PÉRICARDE
celui des anthropoïdes aussi. Chez les autres singes, il est au contraire (rès-subdivisr, comme chez le chien ou le lapin.
M. Broca, dans son remarquable mémoire sur les Primates, que nous nous bornons à suivre, a attiré l'attention sur les variations du péritoine, cette membrane séreuse qui se replie autour des organes contenus dans la cavité abdominale et qui a pour objet de les isoler et de permettre leur glissement les uns sur les autres. Sa conclusion est que sa disposition ne diffère pas sensiblement chez l'homme et les anthropoïdes, tandis qu'en passant aux pithéciens elle présente aussitôt de grandes difiërences.
La distinction des mammifères en bipèdes et en quadrupèdes se reconnaît jusque dans la disposition de leurs organes intérieurs. La particularité signalée du péritoine, relativement au caecum, n'avait pas d'autre cause. La poitrine va nous montrer des différences du même ordre.
Le péricarde ou membrane enveloppante du cœur, qui est à cet organe ce que le péritoine est aux intestins, est entièrement dégagé du sternum chez l'homme et s'attache au diaphragme, cloison musculaire transversale, qui sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale. Chez les quadrupèdes, le péricarde est, au contraire, solidement fixé au sternum et aux articulations costales et ne tient pas au diaphragme. Dans le premier cas, en effet, le cœur repose sur le diaphragme; dans le second, sur le sternum, ainsi que l'exige l'attitude. Chez les singes, la disposition est intermédiaire ; chez les lémuriens, le péricarde n'adhère au diaphragme que dans une toute petite étendue ; chez les cébiens et les pithéciens, la surface augmente ; chez les anthropoïdes, le péricarde se comporte comme chez l'homme. Les changements qui en découlent dans la direction du cœur, dans la longueur de la veine cave inférieure et dans la courbure de l'aorte, auprès de son origine, sont à l'avenant. Un
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autre résultat du défaut d'adhérence du cœur au diaphragme, chez les quadrupèdes, est l'interposition entre les deux d'un lobule du poumon droit. Ce lobule, désigné du nom d'impar, existe dans toute la série des mammifères, des marsupiaux aux carnassiers, et manque chez l'homme. Chez les lémuriens et les cébiens, il est encore développé ; chez les pithéciens, il se rapetisse ; chez les gibbons, il est presque nul ; chez l'orang, le chimpanzé et le gorille, il n'y en a plus de trace.
Des viscères nous passerions aux vaisseaux, que, toujours, nous trouverions la confirmation du même fait : l'organisation des anthropoïdes se calquant sur celle de l'homme et s'éloignant de celle des autres groupes simiens. Disons cependant quelques mots du larynx et des organes de la reproduction, avanld'aborder une étude de la plus haute importance, l'étude du cerveau.
Le larynx, ou organe de la voix, n'est aulre que Textréraité supérieure de la trachée-artère où se trouve la glotte, et par laquelle passe l'air expiré. 11 se compose, comme la trachée, de cartilages, mais plus gros, au nombre de deux principaux, le cricoïde, en bas, et le thyroïde, en haut et est fermé supérieurement en certaines circonstances par une sorte de soupape, Vépiglotle. Par toutes ses parties essentielles, ce petit appareil est identique dans la série des mammifères, et notamment dans celltdes singes.
Sur quatre points de son étendue, savoir : au-dessous du cricoïde, entre celui-ci et le thyroïde, entre le thyroïde et l'épiglotte, et enfin entre les cordes vocales, se voient, par exception, des dilatations ou ampoules qui prennent une certaine importance chez les anthropoïdes, les unes médianes et uniques donnant lieu à trois premières variétés anatomiques, les autres latérales et doubles formant une quatrième. La première variété de dilatation, ou trachéale. S'observe chez le cheval, l'âne et, parmi les singes, chez le caila du groupe des cébiens ; la