‹ L'anthropologieChapitre 34 sur 209 · SACRUM · texte numérisé non relu

SACRUM

bres, et d'arrière en avant, comme chez le magot, (jui ira plus trace de caudales fausses et conserve d'une à ijuatre caudales vraies.

Chezriionnne, le type est tout autre. Sun sacrum se compose de deux portions : Tune à trois vertèbres, comme chez les singes ci-dessus, s'articulant avec l'os iliaque, et appelée «arr«7?i nécessaire; l'autre à deux ou trois vertèbres, libres par leur bord externe, ayant une gouttière rachidiennc et représentant un sacrum supplémentaire, soude au précédent. Quant au coccyx, il comprend quatre ou cinq vertèbres, toutes fausses. L'homme a donc une queue, formée de six à huit pièces, répondant, les premières au segment basique, et les dernières au segment terminal des mammifères, en général. La légitimité de cette interprétation est confirmée par l'étude de l'extrémité de la colonne vertébrale chez le fœtus.

De quel type les anthropoïdes se rapprochent-ils? De ce dernier, (c Chez tous, comme chez l'homme, les vraies vertèbres caudales sont fusionnées avec le sacrum, et le coccyx ne se compose que de vraies vertèbres, semblables à celles du coccyx de l'homme, c'est-à-dire plus développées en largeur qu'en hauteur et aplaties d'avant en arrière. » (Broca.) Doit-on considérer ce qui suit conmie une différence? Le sacrum supplémentaire de l'homme est formé, quatre fois sur dix, de trois vertèbres, au lieu de deux; celui des anthropoïdes varie de deux ;ï quatre pièces. D'autres variations morphologiques, de moindre importance, se présentent également chez tous deux dans le coccyx.

En somme, l'homme et les singes supérieurs se ressemblent par la conformation de la queue, de même qu'ils diffèrent ensemble, sous ce rapport, des singes proprement dits.

Le bassin présente de l'homme aux quadrupèdes des différences considérables qui proviennent de leur attitude opposée.

Formé de deux moitiés composées primitivement de trois os

distincts : l'os iliaque, l'ischion et le pubis, à la rencontre desquels se trouve en dehors la cavité cotyloide, il est partagé par une crête circulaire dite du détroit supérieur en deux étages, appelés le grand et le petit bassin ; le fœtus s'accroît dans le premier et s'engage dans le second un peu avant la naissance (voir fig. 9),

y'ig. 9. — Bassin d'homme : a, partie de la base du sacrum qui s'articule avec la dernière vertèbre lombaire ; b, erète iliaque ou bord supérieur de l'os iliaque ; c, cavité cotyloide, dans laquelle se loge la tète du fémur ; d, symphyse du pubis ou articulation des deux os pubis ; c, point où l'ischion, qui est eu dehors, se réunit au piû)is.

Chez rhomme, les os iliaques s'épanouissent latéralement en ailes larges, amincies au centre et concaves, bien faites pour supporter la masse des intestins et chez la femme le poids du fœtus; leur surface extérieure ou fosses iliaques externes est en conséquence convexe pour donner insertion aux muscles fessiers. Chez les quadrupèdes, ils se resserrent au contraire, s'allon-

gent de chaque côté de la colonne lombaire et se renflt-nt à leur face interne, Texlerne inversement devenant concave.

Les os iliaques de riiomme forment donc des sortes de valves qui en font des os plats; ils s'eflilcnt.au contraire, chez les quadrupèdes à course rapide, comme les équidés, le lièvre et le kangourou, et tournent en quoique sorte aux os longs. Entre ces doux dispositions, tous les intermédiaires se présentent.

Les mensurations que nous avons pratiquées sur 198 bassins divers mettent ce fait en lumière {{].

Lalongueur maxima prise de l'extrémité du sommet de Tischion an point opposé le plus éloigné de la crête iliaque excède la largeur raaxima prise d'une crête iliaque à l'autre de 23 pour 100 chez les ruminants examinés, de 32 pour 100 chez les carnassiers, de 33 pour 100 chez les rongeurs, de 37 pour 100 chez les marsupiaux et de 38 pour dOO chez les édenlés. C'est l'inverse chez Vhomme; la largeur l'emporte de 28 pour 100 sur la longueur. Les anthropoïdes varient, mais tous en se rapprochant plus de l'homme que des quadrupèdes. Les gibbons, de même que les autres singes, ont encore la longueur supérieure à la largeur. Chez les chimpanzés, les deux diamètres sont presque égaux. Les gorilles et les orangs sont très-voisins de l'homme; la largeur y dépasse la longueur de 19 pour 100 chez les premiers, et de 17 pour 100 chez les seconds. Pour des raisons physiologiques toutes particulières à ce groupe, les éléphants et les mastodontes ont une conformation du bassin semblable à celle de l'homme.

Comme conséquence, le sacrum des quadrupèdes est étroit, allongé, peu excavé à sa face intérieure, et contraste avec le sacrum de Thomme, qui est large à la base, épais, conique et

(1) Sur les proportions générales chez l'homme et les mammifères, par Paul Topiaard, in Mém. assoc. franc, pour l'avanc. des sciences, vol. III. Lille.

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