce qu'elles cherchent le secret de la formation de l'homme en dehors des lois naturelles connues qui régissent l'univers. Il en est autrement de la doctrine suivante.

C'est le transformisme; elle est d'origine française. Quoique de Maillet et Robinet en aient esquissé quelques traits, l'honneur tout entier en revient à M. Lamarck (I).

L'esj.èce, écrivait Lamarck en 1809, varie à l'infini et, considérée dans le temps, n'existe pas. Les espèces passent de l'une à l'autre par une infinité de transitions dans le règne animal comme dans le règne végétal. Elles naissent par voie de trans-

(I) Philosophie zoologique, par J.-B.-A. Lamarck, professeurde zoologie au Muséum. Paris, UU9, 2 vol.

formation ou de diveri^'ence. En remontant la suite des êtres, on arrive ainsi à un petit nombre de germes primordiaux ou monades, venus par génération spontanée. I/liomme ne fait pas exception, il est le résultat d'une transformation lente de certains singes. L'échelle à laquelle on comparait auparavant les règnes organiques n'existe, dit-il, que pour les masses principales. Les espèces, au contraire, sont comme les extrémités isoléesdes branches et des rameaux formant chacune de ces masses.

Cette hypothèse grandiose est issue du cerveau de Lamarck dans un temps où manquaient encore la plupart des connaissances en histoire naturelle, en paléontologie et en embryologie qui depuis l'ont éclairée d'une si vive lumière. Rien n'a été ajouté au principe, les voies et moyens de transformation ont été discutés, des faits d'observations ont été apportés, des listes généalogiques des êtres, proposés. Mais le fond est demeuré intact en France, comme en Angleterre, comme en Allemagne. Lamarck, devançant son temps et résistant à son milieu, fut un homme de génie.

Les voies et moyens de Lamarck se résumaient en une phrase : l'adaptation des organes aux conditions d'existence. Le changement dans les circonstances extérieures, disait-il, oblige l'animal mis en présence d'animaux plus forts, ou de conditions de vie nouvelles, ù contracter des habitudes différentes qui produisent une suractivité dans certains organes, une diminution ou un défaut d'exercice dans d'autres. En vertu de la loi physiologique inhérente a tout organisme, que l'organe ou certaine partie de l'organe diminue ou augmente en proportion du travail qu'il fournit, ces organes arrivent à se modifier et à se conformer aux conditions nouvelles. La puissance intérieure de l'organisme dépendant de la fonction générale de nutrition qu'il évoquait est en eflfet immense. Les besoins que provoquent les changements extérieurs la mettent en jeu.

La doctrine dans son entier, son principe surtout devançait trop son heure pour avoir le succès qui lui était dû. Cuvier prit la défense des idées orthodoxes et n'eut pas de peine à l'étouficr au berceau, Cuvier qui riait de la fondation de l'Ecole normale et du titre d'élève honoraire que la Convention avait décerné .î Lacépède. Néanmoins elle fit des adeptes : Poiret, Bory de Saint-Vincent, Geoffroy Saint- Hilaire en France; Treviranus, Oken, Goethe à l'étranger. Geoffroy Saint-Hilaire surtout s'en fil le champion dès Tannée 1818 et insista particulièrement sur leseifets immédiats des milieux sur le corps. Cuvier une seconde fois reprit la parole; il soutint sa propre doctrine des révolutions périodiques de la terre, du renouvellement chaque fois de la flore et de la faune, et de Tinlcrvontion incessante et miraculeuse d'une volonté créatrice. la lutte de ces deux puissants génies se mêlait au mouvement qui allait aboutir à la révolution de 1830. Finalement, l'autorité eut l'avantage et le transformisme fut vaincu en France. Mais le nombre de ses prosélytes augmentait au loin. La dernière œuvre de Goethe fut en sa faveur. Les botanistes surtout épousaient la nouvelle doctrine : W. Herbert, P. Mathews, Lecoq, Hooker, Rafinesque, Naudin ; puis les géologues: Omalius d'Halloy, Keysserling, et d'autres savants: L. Buch, Schaafhauser. Herbert Speucer. Lyell avait déjà déblayé la voie en sapant la théorie des catastrophes périodiques du maître. .Mors parut Charles Darwin en I8b9.

Ce grand naturaliste n'avait pas été vivement frappé des vues de Lamarck. Ses idées lui vinrent personnellement pendant son voyage autour du monde sur le Bcngle (1). De retour à Londres six ans après;, il observa les résultats qu'obtenaient les éleveurs

(t) Voyage d'un naturalislp aittùur du monde, à bord du navire le Beagle, de J851 à I8"G, par Cli. Darwin. Trad. de E. Darbier. Heiuwald.

sur les animaux et se livra lui-même à des expériences, particulièrement sur des pigeons. La sélection artificielle le préoccupait beaucoup, lorsqu'un jour il tomba sur le livre de la Population de Malthus. Ce fut un trait de lumière, le mot qui devait faire la fortune de sa théorie était trouvé : le Slruggle for Ufe ou la lutte pour Tcxistence.

Par une singulière concordance, un autre savant anglais, Richard Wallace, qui habitait la Alalaisie, lui adressait au même moment un mémoire appuyé de faits dans lequel les mêmes idées étaient exposées. Mais M. Wallace, à peine engagé recula devant les conséquences de ses travaux, lorsqu'il s'aperçut qu'elles s'appliquaient forcément à l'homme. M. Ch. Djrwin alla jusqu'au bout au contraire, et c'est ajuste titre que ses compatriotes ont donné à sa théorie le nom de darwinisme, théorie qui se doit détinir ainsi : La sélection naturelle par la lutte pour l'existence, appliquée au transformisme de Lamarck.

On sait que les éleveurs d'animaux et les horticulteurs obtiennent presque ù volonté les formes nouvelles qu'ils désirent en choisissant dans une même espèce, puis parmi les rejetons d'un premier croisement, ceux des croisements suivants et ainsi de suite, les individus possédant au plus haut degré la déviation voulue; une espèce nouvelle se développe ainsi, se fixe avec de la persévérance. Les divergences du type primitif qu'on obtient sont inouïes, elles portent sur la couleur, la forme de la tète, les proportions du squelette, la configuration des muscles, et jusqu'aux mœurs de l'animal. Sir John Sebright s'engageait à produire en trois ans telle plume donnée sur un oiseau, et en six ans telle forme de bec ou de la tète. C'est là toute la sélection artificielle, comme elle s'opère par la main intelligente de l'homme sur des animaux réduits à l'état de domesticité. Mais le même résultat se produit-il quelquefois et naturellement sur les animaux sauva°res? M. Darwin l'affirme

ÏIIA.NSFORMISME. 351

i.'ii substituant à la main de rhoiiime les hasards dérivant de la concurrence vitale.

La concurrence est une loi générale de l'univers; elle se produit entre les forces physiques, entre l(;s êtres des deux régnes, entre les hommes, entre les peuples. Sous le nom de lutte- pour l'existence elle est même utile ; sans cela rencombrement ne tarderait pas à se faire à la surface du globe. On a calculé qu'un seul couple d'éléphants, le plus lent de tous les animaux à se reproduire, engendrerait, en l'absence de toutes entraves, quinze millions de petits en cinq-cents ans. Derham, cité par Boudin, parle d'une femme qui mourut à quatre-vingt-treize ans ayant douze cent cinquante-huit enfants, petits-enfants ou arrièrcpetits-enfants. Mallhus a établi ([ue la population croît en raison arithmétique, tandis que les ressources n'augmentent qu'en raison géométrique. Partout règne la loi du plus fort ; les gros dévorent les petits; les mieux protégés par leur organisation, les mieux doués par leurs moyens d'attaque ou de résistance aux agents extérieurs survivent davantage; plus nombreux et vivant plus longtemps, ils se multiplient et font souche de préférence aux moins favorisés.

La variabilité spontanée est un autre élément de la théorie darwinienne. Deux individus d'une môme espèce ou d'une même famille ne se ressemblent pas absolument, ils diffèrent j)ar des caractères sans valeur ou des caractères qui leur donnent un avantage dans la lutte avec ceux dont les besoins sont les mêmes ou vis-à-vis des conditions de milieux et de subsistances de toutes sortes. L'animal qui a une couleur protectrice, c'est-à-dire semblable au terrain sur lequel il fuit, échappera mieux à la dent de S(;s ennemis. Il y a dans les ouvrages de Darwin un exemple de papillons bien cuiieux dans ce genre. L'animal à la fourrure plusépaisse sera favorisé aux pôles, celui à la peau glabre à l'équateur. Par conséquent tout avan-

tage acquis dès la naissance, et par cela même plus facilement transmissible, metrindividu dans des conditions meilleures de résistance aux causes de destruction et de stérilité.

Il s'ensuit que certains individus seront comme triés, choisis, par un procédé naturel qui remplace l'action de l'homme dans la sélection artificielle ; et que, précisément, ces individus seront ceux qui s'écartent le plus des autres par quelque caractère nouveau. Le fait se répétant pendant plusieurs générations, les divergences s'accentuent, la tendance à l'hérédité augmente et des types se forment de plus en plus éloignés du point de départ.

Il en résulte aussi que, partout oti se montrera un ensemble de conditions permettant à une divergence de se développer sans être étouffée par des divergences rivales, il y aura une place à prendre dans la série des êtres et la possibilité de formation d'une espèce zoologique pour l'occuper.

L'une des différences entre la sélection artificielle et la sélection naturelle est dans le temps qu'elles demandent pour confirmer une transformation. Dans la première, rien n'est laissé au hasard, les choses vont vite, mais aussi les types sont mal fixés et reviennent aisément au type primitif; dans la seconde, c'est par siècles qu'il faut compter, le hasard intervenant aussi bien pour détruire ce qui est commencé que pour le compléter ; en revanche, les résultats une fois obtenus sont plus stables.

Entre les moyens exposés par Lamarck et par M. Gh. Darwin, il y a de grandes différences. Pour le premier, le point de départ de la transformation est dans le milieu extérieur qui modifie la façon de vivre et crée des habitudes nouvelles, des besoins qui amènent un changement dans la nutrition et la structure des organes; pour le second, le point de départ est dans la supériorité que procure à l'individu un avantage quel-

conque dans la lutte quotidienne. Pour Lamarck, la variation s'opère graduellement dans le cours de Texistence ; pour M. Darwin, elle apparaît spontanément, à la naissance ou mieux durant la vie embryonnaire.

Au procédé de la sélection par la concurrence vitale, M. Darwin ajoute la sélection par la concurrence sexuelle, qui dépend de la volonté, du choix et de la vitalité des individus et modifie surtout les mâles (i).

Les Allemands, qui ont épousé la cause du transformisme avec ardeur, particulièrement M. Hœckel, acceptent les deux ordres de moyens ; ils donnent à ceux de l'école française, comprenant les changements de vie et d'habitudes, d'alimentation et de milieux, le dressage, l'excès ou le défaut d'exercice des organes, le nom de phénomènes d'adaptation directe, et réservent à ceux de l'école anglaise, c'est-à-dire aux caractères congénitaux, le nom de phénomènes d'.'/^/f//j/fl//on indirecte.

On a cherché s'il n'y aurait pas d'autres procédés de formation des espèces. Dans la doctrine de M, Darwin, le caractère nouveau préexiste dans le germe et dépend de l'intluence des parents, même avant la conception. Pour Geoffroy Saint- Hilaire, l'action des milieux ne se borne pas à s'exercer sur l'individu dans le cours de l'existence, elle peut se faire sentir également sur le germe en voie de développement, et produire des variétés, quelquefois des monstruosités. Telle serait l'origine de la race des bœufs gnatos de la Plata.

Dans les procédés ci-dessus, il n'est question que de transfurmalions lentes, il pourrait aussi y avoir des transformations brusques. « Un accident qu'il ne m'appartient pas de carac-

1) La D scendance de l'homn\e et la Sélection sexuelle, par Ch. Darwin. Trad. franc., 2"= édit.; Paris, 1875. Voir aussi: L'O'igine des espèces et De la variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication, du même.

tériser, écrivait E. Geoffroy Saint-Hilaire, petit clans sa production originelle, mais d'une importance incalculable quant à ses effets, a pu suffire pour changer le type inférieur des vertébrés ovipares en type ornithologique. » Le procédé do M. KoUiker serait également un accident. Prenant pour point de départ les divers degrés de la généagenèse et la succession des formes dans le développement embryonnaire, il pense que les êtres peuvent en engendrer d'autres, séparés de leurs parents par des caractères d'espèce, de genre et même de classe. Il se base sur ce qui a lieu parfois dans les formes inférieures et suppose, pour les supérieures, qu'un œuf normal peut dépasser le terme de son développement ordinaire et donner naissance à une organisation plus élevée.

Ces théories et procédés concernent les deux règnes organiques. Les limites de cet ouvrage ne permettent pas de les discuter, et nous devons nous restreindre à l'homme. S'appliquent-ils à lui? Evidemment oui, ou bien elles sont fausses; les lois sont unes.

Les Primates, avons-nous dit dans l'anthropologie zoologique, forment un groupe naturel de l'ordre des mammifères, grâce à un certain nombre de caractères communs. Mais dans leurs familles, s'observe une gradation de types qui vont en se perfectionnant de bas en haut : les lémuriens, d'abord, donnant la main aux insectivores, aux chéiroptères ou aux marsupiaux,- les cébiens ensuite, dont plusieurs genres se relient aux lémuriens ; les pithéciens enfin, dont quelques sujets rappellent les cébiens. Après quoi, séparés par un intervalle sensible, apparaissent les anthropoïdes et l'homme; les anthropoïdes, dont un, le gibbon, pourrait, à bien des égards, être rejeté avec les pithéciens, tandis que les trois autres ressemblent plus ou moins par tous leurs caractères à Thomme. Parmi leurs difiérences avec l'homme, il va d'abord des nuances tenante l'at-

TRANSFORMISME. 55o

titiido fiaiiclioinent verticale de ce dernier et à ce que son pied et sa main sont plus r.adicalement adaptés à leurusagerespeclif ;puis le volume du cerveau, trois fois plus gros chez rhomnn?, ce qui entraîne une activité triple de cet organe et un développement proportionné de toutes ses fonctions: langage, observation, jugement, etc. La gradation, d'une part, de certains marsupiaux ou insectivores aux lémuriens et deceux-ci à riiomme, en passantpar les anthropoïdes, el la supériorité, d'autre part, de certaines races d'hommes sur ceitaines autres, ne peuvent donc être mises en doute. Chaque degré ou famille est comme une étape où se repose la force progressive d'évolution pour mieux s'irradier dans son sein et reprendre son élan. Lorsque Lamarck. sui)posait l'homme issu du chimpanzé, il avait donc ses raisons.

Les organes rudimentaires chez l'homme, ou vestiges d'organes parfaitement inutiles, comme l'appendice iléo-cœcal, qui existent bien développés dans d'autres espèces, parmi les mammifères, et l'apparition insolite d'organes, comme les mamelles supplémentaires , ou de dispositions particulières aussi à d'autres espèces, fournissent de nouveaux arguments en faveur de la dérivation. .Vucune autre hypothèse ne les explique. Ce sont des phénomènes d'atavisme, des réminiscences lointaines, des faits de réversion (voir p. 134).

L'embryologie est favorable aussi à la doctrine (voir p. 187). « La série des formes diverses que tout individu d'une espèce quelconque parcourt, dit M. Hieckel, à partir du début de son existence est simplement une récapitulation courte et rapide de la série des formes spécifiques multiples par lesquelles ont passé ses ancêtres, les aïeux de l'espèce actuelle pendant l'énormedurée des périodes géologiques (l) ». Lue série de cas tératologiques rentrant dans les arrêts et même dans les perversions de déve-

(I) Histoire de In création des êtres organisés d'après les lois naturelles, pur E Ila-t-kel. Trad. française. Paris, 1874.

loppement de l'embryon sont ainsi expliqués. Le bec de- lièvre, la bidactylie, la microcéphalie, sont comme des hésitations du principe d'évolution, des efforts de sa part à s'arrêter où il en est resté dans des formes antérieures, ou à marcher dans d'autres directions précédemment suivies.

La paléontologie humaine ne remonte pas assez loin pour qu'on y trouve des arguments, il faudrait dépasser la période dernière ou quaternaire. Le- plus ancien fossile humain de cette époque est du reste assez favorable à l'idée d'une dérivation de l'homme de l'anthropoïde.

Les preuves directes manquent au transformisme. En ce qui concerne l'homme, c'est certain, mais lespreuves de sentiment, comme disait Geoffroy Saint-Hilaire, ou mieux d'analogie, abondent. Le transformisme s'impose comme une nécessité, tout est « comme si » les choses s'étaient ainsi passées. Du reste, ou l'homme est né de rien, par enchantement, ou il provient de ce qui existait déjà. Mais que penser des moyens?

Ceux d'adaptation directe des organes aux conditions de vie sont si rationnels, ils sont si conformes aux lois générales de la physiologie qu'il serait imprudent de les rejeter définitivement. Sans doute on n'a jamais vu le blanc se changer en noir, les cheveux lisses en crépus; mais par le temps, en passant par des races intermédiaires produites par les croisements, il n'est pas prouvé que le fait n'ait pas lieu. Nous sommes trop exigeants, Prichard voulait que des blancs apparussent spontanément parmi des nègres ; tous ses arguments péchaient en ce quil négligeait absolument les déplacements subis par les races. Mais il n'est pas prouvé que .ses aspirations, mieux défendues, ne finiraient pas par se confirmer.

Le cerveau augmente de volume, et ses circonvolutions de richesse, par le degré d'activité dont ils sont le siège, suivant les individus, entraînant à leur suite une série de caractères

craniologiques subordonnés. La nutrition et les circonstances de milieux peuvent égaleniont faire varier la taille, les proportions du corps et la coloration, chez li-s individus. La foncUon fait rorgane de Lamarck, est une vérité démontrée. Lorsqu'un muscle est paralysé, il s'atrophie, les éminences osseuses auxquelles il s'insère disparaissent, le squelette se déforme. Chez les amputes les nerfs devenus inutiles s'atrophient progressivement de leur extrémité àleur point central danslecervcau(Luys). Le tube digestif se dilate et le ventre augmente chez les gros mangeurs de matières herbacées. Toute la difficulté est dans la transmission du caractère individuel acquis; évidemment, les faits font défaut ici. Il n'est pas prouvé cependant que la tribu des Akkas ne doive pas la petitesse de sa taille à l'hérédité lixant des caractères accidentels. Si les albinos sont aussi communs parmi les Monbouttous que l'indique le docteur Sweinfurth, on peut se demander si un jour, les circonstances favori- .sant. il ne surgirait pas là une espèce nouvelle. Si quelque catastrophe faisait que dans ce pays la température et la radiation solaire s'abaissassent subitement, beaucoup mourraient, mais les survivants auraient plus de chance de réussir. Si dans la polydactylie, les croisements en dehors de la famille ne venaient pas contrarier l'hérédité, la transmission, bornée à cinq générations dans les faits jusqu'ici signalés, irait certainement au delà.

Passons aux moyens d'adaptation indirecte de M. Darwin. La concurrence vitale est une vérité qu'il ne faut pas confondre avec la sélection. Elle existe en dehors des applications qu'on en peut faire entre individus comme entre sociétés, comme entre races. Sous nos yeux les races inférieures dans le conflit s'éteignent: les Charmas, les Caraïbes, les anciens Californiens, les Tasmaniens ne sont plus; les Australiens, les Négritos, les Esquimaux vont les suivre; les Polynésiens, les Indiens de l'Amérique vien-

drontaprès, ils n'ont de chance de survie que parles croisements. Les races supérieures, au contraire, prospèrent et se multiplient. Le moment est facile à prévoir où les races qui aujourd'hui diminuent Tintervalle entre l'homme blanc et l'anthropoïde auront entièrement disparu. 11 n'y a rien de mystérieux dans cette extinction, le mécanisme en est tout naturel (voir p. 435). Le résultat, en somme, c'est la survivance des plus aptes, au profit des races supérieures. Mais jadis, en Australie, en Malaisie, en Amérique, en Europe, les termes n'étaient plus les mêmes. Ces mêmes races qui aujourd'hui succombent, étaient supérieures relativement à d'autres, qui ne sont plus. Les Australiens d'à présent que nous regardons avec nos yeux comme si sauvages, ont une civilisation appropriée à leur milieu, une certaine organisation sociale, par rapport aux restesdes Ncgritos, par exemple, de l'intérieur des Philippines. Nous croyons avoir prouvé que jadis ils ont exproprié une race nègre inférieure à eux, comme aujourd'hui nous les exproprions ; les indigènes errants de IWus tralie occidentale décrits par Scott Nind en sont les restes.

Dans nos pays, les races du Périgord, disparues ou noyées devant les races brachycéphales venues de l'Orient, et blondes venues du Nord, ont joué le même rôle vis-à-vis des races antérieures du Néanderthal, comme celles-ci ont fait à l'égard probablement des races miocènes de Thenay et de Saint-Prest.

Ces extinctions successives qui laissent voir des séries de générations, des couches de races se succédant et se remplaçant, de plus en plus perfectionnées, n'est-ce pas la sélection par la concurrence vitale de M. Darwin? Mais où est le caractère qui donne l'avantage dans la lutte?

Chez les animaux et aux premiers âges de l'humanité, l'avantage qui permettait le mieux de se défendre contre les autres êtres vivants et contre les changements de milieux, était nécessairement d'ordre physique : une vue perçante, un odorat plus

subtil, des muscles plus vigoureux, une constitution s'adaptant mieux au froid ou au chaud, à l'atmosphère des marais ou à certaines alimentations. Si l'homme s'acclimate passablement aujourd'hui, il ne faut pas oublier qu'il le doit en partie aux procédés qu'il met en œuvre ; jadis il fallait qu'il succombât ou que son corpsse modifiât (nous parlons ici de racclimatement brusque surtout). .Mais dés que les sociétés se formèrent, et que la force morale eut pris sa légitime suprématie sur la force brutale, l'avantage changea de terrain, il resta aux plus habiles, aux plus industriels ; en un mot, aux plus intelligents. La sélection dès lors se fit au profil d'un seul organe. Les cerveaux les plus gros, àcirconvolutions les plus riches, à structure plus délicate, aux éléments histologiques les mieux appropriés, furent favorisés. De là le progrès que personne ne conteste. Le procédé de M. Darwin a donc eu son action dans le passé, comme il l'a dans le présent. Avec des institutions appropriées on pourrait le diriger et en accélérer les résultats déjà si bridants.

L'influence des circonstances extérieures de Lamarck doit, en somme, avoir une action dont le mécanisme nous échappe. La sélection de M. Darwin en a une certaine; avec la seconde on compte par couches de races, avec la première il faut en faire autant. Les caractères permanents, dans une race donnée, ne le sont plus lorsqu'on compare les races successives dans le temps. L'immobilité absolue n'existe nulle part et la fixité des espèces n'est que relative. Est-ce à dire qu'il n'y ait pas d'autres procédés concourant à la transformation graduelle? Certes non. 11 y a trois ordres de caractères qu'explique le transformisme, ditM.Broca, les uns (Tévoluiion, les autres de perfectionnement, les troisièmes imaires. Mais il en est un quatrième, les mdiT/crenfs, dont il ne donne pas la clef; tels sont la présence de l'os intermédiaire du carpe, l'absence d'ongle au gros orteil et l'absence de ligament rond à l'articulation de la hanche, particulières à l'orang parmi les an-

thropoïdes. Pourquoi, comment et quand ces caractères ont-ils pris naissance?

Une autre objection, c'est qu'en remontant dans le passé on ne trouve pas de races humaines se distinguant considérablement des races actuelles, qu'on ne découvre pas par exemple des hommes à capacité crânienne moitié moindre que les hommes d'aujourd'hui. Mais connaissons-nous l'homme phocène et l'homme miocène révélés par les silex travaillés de Saint -Prest et de Thenay? Le premier faisait du feu, le second point; ne serait-ce pas une raison de soupçonner que le moindre volume du cerveau en était cause? S'il ne connaissait pas le feu, il n'avait peut-être pas non plus l'intelligence d'ensevelir ses morts. Les anthropoïdes sont dans ce cas, et ne nous laissent pas davantage leurs restes. Peut-être aussi les os humains ne résistent-ils pas à un temps si démesurément prolongé. Du reste, en voyant le chemin parcouru, et les trouvailles faites depuis quinze ans à peine, il n'y a pas à désespérer. Le hasard nous mettra peut-être ■d'un instant à l'autre en présence de l'ancêtre du Néanderthal, sous la forme d'un noyé échoué sur les rives de quelque tleuve, ou d'un homme écrasé par une roche, comme le troglodyte de Laugerie-Haute. MM. G. de Mortillet et A. Hovelacque supposent que cet individu ne possédait pas encore le langage, et le désignent sous le nom de précurseur.

La dérivation de l'homme de quelque forme vivante antérieure étant admise, il reste à se demander quelle a pu être cette forme.

Lamarck songeait au chimpanzé. Nous avons vu que chacun des trois grands anthropoïdes se rapproche plus ou moins de l'homme par certains caractères, mais qu'aucun ne les réunit tous. De même, dans les races inférieures, aucune n'est plus particulièrement indiquée, pas même la race boschimane, comme descendant d'un anthropoïde ; elles ne font que s'en rappro- ■cher plus ou moins par tel ou tel caractère. L'ancêtre commun

est donc vûipin dos anthropoïdes; le type humain est un [icrfectionnemcnt du ly(tc général de leur famille, mais non de Tune (le leurs espèces connues en particulier. M. Hieckcl ne se prononce pas à cet égard, il se demande si les dolichocéphales d'Europe et d'Afrique ne dériveraient pas du chimpanzé et du gorille des côtes de Guinée, tous deux dolichocéphales, et si les brachycéphalcs d'Asie ne descendraient pas, au contraire, des orangs brachycéphalcs de Bornéo et de Sumatra ; bien des considérations portent à croire, en effet, que les dolichocéphales sont tous originaires de l'Europe et de l'Afrique et les brachycéphalcs de l'Asie orientale, pour ne parler que de l'ancien continent. M. Vogt pense autrement ; pour lui, l'homme n'est que cousin germain de l'anthropoïde el l'ancêtre commun est au delà. Ici M. Haeckel devient affirmatif; cet ancêtre plus éloigné est un singe de l'ancien continent, un pithécien qui lui-même dériverait d'un lémnrien, et celui ci à son tour d'un marsu[iial. (1 indique même sous le nom de Lémune, emprunté à l'Anglais Sclater, et comme le foyer de cette série de transformations, un continent aujourd'hui submergé, dont Madagascar, Ceylan et les iles de la Sonde seraient le reste.

Mais que devient dans tout cela l'antique discussion des monogénistes et des polygénistes ? Elle perd tout intérêt et, pour rester dans des limites raisonnables, se pose aujourd'hui en ces termes : Les types humains les plus élémentaires auxquels on puisse remonter, les types irréductibles en quelque sorte, qu'ils aient la valeur de genres ou d'espèces, dans le sens donné habituellement à ces mots, sont-ils issus de plusieurs ancêtres anthropoides, pilhécoïdes ou autres, ou dérivent-ils d'une seule souche représentée par un seul genre actuellement connu ou non? Les données de l'anthropologie résumées dans cet ouvrage nous semblent plus favorables à la première opinion. Les races les mieux caractérisées vivantes ou éteintes ne forment pas une

ANTiniOPOLOGlE. 36

562 GÉNÉALOGIE DE l'hOMME.

série ascendante unique comparable à une échelle, ou à un arbre, mais, réduites à leur plus simple expression, à une suite de ligne? souvent parallèles.

Nous terminerons par un résumé des idées de Hœckel sur la généalogie de l'homme. S'appuyant à la fois sur l'anatomie comparée, la paléontologie et l'embryologie, cet auteur, qui joint à beaucoup de science solide une imagination capable de suppléer à toutes les lacunes, a formule la doctrine suivante :

Au commencement de la période de la terre appelée laurenlietine pai' les géologues, et de la rencontre fortuite, dans des conditions qui ne se sont peut-être présentées qu'à cette époque, de quelques éléments de carbone, d'oxygène, d'hydrogène et d'azote, se formèrent les premiers grumeaux albuminoides. A leurs dépens et par voie de génération spontanée naquirent les premières cellules connues, des monères. Dès lors ces cellules se segmentent, se multiplient, se disposent en organes et arrivent, par une série de transformations que M. Haeckel fixe à neuf, à donner naissance à quelques vertébrés dans le genre de Vamphioxus lanrcolalus. La séparation des sexes y est dessinée, la moelle épinière et \a.chordadorsaUs y sont visibles. Au dixième degré, le cerveau et le crâne apparaissent, comme dans les lamproies. Au onzième, se montrent les membres et les mâchoires, comme dans les squales; la terre à ce moment n'en est encore qu'à la période silurienne. Au seizième, l'adaptation à la vie terrestre est terminée. Au dix-septième, qui répond à la phase jurassique de l'histoire du globe, la généalogie de l'homme s'élève au kangourou, parmi les marsupiaux. Au dix-huitième, il devient lémurien, l'âge terliaire commence. Au dix-neuvième, il devient catarrhinien, c'est-à-dire un singe à queue, un pithécien. Au vingtième, le voilà anthropo'ide, durant toute la période miocène environ. Au vingt et unième, c'est l'homme-singe, il n'a pas

encore le langa^^c ni le corvcau correspondant par conséquent. Au vingt-deuxième enfin, l'homme apparaît tel que nous le connaissons, du moins dans ses formes inférieures. Ici s'arrête i'énumération. Mais M. H;eckel, qui paraît si bien renseigné sur les vingt-deux premiers degrés, oublie le vingt-troisième, celui dans lequel se manifestent les Lamarck et les Newton.

L'homme serait donc parti de bien bas ! Son origine se confondrait avec celle des plus simples corpuscules organiques. Cette idée froisse et- indigne ceux qui se plaisent à entourer d'une auréole brillante le berceau de Thumanité, et si nous mettions notre gloire dans notre généalogie au lieu de la placer en nous-mêmes, nous pourrions en effet nous sentir humiliés. Mais qu'est-ce pourtant que ce nouvel échec à notre amourpropre auprès de celui que l'astronomie lui a déjà infligé ? Lorsqu'on fixait la terre au centre du monde, lorsqu'on croyait que l'univers avait été créé pour la terre, et que la terre avait été créée pour l'homme, l'orgueil de notre espèce pouvait être satisfait. Celte doctrine, que les Allemands appellent ycocen- Irique par rapport à la terre, ou anthropocentrique par rapport à l'homme, était parfaitement coordonnée, mais elle s'écroula le jour où il fut démontré que la terre n'est que l'humble et obscur satellite d'un soleil qui n'est lui-même qu'un point hmnneuv dans l'espace. Ce fut ce jour-là, et non pas aujourd'hui, que l'homme fut vraiment rappelé à la modestie. Ce n'était plus pour lui que le soleil se levait chaque matin, que la voûte céleste allumait chaque soir ses feux innombrables, et de tout ce macrocosme <iui lui échappait, il ne lui restait plus qu'une infime planète. Comme ce paysan qui avait rêvé l'empire du monde, il se réveillait dans une petite chaumière. Ce ne fut pas sans re'^rets (ju'il se sentit ainsi diminué ; longtemps encore le souvenir de son beau rêve évanoui vint troubler sa pensée ; mais il se résigna enfin, il s'habitua peu à peu à la réalité, et aujourd'hui il

se console de n'être plus ce roi de la création, en songeant qu'il est toujours le roi de la terre.

Cette royauté incontestée, il a le droit d'en être fier ; mais en ([uoi est-elle menacée ou amoindrie par l'hypothèse transformiste? Sera-t-ellc moins réelle s'il l'a conquise lui-même, que si ses premiers ancêtres l'ont reçue en apanage? S'élever par des perfectionnements successifs au-dessus des autres êtres, puis, parvenu au premier rang, continuer à monter encore, se détacher de plus en plus de la série zoologique, créer le langage, l'industrie, les arts, les sciences, connaître et dominer la nature, et pouvoir dire enfin en comparant le présent au passé : Quo non ascendam ? tout cela n'est-il pas aussi glorieux que d'avoir été créé dans un état de perfection, où l'on n'a pas su se maintenir, et où l'on n'a pas su remonter? Loin de déprécier l'homme, la doctrine transformiste est celle qui lui donne la plus haute idéede lui-même. Mais ceci n'est que du sentiment; qu'une doctrine nous plaise ou nous déplaise, elle n'en est pour cela ni plus ni moins vraie, ni plus ou moins probable. La science n'a pasù se préoccuper de ces aspirations etde ces tendances, elle ne tient compte que des faits et des preuves, et elle accepte sans faiblesse tout ce qui est démontré. Le transformisme en est-il là? Non; ce n'est encore qu'une hypothèse, mais cette hypothèse gagne chaque jour du terrain, et s'il y a lieu de faire les réserves les plus expresses sur les diverses théories particulières qu'elle a fait naître depuis Lamarck jusqu'à Darwin, depuis Darwin jusqu'à Haeckel, il faut reconnaître du moins que le principe général de la mutabilité et de l'évolution des formes organiques se dégage avec une probabilité toujours croissante de l'ensemble des faits connus.

TABLE ANALYTIOUE DES MATIÈRES

Abajoues, 100.

Abassiens, 478.

Abyssins, 412.

Acclimatement. 417.

Acrocéphalie, 189, 192, 244.

Adamites, 545.

Adaptation aux conditions d'existence, 553, 55C, 537.

Adites, 488.

Aèlas, 528.

Afghans, 482.

Agénésie, 391.

Ages, 137, 386.

.^li>JOS,217,261, 329,369, 503, 536.

Alba7iais, 480.

Albinos, 174.

Aleman, 480.

Aléoutes, 499.

Aliénation, 177.

Allemands, 261, 273, 336, 334, 480.

.-Mlophyles, 217.

Alvéolaire. Point —, 252.

Amaxosa, Amazulu, 333, 519.

Américains, 306.

Amphioxus Imceolatus, 362.

Anàamans ou Mincopies , 329,

Anglais, 292, 339, 476.

Angle.— auriculaire, 31 4, —basilaire de Broca, 53, 306; — des condylcs d'Ecker, 317; — corono-facial de Gratiolet, 313 ; — endocrànien, 319; — du fémur : du col, 153; de la diaphyse, 153; — facial de Camper, 40, 308; — facial de Clocjuet, 46; — facial de Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier, 43; — d'inclinaison des

plans craniométriques, 286; — facial de Jacqnart, 42, 309;

— de la mâchoire inférieure, 145; — métafacial do Serres, 315; — naso-basal de Welcker, 275; — occipital de Broca, 55. 306; — occipital de Daubenton, 55, 306; — orbitaires, 58 ; — pariétal de de Quatrefages, 310; — du prognathisme, 302, 304, — de Segond, 47; — sphénoïdal de Welckeç, 316; — de supination, 78, 81 ; — de torsion de l'humérus, 78, 81.

Annamites, 329, 336.

Anomalies, 136.

Antéversion des apophyses vertébrales, 66.

Anthropoïdes, 23, 203.

.-Vnthropologie. Définition del', — 2; ap|ilication del', — 1 1 ; historique de r, — 13; division de 1', — 18; zoologique, 26 :— biologique, 383; — anatomique, 383.

Anthropologues, 1.

.anthropométrie, 83, 341.

Antisiens, 416, 479.

.-apophyses épineuses et transverscs des vertèbres , 29, 66 ;

— jugulaires, 31 ; — mastoïdes, 31; — ptérygoïdes, 518;

— styloïdes du radius , 33 ; styloïdes des vertèbres, 68.

Aquitains. 483.

Arabes, 347, 488.

.\rcade. — alvéolaire, 61, 280; —

sourcilière, 31; — zvgomati-

que, 32.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

Archencéphale, 122.

Arménifns, 214, 4 82.

Articulation coxo-fémorale, 36,

73 ; — scapuio-humérale, 36,

Aryens, 433.

Ashantis, 316.

Astérion, 232.

Assiniboins, 308.

Assyriens, 488.

Alhapascans, 479.

Atrophie cérébrale, 187.

Auriculaire. Point — . 252, Auslraliens, 332.

Australoïde, 216.

Autrichiens, 336.

Auvergnats, 230, 483.

Avant-bras, 79; proportions de

Aymaras, 200, 334.

Aztèques, 181.

Bakalais, 316.

Bamharas, 316.

Bantou. langues, 448, 319.

Barabras, 312.

Baris, 316-

Barrows long et round, 463,

Basion, 31, 52, 232.

Basques, 231, 239, 463, 476.

Bassin, 69; ses proportions, 71,

Bassoulos, 519.

Battaks, 304.

Bavarois, 424.

Bec de lencéphale, 121, 319.

Hechuanas, 319.

fie/^es, 334, 424, 476, 483.

Berbers. 472, 486.

Bhils, 333, Bisahnris, 477, Bisharis, 365.

Bohémiens. 481.

Bongos. 313.

Bùschimans, 339, 383, 522.

Bosses frontales, 223, 298.

Bolùcwlos, 200, 509.

Boulous, 516.

Bourùules. 495.

Bracliistocéphale, 237.

Brac!;ycépha]ie, 230, 236, 259.

Brahmanes, 481.

Bras, 77; proportions du —, 89, 92, 327.

Bregma, 30, 32. 232.

Bretons, 247, 260, 342, 358, 485.

Bulbe.— rachidien. 106 ; — olfactif, 108.

Burgondps, 332.

Bu gis, 504.

Caecum, 100, Cafres 519.

Cafusos, 181, 37J, 405, Calcanéum,35, Calehar, 516.

Californiens, 509.

Callosités fessières. 99.

Cannibalisme ou anthropophagie, 441.

Canstadt. Race de — , 461.

Capacité de la cavité crânienne

— chez les mammifères, 48

— chez les anthropoïdes, 36

— dans les races humaines,247 Caractères. — physiques, 27, 219 ,

— phys ologiques, 137, 383;

— paihoIogiqu"s, 171, 433: — descriptifs (crâne), 221; (squelette i, 321 -, (vivant), 362; — craniométriques, 324; — ostéométriques, 325 ; — id. sur le vivant, 340; — ethnique, 439: — linguistiques, 445; — historiques, 449; — archéologiques, 443; — relatifs au transformisme, 559 ; —sexuels ( crâne el squelette ) , 154 ,

Carpe, 35.

Catarrhiniens. Singes — , 25.

Cavité cotyloïdc, 36, 75 ; — glé-

noïde, 36, 77.

Cébiens. 24.

Celtes, 483.

Centenaires, 159.

Cépiialique. Indice — . 254, 341.

Céphalomètre d'.\ntelme, 320. Céphalo-orbitaire. Indice — .

TAIiLE ANALYTIQUE DES MATIEllES.

(■é()lialo-.spliKil. liulic(; — ,^70.

Cerveau Uosi'ription ihi — , 108 circonvolulions du —, 1 10; forme du —, 121; poids du — chez lespritnates,127; poids du — dans les races, 335; mensuration du — , 134.

Cervelet; son [loids, 131.

Chaouias (voy. k'abijles], 380.

Chants nationaux, 0.

Charruas, 354, 509.

Cheveux, ("ouleur des —, ;^(:7 ; nature des —, 370 ; examen des —, 3V2.

Chiasma des nerfs optiques, 108.

Chimpanzé, 25, 45, 50, 5(;, 03^ 05, 71, 84. 93, 104, 124, 204.

Chinvis 247, 249, 259, 425, 499.

Cimméritns , 195, 483.

Circonvolutions, 108; — chez l'homme, MO; — chez les singes, 124: mesure de leur superficie. 131.

Classification zoologique, 19; — des mammifères, 23, 122; — des primates, 24, 205 ; — des races humaines : Linnée, 212; Blumenhach et Cuvier , 213; Bory de Saint Vincent et l)esmoulins, 214; Isidore G.Saint- Hilaire, 215; Huxley, 210; de Quatrefages, 217.

Clavicule, 34 ; proportions de la — , :!28.

Coccyx, 29.

Collections craniologiques, 234.

Colonne vertébrale, 03; ses courbures, 04.

Compas d'épaisseur, 250 ; — glissière, 251.

Conclusions. — sur la famille huiViainc, 201 ; — sur les espèces humaines, 537 ; — sur l'homme, 502.

Corps calleux, 100, 117.

Corps striés, 1 08.

Corpuscules de Pacini cliez les primates, 99.

Corrélation dans les caractères,

Corses, 247,259. 304.

Cotyloïde. Cavité —de l'os coxal,

Couches optiques, 108.

Couleur de la peau, 304 ; — des veux , 3G6 ; — des cheveux,

Courbes craniométriques, 253,

Courbure. — de la colonne vertébrale, fi5 ; — de la crête tempoi'ale, 224; — du fionl, 225.

(>oxo-fémorale( articulât ion), 30,

Crâne, .\natomie du — . 30, 32, 40; cubage du —, 243; déformations du — , 193; formes du —, 232, 192; mesures principales du — , 253.

Craniograpbe. — de Broca, 288, 291; — de Koperniçki, 3S0.

Craniologie, 221.

Craniométi'ie, 85, 233.

Craniométriques (Mesures), 224, 250, 271 ; — id. sur le vivant,

Craniophore de Topinard, 294.

Crète. Disposition du crâne en — ,

f'i'ochet occipital, 224.

Croisements, ;'85, 550.

Cro-Magnon. Race de — , 462.

Cryptozyge, 311, 518.

Cubage de la cavité orbi taire, 249.

Cubage du crâne, 247 ; — comparé à la pesée du cerveau, 339 ; procédés de — , 243 .

Cubitus, 35. 70, 324.

Cunéiforme couchée ou relevée (Déformation), 197.

Cylindrocéphalie, 193.

Cymbocéphalie, 193.

Cynologie, 9.

Dacrvon, 34, 252.

Dakànieijs, 249, 339, 516.

Damaras. 519.

Danois, 342, 354, 368, 470.

Danses nationales, 0.

Darwinisme, 550.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

Dai/ahs, 333, 504.

Déformations du crâne. 182, 192;

— des 03 longs, 183; — artificielles, 193;— pathologiques, 188 ;— posthumes, 193 ;

— plastiques, 194; — obliques ovalaires, 194; — cunéiformes, 197; — toulousaines, 199.

Dents, GO; éruption des — , 61, 146; usure des ^, 147 ; caractères des —, 148; — dans les races, 380.

Développement de l'embryon, 137; — du cerveau, 140 ; -^ du squelette, 132.

Diagraphe de Gavart, 288.

Diamèîres crâniens. — antéropost. maximum, 234; — bi-

■ auriculaire, 270; — bi-mastoïdien, 270; — bi-pariétal, 270; — bi temporal, 270 ; — bi-zygomatique, 272 ; — fron ta! maximum, 268; — frontal minimum, 268 ; — occipital transverse, 269; — transverse maximum, 235; — sur le vivant, 341.

Diaphyse, 33, 131.

Diastéma, 60.

Didelplies, 22.

Diplogénèse, 177.

Dolichocéphalie, 230, 236, 239.

Domh rs, 333, 336 .

Dondos, 173.

Dors, 513.

Dravidiens, 342, 481,532.

Droit comparé. Ses applications à l'anthropologie, 3.

Dynamomètre 425.

Dysgénésie, 392.

Ecaille. 29.

Ecossais, 260. 337, 342, 333, 368.

Egyptiens, 239, 363, 451.

Elliptique, .\rcade alvéolaire —,

Encéphale, 106 (voy. Cerveau).

Endocrane, 29, 318.

Envergure. Grande —, 87.

Epactal. Os —, 222.

Ephippium, 33, 316.

Ephllialiles, 493.

Epigénèsi', 176

Epine nasale. 34. 61.

Epiphyse, 337, 151.

Equilibre de la tête dans la station verticale, 51.

Espèce , 23 , 207, 537, 543,

Esquimaux. 469, 560.

Estlioni'-us, 217, 491.

Ethmoide, 29.

Ethnographie. Ses différences avec l'ethnologie, 7, 441.

Eugénésie, 391.

Européens, 472.

Eurycéphale, 192, 237.

Eurygnalhe, 213, 374.

Expression. Faculté générale de r-, 168.

Extinction des races. Causes de r, -- 433.

Facultés mentales, 167, 428.

Famille, 163.

Fans, 316.

Fantis. 316.

Fécondité, 388.

Fellahs, 402.

Fellani, 313.

Feloupes, 316.

Fémur, 33 ; angli; du col du — , 133; obliquité du — , 133 ; — à colonne, 324; proportions du —, 92, 327.

Fente de Bichat, 108.

Fièvre jaune. Immunité à la — , 12, 434.

Finlandais, 491.

Finnois, 491.

Fonctions générales, 160 ; — cérébrales, 162

Fontanelles, 142, 188.

Force musculaire, 424.

Fosî^e temporale, 59.

Foulahs, 512.

Foulbes, 512.

Français, 337, 357, 424, 431,453, 466, 468, 486.

Front, 296, 374.

TAliLt; AXALYTIOUE DES MATIÈRES.

FroiUal, 29, 31.

Fûrfooz. Race do —, 4G4.

Gallas, 396. 530.

Gautoix, 452.

Géants, 174.

Génitaii.v. Organes — e.Kternes,

Géorgiens, 214, 482.

Germes. Préuxistciic»' des — ,17lî.

Gernilnalive Vésicule — , 137.

Gestation. Durée de la —, 158.

Ghazntvides, 495.

Gibbon, 25, 56, 63, 71, 84, 93,

Gilanos, 481.

Glabelle. 31, 25-2.

Glénoïde. Cavité — de l'omoplate,

Goniomètre. — pariétil de de

Quatrel'agcs, 312 ; — facial de

Bro a, 345.

Gonion, 253.

Gorille, 25, 45, 50, 56, 63, 65,

Gounds, 535.

Griquas, 398. 400, 520.

Guanc/ies, 247, 259,304,321,480.

Gyrencéphale, 122.

Harmonie du crâne, 227.

Hauteur.— du crâne, 201; — de la face, 295 ; — du bassin, 332 ; — de la tète, 295, 342.

Hémisphères cérébraux. 100.

Hérédité, 401.

Hétérogénésie, 391.

Himyarites,i\l, 512, 537.

Wiongr-iVo, 451, 493, 494.

Hippocampe. Petit —, 107.

Histoire, 450.

Hollandais, 248, 476.

Homme. Place de 1' — parmi les mammifères, 206 ; les espèces d' — , 542; origine de 1' — , 543; la sélection appliquée à 1' — , 557:géuéalogiede 1' — , 562.

Homme-Mort. Crâne de la caverne de r— , 247, 259, 202, 304, 322.

llomogénésie, 391.

Hongy-ois, 452. 493.

flulleniots, 520.

Humérus, 35; perforation del' — , 321 ; torsion de 1' — , 77 ; proporlions de 1' — , 92, 327.

Hutis d'.\ttila, 495; — blancs,

Hydrocéphalie, 185, 246, 266.

Hyperbolique. .Arcade alvéolaire —, 280.

Hypertrophie cérébrale, 187.

lIypsocé[)halie, 192.

Ibos, 516.

Idiotie, 178.

Iliaque. Os —, 34.

Impar. Lobe — du poumon ,

luca;. Os — . 31, 222.

Inclinaison du front, 296; — des plans craniométriques, 286.

Indice. Méthode des—, 236; — cérébral, 134; — céphalique :

crâne, 254; vivant, 342; — céphalo-orbilaire, 249 ; — céphalo-spinal, 270 ; — facial, 273 ; — frontal, 269 ; — mixte de hauteur du crâne, 264 ; — nasal antéro-postérieur ( vivant', 378; — transversal (id.), 377; — nasal (squelette), 276; — orbitaire, 278 ; — du prognathisme, 302, 304 ; — de la tète, 295; — du trou occipital, 2o4, 270; — vertical, 261.

Inion, 30, 52, 223, 252.

Insuia de Reil, 112.

Intermaxillaires. Os — , 38.

Interpariétal. Os —, 31. 222.

Irlandais, 248, 260, 368, 476.

Irulas, 536.

Isomères, 77.

Italiens, 249, 260, 354.

Johts, 481, 495.

Jambe, 75 ; proportions de la —,

Japonais, 386, 409.

Javanais, 360.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

Jt/!'/i, 368.419, 488;— de Cochin.

Kabyles, 486.

Kctsaks, 495.

Kalmouckf:. 274, 499.

Kanakes, 116, 249, 2uO, 292, 505.

Kanori, 513.

Katlees, 477.

Khaz'irs, 498.

Khasovo, 502.

Khien-Kouen, 493, 494.

Khounds, 535.

Kirghis, 354, 478. 495.

Klinocéphalie, 193.

Koluches, 499.

Kooloo-Kamba. Chimpanzé — ,

Korannas, 52(l.

Ko'ovglis, 354.

Kowdes, 482.

Kredjs, 513.

Kroumans, 516.

Kurtimbas, 3G0, 536.

Kymris, 228, 452, 468, 483, 485.

Lambda, 30, 52, 252.

Lame cribli'e, 33.

Langage. Faculté du — , 168.

Lapons, 496.

Largeur du crâne, 255 ; — de la face, 272;— du bassin, 71, 332.

Larvnx, 102 Lee-Panis, 479.

Leiostriclies, 216.

Lémuriens, 25.

Léporides, 210.

Leptorrhinie, 278. Ligament cervical postérieur, 52.

Ligne. — alvéolaire de Vogt, 282;

— alvéolo-basilairc, 261, 273;

— basilo-bregmatique, 261 ;

— faciale de Camper, 40 ; — naso- basilaire, 273 ; — nasoalvéolaire, 273; — opbryo-alvéolaire, 273; — primitive, 138.

Linguistique. 445.

Lissencéphale, 122.

Livoniens, 491.

Lobes cérébraux, 110, 119.

Lobu'e pulmonaire impar, 102.

Lobules cérébraux. — central, M 2; — orbitaire, 114; — triangulaire. 117 ; — quadrangulaire, 117; — ovalaire, 118; — du pli courbe, 115.

Lolos, 509.

Longueur du crâne, ?54 ; — de la face, 272 ; — du bassin, 71, 332.

Lutte pour l'existence, 549.

Lyencépliale, 122.

MacRssars, 504.

Macrocépbalie, 193, 199.

Maciias, 519.

Magyars, 424.

Mahatrs, 535.

Main, 74; proportions de la — chez les primates, 93 ; — dans les races humaines, 348.

Makululos, 519.

Maladies. — chez les mammifères, 172 ; — dans les races humaines, 433.

Malaire. Os —, 33. Point—, 253.

Malais. 503.

Malléole, 35.

Mameloucks, 394.

Mammouth. A^'e du — , 457.

Mantlfhoux, 477.

Mandi)igues, 516.

Maoris, 249.

Ma ra ver s. 535.

Maures. 394, 488.

Maxillair.- inférieur, 33, 281.

Maxillaire supérieur, 33, 280.

Mécistocéphale, 256.

Médecine. Ses différences avec l'anthropologie, 6.

Mégalocéphale, 192.

Mélanochroïque, 216.

Membres. 73, 80, 327, 347.

Menstruation chez les primates, 158; — dans les races, 387.

Menton, 61, 379

Mentonnier. Point — , 252.

Méroiingiens,2M. 304, 322.

Mésaticéphales, 256, 259.

Mésentères, 100.

TABLE A.NALYTinUK IJKS MATIKBES.

M^;socéphales, 257.

Mt'-sopfhinie. 11».

Métacarpe, 35.

Métatarse, 35.

Métliodc. — de Camper, 2i9 ; — de Blumenbach , 229 ; — de Owen, 230; — de Pricliard, 231; - des indices, 23r.; — des moyennes . 236 ; — des projections. 283 ; — de Bertillon, 236, 352.

Méthodes de classification, 21.

Métis, 338. 389, 392, 407.

Métopiqae. Suture — , 142 ; point — , 252.

Mexicains, 248, 259, 507.

Mian-lst's, 477, 503.

Microcéplialie, 179,2i7, 2G6,314.

Milieii.x. Inthience des — , 409.

Mingréliens, 214.

Miocène. Epoque — , 459.

Monôouilous, 479.

Mongoloïde, 216; — ou pyramidal, 232. 311.

Mongole, 497.

Monodelphes, 22.

Monogénisme, 544, 561.

Monstruosités, 176.

Mordouana, 492.

Jdoundas, 342, 535.

JUoxos, 416.

Moyennes, 236.

M'pongwe, 516.

Mulâtres, 337, 397.

Muscles, 9'., 332.

M'zabiies, 48G.

Nahuas, 195, 201, 452.

Nains, 174.

l^amaquois, 520.

Nasal. Point — , 252.

Nationalité. 10.

Nauletle. Mâchoire de la —, 61,

Néandei-thal. Crâne du — , 460.

Nègres, 337, 347, 515.

Négritos. 527.

Néo-Calédo)iiens. 524.

Néolithique. K[)oque — , ou de la

pierre polie, 457.

Néo-Zflandais, 260, 353, 424.

Nez. Gai actères du — , 99, 260,

376; indices du —, 378.

Nogais, 495.

l^orma vertirnlis, 229, 283. 311.

Normands, 368, 476.

NoitV' giens, 476.

Nuuairs, 516.

Noubas, 397, 516.

Nubiens, 225, 247, 259, 269, 298.

Numération. Système de — , 429.

Nyam- Nyams, 512.

Obongos, 3G0, 523.

Occipital, 29. Us —, troisième coudyle de 1' — 31; situation et direction du trnu —, 53; prolongement du trou — , 223 ; indice du trou — , 254, 270.

Occipital maximum. Point — , 252,254.

Odeur suivant les races, 381.

Omoplate, 34.

Ophrvon, 31, 52.

Opistliion, 51. 252.

Opisthognathie, 300.

Optique. Gouttière —, 33.

Orang, 25. 45, 50, 56, 63. «5, 71, 82, 84, 93, 124, 204.

Orbitaire. Angles —,58; infcrvalle —, 279 ; indice —, 278 :

lobule —, 114.

Oreilles, 100, 380.

Orrouy. Crânes d'— , 226, 322.

Orthocéphale, 257.

Orthognathe.21.5, 299.

Os. Nombre des — chez les mammifères, 36.

Os propres du nez, 33, 279, 501.

Osnianlis, 495.

Osséles, 478, 482.

Ossification des sutures crâniennes, 142; — des os longs,

Ostéologiques. Notions —, 27.

Ostéoméirie, 85.

Ostéométriques. Mesures — , 85, 327 ; — id. sur le vivant, 347.

Oslyakes, 491.

Ouigours, 495.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

Ou-Sioun, 493.

Ova-fléréros, 519.

Pachycéphalie, 193.

Pahuuins, 516.

Paléolithique. Epoque— , ou de

la pierre taillée, 457.

Papous, 523.

Parabolique. Arcade alvéolaire

Paragéuésie, 391.

Pariétal. -29.

Parsix, 45-2, 482.

Palaguns. 3o9, 509.

Palans, 478 Pédimanes, 23.

Pédoncules cérébrau.x, lOG.

Péricarde, 101.

Péritoine, 101.

Permanence des types, 402.

Péroné, 35, 70, 324.

Péruviens, 248, 507 .

Peuls, 513.

Peuples, 8, 441, 450.

Phénozyges. 311, 518.

Philologie, 445.

Physionomie. Traits delà — ,373.

Pie nègre, 175. Pied, 74. Proportions du —

chez les primates, 93. — Id.

dans les races humaines, 348.

Pithéciens, 24, 205.

Placenta, 105.

Piagiocéphale, 193.

Plan. — alvéolo-condylien, 57;

— du trou occipital, 223, 287;

— horizontau.x divers, 285.

Platybasique. Déformation —,

Platycéphalie, 192,225, 204, 460.

Platycnémie du tibia, 323.

Platyrrhiuie chez l'homme, 278.

Platyrrhiniens. Singes —, 25.

Pli. Courbe, 115; — marginal,

116 ; — de passage, J 16.

Plis palmaires chez les primates,

Pli icène. Epoque — , 459.

Poids du corps. 174, 423; — à

la naissance, 138.

Points craniométriques, 30, 32»

Poitrine. Circonférence delà —,

Polygénisme, 440, 546, 561.

Polynésiens, 505.

Polysarcie, 174.

Pommettes, 376.

Pouls chez les mammifères, 157 ;

— dans les races, 426. Précurseur, 560.

Procédé de la double équerre, 293, 3i4.

Prognathisme, 232, 275, 299; espèces du— ,301; — sous-nasal,

Projections. Méthode des— ,2S3;

— de la tète, 289 ; — des mâchoires, 299; — des os, 325; — sur le vivant, 343.

Pronation de l'avant-bras, 79.

Proportions du bassn. 71, 330;

— des membres, 88, 328, 347 ;

— du squelette, 85, 327.

Prussiens, 260, 480.

PtérJon, 30, 62, 223, 252.

Queue, 09.

Races, 8, 211, 468; classification des — , 212; — préhistoriques, 322, 459.

Rachitisme, 182.

Radius. 35, 70 ; proportions du

Ravons auriculaires— de Broca, 290; — de Busk eï Davis, 202.

Regard. Divergence du —, 58; horizontalité du — , 56.

Règne humain, 546.

Religions. Science d.-s —, 433.

Religiosité, 165, 546.

Renne. Age du — , 457.

Reproduction. Organes delà — , 104, 136,381; phénomènes delà —, 157, 387.

Réseau crânien de Welcker, 319.

Respiration, 427.

Rétroversion des apophyses vertébrales, 66.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

Réversions, 135, 555.

Rongas, 513.

Rotule, 29.

Roumains, 353, i24.

Rudimentaires. Organes — , 134,

Rut, lo8.

Sac aérien, 104.

Sacrum, 29, 08.

Saminjedes, 502.

Santals, 372.

Sarrasins, 489.

Scaplîocéphalic, 190.

Scapulo huinérale. Articulation — , 36, 77.

Schangallas, 516.

Schillovks, 5li:,

Scissure. — de Sylvius, 108; — perpendiculaire, 110; - interpariétale, 115; grande — médiane, 108.

Sélection artificielle, 550.

Selle turcique, 33.

Semangs, 528.

Sens. Organes des — , 97.

Séréres, 516.

Sexuels. Caractères — du squelette, 154 ; — du crâne, loti.

Shidahs, 486.

Siah'Posh, 478.

Sillon. — de Rolando , 109; — des hippocampes, 117.

Sini^ue, 214, 217 (voy. Chinois).

Slaies, iCl, 275, 354, 424, 480.

Sociabilité, 164.

Société. — d'anthropologie de Paris, 17; — ethnologique de Paris, 16; — des observateurs de l'homme, 16;— diverses, 18.

Soïols. 502.

Somalis. 383, 396, 521, 536.

Souahilis, 519.

Souanes. 478.

Souiciliéres. Arcades ou crêtes —, 31.

Sous-uasal. Point — , 252.

Sphénoïde, 29, 32.

Squelette, 28, 321.

Stéatopygie, 383, 521.

Sténocéphalie, 192.

Stéphanion, 30, 32, 267.

Stéréographe de Broca, 288.

Sternum, 34, 72.

Subordination des caractères

Suédois, 248, 353, 260, 476.

Supination, 79.

Sus-orbitaire. Point — , 252.

Sutures, 223; — crâniennes, 3S;

ossification des — , 143.

Synostoses prématurées, 188.

Syphilis chez les singes, 173.

Syriens, 260.

Système nerveux, 106, 334.

Tablier des Hottentotes, 382.

racljicks, 482.

Taille chez les primates, 84 ;

— dans les races humaines, 351 ; — sur le squelette, 86 ; influence des milieux sur la

Tapis, 99.

Tarse, 35.

Tasmaniens, 530.

Tcherémisses, 4iil.

Tchoiivoches, 491.

fihuelclies, 359, 510.

Température chez les mammifères, 157.

Temporal, 29.

Thénar. Eminence — , 99.

Thibetams, 372, 499.

Thoracique. Capacité de la cavité, — 427.

Thorax, 72.

Thu-Ktu, 495.

Thymus, 138.

Tibbous, 513.

Tibia, 35, 76 ;-- platycnémique, 323 ; proportions du — , 91, 327;

— rachitique, 183.

Ting-ting, 493.

Todas, 350, 353, 536.

TuUéques. 201, 508.

Torodes, 514.

Torsion de l'humérus, 77, 81.

Touaregs, '186. loucouleurs, 396.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

Touraniens, 446, 495.

Tradition, 453.

Transformisme, 547.

Triangle facial de Welcker, 261, 273; — de Vogt, 261.

Trigonocéphalie, 192.

Trochanter, 33.

Trochocéphalie, 192.

Tsiganes, 419, 4X1.

Tubercules géni, 34, 61, 461; — maniillaires , 122; — quadrijumeaux. 108.

Turcumans, 493.

Turcs, 493.

Types. — zoologiques, 205 ; — antiiropologiques, 467 ; — européens, 472 ; — blonds, 474;— bruns, 479; — hindou, 481 ; — tsigane, 481 ; —iranien, 482;

— celte, 481 : — berber, 486 ;

— sémite, 488 ; — arabe, 488 ;

— finnois , 490 ; — lapon, 496; — mongol, 497; — esquimau, 499; — samoyède, 502 ; — malais, 303 ; — polynésien, 303 ;— américain, 506;

— patagon, 509 ; — rouge africain, 512; — nègre, 515;

— cafre, 519; — hottentot, 520; — papou, 323; — négrito, 527 ;— tasmanien, 530 ;

— australien, 332.

Ulotriclie, 216.

Unions consanguines, 408.

Upsilon, .\rcade alvéolaire en -, Gl.

Usbecks, 495.

Utérus, 136.

Varalis, 535.

Variations des caractères, 401,

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