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ACCROISSEMENT DU CERVEAU

décroissance. Elles durent plus ou moins, voilà toute la différence.

Parmi tous ces phénomènes, ceux qui se produisent dans le squelette ont le plus d'intérêt immédiat pour Tanthropologiste. C'est par leur connaissance exacte qu'on arrive à la détermination de rage des restes osseux, problème non moins important à résoudre pour Tanthropologiste dans son laboratoire, que pour l'archéologue qui vient de mettre au jour des fossiles précieux.

Quelques mots auparavant sur la tète cependant ; ses pro portions, relativement au corps, ne sont pas, dès les premiers temps de la vie embryonnaire ou même de la naissance, ce qu'elles seront plus tard. Au deuxième mois de la conception, la tète forme la moitié du corps, à la naissance elle en représente le quart, à l'âge adulte la huitième partie. Le même fait se reproduit pour le contenu de la boite crânienne.

Accroissement du cerveau. — Dans toute la série des mammifères, cet organe est plus petit relativement au reste du corps à la naissance qu'à la période de son développement complet. Chez le marsupial nouveau-né, dit M. Owen, il est alors moins gros en proportion que dans les mammifères supérieurs.

Les chiffres suivants, empruntés à M. Welcker, montrent la capacité crânienne aux différents âges chez l'homme et par conséquent le volume progressif du cerveau :

Hùmmes. Femmes.

Nouveau-ué 400<'c 360

A deux mois 540 510

A un an 900 850

A trois ans 1080 1010

A dix ans 1360 1230

De vingt à soixante ans 1450 1300

Chez les anthropoïdes, le développement est moins rapide; on

ignore leur capacité crânienne ù la naissance, mais durant lu première dentition, elle s'est trouvée de 322 centimètres cubes chez huit orangs, tandis que chez quinze adultes de la même espèce, elle était de 413. En supposant que leur première dentition réponde à Tàge moyen de deux ans, la' capacité crânienne s'accroîtrait donc de la première dentition à l'âge adulte de 31 pour 100 chez l'homme et de 22 pour 100 seulement chez l'orang.

I*our parer aux nombreux inconvénients pour le cerveau auxquels donnerait lieu la résistance des parois du cràni; à un développement aussi considérable, les sutures qui réunissent les os conservent leur mollesse plus longtemps chez l'homme, et ne commencent à s'ossifier définitivement qu'à une époque loinlaine, lorsqu'il n'y a plus de probabilité d'un accroissement du contenu, et que la vie cérébrale est sur le point d'entrer dans une phase de moindre activité. Ceci nous conduit à parler de la façon dont se comportent les sutures, et à donner déjà l'an des premiers moyens de connaître l'âge d'un crâne.

Ossification des sutures crâniennes. — Les os traversent trois phases correspondant aux trois âges de la vie. Dans la première, l'os est mou, puis cartilagineux ; dans la seconde, il est osseux et continue dans toutes ses parties ; dans la troisième, ou sénile, il devient plus dense, quoique plus léger et plus fragile, le diploédans les os plats est plus spongieux, le canal médullaire plus large dans les os longs, et les extrémités de ceux-ci ont des cellules plus grandes. Entre la première et la seconde existe une période de transition pendant laquelle apparaissent au sein du cartilagedes pointsou centres d'ossification, qui grandissent de proche en proche et finissent par envahir tout l'os. Ces points sont de deux ordres, les uns principaux pour le corps ou diaphyse, les autres secondaires pour les extrémités ou épiphyses et les proéminences.

Au crâne, les points d'ossification apparaissent d'abord dans ce qui répond au corps des trois vertèbres crâniennes, l'apophyse basilaire de Foccipital, le sphénoïde postérieur et le sphénoïde antérieur, puis dans les os latéraux et dans ceux de la voûte. L'époque de réunion de quelques-unes des pièces secondaires €st bonne à connaître, en ce qu'elle permet de juger dans certaines circonstances si révolution s'opéraitrégulièrement. Ainsi :

A trois mois de la vie fœtale, les deux points supérieurs de l'ccaille occipitale se soudent aux deux inférieurs, autrement dit, ce qu'on appelle la suture interpariétale se ferme.

A huit ou neuf mois de la vie fœtale le corps du sphénoïde antérieur se réunit au corps du sphénoïde postérieur.

Vers deux mois après la naissance, la fausse suture qui sépare la pièce basilaire de l'occipital des deux pièces condyliennes se ferme.

Vers cinq ou six mots, le corps du sphénoïde postérieur se réunit aux grandes ailes.

Vers un an, les trois parties, pétreusc, matoïdienne etsquammeuse du temporal se soudent. Les deux moitiés du frontal de même ; la suture qu'elles forment lorsqu'elle? persistent chez l'adulte porte le nom de médio-frontale ou métopiquc. Sur 61 1 crânes parisiens nous avons constaté cette persistance anormale o8 fois, c'est-à-dire un peu moins d'une fois sur 10, ou 9,63.

Vers trois ou quatre ans, l'apophyse styloïde se soude au temporal, à moins qu'elle n'en reste détachée toute la vie.

Vers quatre ou cinq ans, la suture qui sépare la pièce occipitale externe de l'écaillé occiiàtale est fermée.

Les vraies sutures sont la coronale, la sagittale, la lambdoïde, la temporale, la sphéno-pariétale, auxquelles se rattachent les espaces désignés, à leur jonction, sous le nom de fontanelles. Le moment où leurs bords ont fini de s'ossifier et de s'engrener €st mal déterminé. Le corps des sutures sagittale et coronale

se ferment très-pidoipti'inciit après la naissance cl avant que les pièces de la base soient soudées. La fontanelle bregmatique est toujours fermée avant doux ans et demi, sauf maladie, suivant M. Bouvier, et plus tôt suivant M. Broca.

La suture qui réunit l'occipital et le sphénoïde a un rôle à part. Tantôt elle manque chez les animaux, tantôt clic persiste toute la vie ; chez l'homme elle passe directement de l'élat cartilagineux à l'état osseux, vers dix-huit à vingt-deux ans sans présenter de temps d'arrêt, comme les sutures précédentes.

Toutes ces données servent à déterminer l'âge, mais c'est à leur troisième phase au moment où l'on est à court de moyens dans d'autres parties du corps que la considération des sutures devient précieuse. A ce moment, les dentelures s'effacent, les os en contact arrivent à ne plus former qu'un, la suture est synosto- 5t'c. Cette sjnostose, l'un des premiers signes de la sénilité naturelle du squelette, peut, dans quelques cas, se produire plus tôt par le fait de maladie. Il n'y a pas alors d'état adulte ou stationnaire de la suture et les troubles qui en résultent pour le développement du crâne et du cerveau sont d'autant plus graves que le sujet est plusjeune. Nous en parlerons plus loin.

Le premier endroit où la synostose apparaît par les progrès de l'âge varie. Le plus fréquemment c'est sur la sagittale, à l'union de son cinquième postérieur et de ses trois cinquièmes antérieurs. D'autres fois c'estaux extrémitésde la coronale, auprès de la crête temporale ou plus bas, à la jonction des quatre sutures en U de cette région. Le second ou le troisième endroit est la suture lambdoïde, soit que la synostose ait apparu d'emblée sur le milieu de ses deux branches, soit qu'il y ait eu extension de l'ossification précédente. Le quatrième point envahi est la suture coronale au voisinage du brcgma. Le cinquième frappe sur la suture squammeuse du temporal.

Aucune suture n'étant oblitérée, le sujet, en somme, a

environ trente-cinq ans, ou moins. Le point sagittal postérieur commençant à se fermer, il a environ quarante ans. La suture coronale s'ossifiant au voisinage du bregma, il en a cinquante ou plus. La suture temporale fermée, il en a soixante-dix ou plus. Pour les âges intermédiaires et suivants, on a égard à l'étendue des points envahis, au degré de l'ossification en chaque endroit, et aussi à d'autres caractères dont nous parlerons (i).

L'époque d'ossification définitive des sutures varie du reste dans des limites très-larges. Elle est quelquefois partielle et très-prématurée. D'autres fois elle est retardée; plus le cerveau fonctionne et plus tard elle s'opère, d'après M. Broca ; chez les idiots elle est en avance. D'une race à l'autre, il y a des différences : dans les races blanches les choses procèdent comme nous l'avons dit, c'est-à-dire d'une manière générale d'arrière en avant; dans les races nègres ce serait l'inverse, suivant Gratiolet, c'est-à-dire d'avant en arrière. Cette dernière proposition est prématurée et sans oser la nier, nous dirons qu'elle ne saurait en tous cas être érigée en règle générale.

Si la boîte crânienne se montre dés la naissance avec un volume déjà considérable, il en est autrement de la face, qui est petite et s'accroît davantage par son appareil maxillaire, ainsi qu'en témoigne l'augmentation de l'angle facial et de l'angle du prognathisme, de l'enfance à l'càge de l'adullc. Ce sont les arcades alvéolaires , surtout dans la partie répondant aux molaires de la deuxième dentition, qui prennent la plus grande part à ce développement ; elles s'allongent d'arrière en avant et augmentent de hauteur et d'épaisseur.

Un phénomène inverse a lieu lorsque les dents tombent naturellement par les progrès de l'âge, les bords de l'alvéole se

(I) Voyez Recherches sur l'état sénile du crâne, par E. Sauvage. Taris, 1870.

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rapprochent et s'atrophient et le bord alvéolaire perd de sa hauteur et de son épaisseur. Deux conséquences anatoniiques en résultent : 1° le trou mentonnier, situé à égale distance ou à peu près des deux bords de Tes chez l'adulte, semble se rapprocher de plus en plus du supérieur chez le vieillard, observation dont M. Broca a tiré parti dans son intéressant mémoire de 1848 sur les ossements des Célestins ; 2° l'angle que fait la branche horizontale avec la branche postérieure de la mâchoire s'ouvre et tend à revenir à ce qu'il était dans l'enfance. Cet angle est de d70 à 160 degrés à la naissance, il descend à 130 et 130 pendant la première dentition, puis à Uo degrés pendant la seconde dentition, approche de Tangle droit durant la période adulte et revient à 130 et 140 dans la vieillesse (Humphry).

De là une série de caractères qui, sur des maxillaires, même isolés, permettent d'apprécier l'âge approximatif du sujet. Associés à ceux que fournissent les sutures crâniennes, à d'autres caractères tirés de l'éburnation ou inversement de l'atrophie inégale avec déformation du crâne et enfin à ceux des dents, ils fournissent pour la tèle une somme de présomption qui équivaut à une'certitude.

L'appareil maxillaire n'est pas la seule partie de la face qui se modifie aux diverses phases de la vie. Les cavités des sens sont à un moindre degré dans le même cas ; ainsi les sinus frontaux, dépendant de l'appareil olfactif, sont rudimentaires chez l'enfant, très-développés chez l'adulte et s'atrophient chez le vieillard. Tous les sinus de la face, auxquels il faut joindre les cellules mastoïdiennes, semblent dans le même cas, ils ne prennent leur développement qu'après la puberté.

Evolution des dents. — De tous les moyens en usage pour diagnostiquer l'âge les plus utiles, particulièrement avant la période adulte, sont tirés de l'examen des dents. Leur évolution se partage en deux périodes d'autant plus importantes à dis-

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