‹ L'anthropologieChapitre 68 sur 209 · FONCTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

FONCTIONS GÉNÉRALES

ni se construire un abri qui soit autre qu'un nid ^1). Les nègres océaniens qui log-ent dans des arbres ou couchent sous un fagot adossé à un rocher, le font par paresse ou indifTérence plutôt que par incapacité.

Les sauvages les plus inférieurs connus ont quelques notions de dessin ; ils savent faire pour le moins une croix ou un rond en imitation des objets qu'ils ont sous les yeux, et nous n'attachons pas grande créance, pour notre part, au fait raconté par Oldfield, que des Australiens occidentaux ne savaient pas distinguer la figure d'un arbre de celle d'un navire; dans la même région, d'autres voyageurs ont noté, au contraire, une certaine capacité intellectuelle de ces mêmes indigènes ; il devait s'agir d'un cas particulier qui trouverait aisément son explication.

Dans toutes les races humaines existe le sentiment de la coquetterie ou de la parure. Plusdéveloppé chez la femme dans les pays civilisés, il l'est davantage chez l'homme dans les tribus barbares. Les uns se tatouent ou se suspendent des objets aux oreilles ou à la cloison du nez, d'autres se teignent les cheveux ou s'aiguisent les dents de devant. Quelque chose d'ana/ogne a été observé sur les singes réduits à la domesticité. Bou nombre de peupladas n'ont pas les moyens de compter au-delà de deux, et sont moins favorisées sous ce rapport que la pie qui compte jusqu'à trois, d'autres disent jusqu'à douze. Mais toutes ont la notion de nombre. Un Boshiman cependant, quoique relativement intelligent, était incapable d'additionner un et un,

L"homme ne se distingue en rien des animaux sous le rapport de la famille. Il est monogame ou polygame et la femme

(l) Livingslonc a vu l'un de ces nids grossiers, fabriqué par un chimpanzé, le soko. M. du Chaillu a vu un autre chimpanzé, le troglodytes calvus. se construire une sorte de toiture circulaire dans les arbres.

FAMILLE. Ki:*

polyandre comme eux. Le gorille et le chimpanzé sont monogames, très-soucieux <le la (idélité de leurs épouses et attentionnés pour elles. L'homme s'unit de même sans scrupule avec ses proches. 11 donne ses soins et son amour à ses petits au-delà du temps de la lactation et jusqu'à ce qu'ils puissent se suffire. S'il prolonge ce temps en leur faveur au-delà de la puberté, c'est par suite d'habitudes sociales. Les cérémonies qui accompagnent le passage de l'enfance à l'état adulte marquent dans toutes les tribus sauvages le moment où l'homme acquiert son indépendance. L'amour maternel, avec tous ses traits de dévouement aveugle, existe ou fait défaut de part et d'autre sans qu'il y ait aucune différence à signaler. La femme accouche seule et sans aucun secours chez les sauvages comme chez les animaux. Le père y est maître de la vie de ses enfants, il pratique l'infanticide à sa guise sans s'en cacher, de même que le fds plus tard se débarrasse de ses parents devenus un fardeau. Ainsi les Todas tuent leurs filles au berceau, comme superflues en excès, de même qu'ils tuent leurs buffles mâles sauf un, parce qu'ils ne donnent pas de lait. A l'état naturel, l'utilité prime tout, et le plus fort, l'homme, rapporte tout à ses besoins, la famille et le reste. 11 faut bien confesser que dans l'état social, il en est à peu près de même sous des apparences moins dures ; l'égoïsme bien entendu est le mobile presque universel et n'est limité dans ses effets que par les lois ou les fruits de l'éducation.

L'homme vit en société, parce que, doué du langage, il a besoin d'exercer cette faculté, et qu'il aime à être écouté, adulé, mais aussi en vue de la satisfaction des besoins communs et de la réalisation d'une plus grande somme de bien-être. L'émulation qui en résulte est la cause la plus puissante des progrès accomplis à travers les siècles dans l'ordre physique, dans l'ordre moral, comme dans l'ordre intellectuel. Plus l'ag-

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