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OS PROPRES DU .NEZ

Du reste, on observe fréquemment chez rhomme des reproductions de ce qui est habituel dans diverses espèces animales, comme par une sorte de réminiscence de phases que sa propre organisation aurait traversées antérieurement : ainsi la fusion des pariétaux en un, comme chez les rongeurs, la division du frontal en deux os séparés, commune chez les mammifères. Pexistence d'un os interpariétal, la fusion des deux os propres du nez, etc.

Ces deux derniers os restent séparés sur la ligne médiane jusqu'à un âge avancé chez le blanc; leur réunion est souvent opérée à vingt ou vingt-cinq ans. chez les Hottentots. Sur 27 squelettes d'hommes adultes pris au hasard par M. Broca. cinq fois la soudure existait, les cinq fois sur des nègres. Ch^z le chimpanzé, ils semblent soudés h deux ans, chez le gorille et les pithéciens plus tôt encore. Mais, chez les cébiens, la fusion redevient tardive, en sorte que ceux-ci ressembleraient à rhomme sous ce rapport, plus que les anthropoïdes.

Le retard apporté à la réunion des os intermaxUlaires aux maxillaires supérieurs est un exemple de l'inverse. Campern'en ayant pas tenu compte, et ayant fait de leur absence constante un signe distinctif de Thomme, nous devons en dire un peu plus.

Les os intermaxillaires, au nombre de deux, se présentent réunis sous la forme d'un coin enclave entre les deux maxillaires supérieurs, supportant les dents incisives et envoyant par en haut deux apophyses, qui circonscrivent en partie Toritice antérieur des fosses nasales.

Très-visibles jusqu'au troisième mois, leur vie propre est courte ; ils commencent à se souder à cette époque par leur côté externe et ne font plus qu'un avec les maxillaires vers la troisième année. Toutefois leurs sutures palatines ne disparaîtraient absolument que vers douze ou quinze ans, suivant M. Sappey, et étaient encore appréciables cent quatre fois sur

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deux cents crânes français examinés par M. Hamy. Toutes les phases de leurs soudures seraient d'ailleurs retardées dans les races nègres.

Chez la plupart des mammifères, les os intermaxillaires dépassent au contraire Tàge adulte et demeurent distincts. L'éléphant, le dauphin et la hrehis font exception et ressemblent à rhorome à cet égard; les anthropoïdes sont dans le même cas ; leur suture intermaxillaire aurait disparu vers la fin de la première dentition, suivant M. Vogt. En descendant réchclle des singes, l'os intermaxillaire reprend peu à peu les caractères qu'il a sur la généralité des quadrupèdes.

Aux membres, le type est encore le même chez les animaux que chez l'homme ; quelques os que les habitudes de l'espèce rendent superflus s'atrophient ou se soudent. Ainsi les clavicules se réduisent à des vestiges perdus dans les chairs, chez quelques carnivores, et disparaissent absolument chez les ruminants et les mammifères aquatiques. Ailleurs, c'est l'un des os de Favant-bras ou de la jambe qui diminue ou se soude au voisin. Le même phénomène s'observe plus souvent sur les extrémités mêmes ; les métatarsiens ou métacarpiens sont au nombre de quatre chez le sanglier, de deux chez le cerf, d'un chez le cheval, où il s'appelle canon. Entre ce chiffre et le nombre de doigts ou d'orteils, il y a quelque relation ; ainsi le porc n'a que quatre doigts, le rhinocéros trois, la plupart des ruminants deux, le cheval un seul, appelé sabot. Chez ce dernier, l'atrophie des autres doigts est manifeste, le vestige en persiste sous la forme d'aiguilles sur les côtés.

Une disparition analogue, comme si c'était par défaut d'usage, se produit sur les os du bassin des mammifères aquatiques, dont les membres postérieurs sont devenus nageoires de peu d'importance ou manquent. Le bassin finit par ne plus être représenté que par quelques débris osseux perdus dans les chaii's

4 0 OS INTERMAXIi-LAIRES.

ou même par faire entièrement défaut : ainsi dans le dugong, le marsouin^ la baleine.

Le crâne se compose de deux parties chez tous les mammifères : le crâne proprement dit, réceptacle du cerveau, et la face, réceptacle des principaux organes des sens et de l'appareil de mastication. L'un et l'autre sont généralement développés en raison inverse et leur situation respective est en rapport avec ce développement. Chez l'homme, la boîte crânienne est volumi" neuse et placée au-dessus de la face. Chez les quadrupèdes, elle s'amoindrit et fuit en arrière. Chez les singes, le volume et la situation respective du crâne et de la face sont intermédiaires.

La première méthode imaginée pour apprécier cette relation est celle des angles faciaux.

11 y en a quatre espèces. Le plus ancien, connu sous le nom d'angle de Camper, est déterminé par deux lignes, l'une HH' (fig. 4) dite horizontale, que son auteur traçait au juger en se guidant principalement sur le trou auditif et le bord inférieur des narines, et l'autre FF' dite faciale, tangente aux deux points les plus saillants de la face, en haut et en bas, savoir : la glabelle ou le front d'une part et la face antérieure des incisives de l'autre. Pierre Camper (1) n'avait qu'un but, celui de fournir aux artistes un moyen de comparer les têtes et les crânes humains suivant les races et les âgos. Dans un travail spécial cependant (2), il en étendit Tusage aux animaux.

Son sommet était situé à l'intersection des deux lignes en un point virtuel, A sur la figure -4, placé tantôt en avant du maxillaire supérieur, comme chez les nègres, tantôt en arrière comme chez beaucoup d'animaux, le chien par exemple, ou à l'épine

(1 ) Disserlation sur les différences réelles que présentent les traits du visage chez les hommes de différents pays et de différents âges, par Pierre Camper. Œuvre posthume publiée par son fils. Paris, 1786.

nasale, comme clans les races blanches : « L'angle que fait la ligne faciale ou ligne caractéi'isli(iue du \isdi,M', dit-il, varie de 70 à 80 (legri's dans l'espèce humaine. Tuut ce qui s'élève

V'ig. 4. — HH', horizontale de Camper ; FK', ligue faciale de Camper ; FAH', angle véritable de Camper; FBK. angle de Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier. à sommet •■ au tranchant des incisives » ; ICM. angle de Jules Cloquet à sommet au bord alvéolaire: ODH', angle de Jacquart à sommet au point sous-nasal ; OD . ligne faciale de Jacquart.

L'angle que nous proposons comme le plus utile est celui de Cloquet au sommet C, mais dont la ligne faciale CI aboutit, non plus au point le pins saillant, mais immédiatement au-dessus des arcades sourcilières.

au-dessus se ressent des règles de Tart, tout ce qui s'abaisse au-dessous tombe dans la ressemblance des singes. Si je fais tomber la ligne faciale en avant, j'ai une tète antique; si je la fais pencher en arrière, j'ai une tète de nègre ; je la fais encore plus incliner, il en résulte une tète de singe; en inclinant

davantage encore, j'ai celle du chien, puis enfin celle de bécasse. »

Le second angle fut proposé par Geoffroy Saint-Hilaire ei Cuvier, en ITOci, et abandonne ensuite, sans doute à cause de la difficulté de le prendre avec exactitude sur certains animaux. La ligne faciale de Camper était maintenue, mais sa ligne horizontale devenait oblique (BK) pour aboutir du trou auditif au bord tranchani des incisives (B), où se trouvait le sommet du triangle.

Le troisième angle est un compromis entre les deux précédents. La ligne faciale reste tangente supérieurement au point le plus saillant de la face, mais s'arrête en bas au niveau du bord alvéolaire supérieur (IC). La ligne dite horizontale descend obliquement comme celle de Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier, mais se termine au même bord alvéolaire (C), qui devient le sommet de l'angle. Jules Cloquet Timagina en 1821.

Le quatrième angle, qui a joui cependant d'une très-grande vogue, est le résultat d'un malentendu ;M. Jacquart, en l'adoptant en i8o6, croyait rester dans les indications de Camper, ou mieux, dans les principes qui avaient guidé Morton pour la construction de son goniomètre. L'une de ses deux lignes est k ligne faciale de Camper, se terminant à l'épine nasale (OD) ; l'autre est la ligne horizontale, mais s'arrêtant également en ce point (DH'). Son sommet est donc d'une façon constante à Tépine nasale (D).

Les mensurations qlii nous sont personnelles, et qui portent sur plus de I 100 crânes humains et sur une centaine de tètes d'animaux, nous permettent de porter un jugement sur la valeur de ces quatre angles faciaux (1).

^l) Etudes sur Pierre Camper et sur l'angle facial dit de Camper, par Paul Topinard, in Revue d' anthropologie , t. Il, 1874.

ANGLES KACIAUX. 4 S

L'angle de Jacqiiait, à sommet à Tépinc nasale, varie sous cinq intluences : 1° le degré do saillie de Tépinc nasale, ainsi (liip l'a fait observer M. Broca, saillie très-forte dans les races blanches, souvent nulle chez les nègres; 2° le degré de proéminence de la glabelle, qui, 199 fois sur 200 environ, est h point supérieur de la ligne faciale ; 3'^ les différonces do hauteur du trou auditif par rapport à la base du crâne ; i" l'allongement de la face plus ou moins prononcé, c'est-à-dire le degré de prognathisme ; o° la quantité de développement de la partie antérieure du cerveau en avant, ainsi que le prouvent les chiffres extrêmes obtenus chez les hydrocéphales, où la boite cr;'inienne est très-dilatée, et chez les microcéphales, où elle fsl très-atrophiée.

Au milieu de toutes ces intluences, il est bien difficile de savoir celle qui agit davantage et par conséquent ce qu'exprinif l'angle de Jacquart.

L'angle de Camper diminue ou augmente dans les mêmes conditions, sauf une, la saillie de Tépine nasale, qui devient indifférente. J)'autre part, il tient compte du degré d'allongement •le la face dans sa portion sous-nasale, portion qui précisément influe ie plus sur le prognathisme dans le groupe humain, et que l'angle de Jacquart néglige entièrement.

On en peut dire autant de l'angle de Geoffroy Saint- Hilainet Cuvier. Non-seulement il néglige l'épine nasale et embrasse toute la région sous-nasale de la face, mais il rend à un plus haut degré l'allongement de celle-ci. Pourquoi d'ailleurs conserver la ligne horizontale de Camper? Elle ne Test pas chez l'homme, elle Test bien moins encore chez les animaux; en s'entre-croisanl avec la ligne faciale, elle ne donne ie plus souvent qu'un sommet virtuel qui parle mal à l'esprit. La ligne auriculodentaire de Cuvier est, au contraire, rationnelle ; elle aboutit à l'extrémité même de la face et ne laisse rien perdre de l'un de.-i

deux éléments que l'on veut mesurer, le développement du visage. A part les objections qui s'adressent à tous les angles faciaux à la fois, l'angle des naturalistes du Muséum ne soulève qu'une seule objection qui lui soit propre : c'est l'impossibilité d'accepter le sommet des dents comme extrémité de la face. Chez un grand nombre d'animaux, en effet, ces dents se recourbent en dessus et s'allongent démesurément en armes offensives. Puis elles manquent physiologiquement chez quelques-uns et accidentellement sur beaucoup de pièces, soit avant, soit après la mort.

L'angle de Jules Cloquet a tous les avantages du précédent, moins ce dernier inconvénient ; c'est lui, à notre avis, qu'il faut accepter en le modifiant légèrement.

La première des objections à adresser à tous les angles faciaux est de prendre comme point supérieur de la ligne faciale l'endroit le plus saillant, qui est toujours avec l'angle de Jacquart, et presque toujours avec les autres, la glabelle ou le milieu des crêtes sourcilières. Ses différences de saillie font varier chez l'homme l'angle facial de plusieurs degrés, c'est-àdire d'autant qu'il y a d'écart entre les moyennes des races les plus opposées. Chez les animaux c'est pis, et Cuvier en était arrivé à renoncer à la règle de Camper en toutes circonstances; ce qu'il cherchait avec raison, c'est la limite antérieure du cerveau vers le bas du front, le point sus-orbitaire de M. Broca. Chez un gorille par exemple, en prenant le point le plus saillant qui est sur les arcades sourcilières, l'angle facial à sommet à l'épine nasale est de 49 degrés, tandis qu'en réalité, c'est-à-dire au point sus-orbitaire, il n'est que de 37 degrés. Par conséquent, quel que soit l'angle préféré, c'est toujours la limite antérieure de la cavité crânienne, et non le point le plus saillant, qu'il faut prendre supérieurement pour la ligne faciale. C'est dans ces conditions qu'ont été pris les>ngles ci-après, destinés à montrer

aoquet.

Jacquarl.

Camper.

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