‹ L'anthropologie philosophique [microform], consideree comme base de la moraleChapitre 16 sur 25 · Principles of Sociology, vol. I, section · texte numérisé non relu

Principles of Sociology, vol. I, section

2. Comparer : Giddings, Principles of Sociology, New-York, 1896, PI». 405, 406.

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objets inanimés). Les Congrès de la paix qui correspondent à l'accroissement, à l'époque moderne, des relations commerciales et industrielles sont tout à fait significatifs en ce sens. La guerre tend de plus en plus à disparaître, entre nations civilisées, pour faire place à la lutte industrielle. Les armées servent surtout contre les peuples demi-civilisés et barbares, et on peut croire aisément que la force armée sera toujours nécessaire contre eux, si toutefois l'homme veut mettre à son service l'univers entier. Ce que nous avons appelé la lutte pour l'existence ne rentre pas uniquement dans le processus d'évolution. C'est une partie du processus plus général d'adaptation. Cependant il n'est pas très exact de désigner le processus tout entier sous le terme de lutte, si du moins nous voulons simplement indiquer par là l'existence de la douleur. Les activités impliquées dans l'adaptation sont, dans une large mesure, plus agréables que douloureuses. Môme la guerre et les combats contre les bêtes féroces peuvent, jusqu'à un certain point, être un plaisir. La douleur a son siège dans les cellules sensorielles, motrices ou idéationnelles. La douleur qui naît de l'adaptation du milieu rentre principalement dans ces deux premières catégories. C'est une douleur sensorielle pour l'être humain d'être exposé aux atteintes des agents externes animés ou inanimés. C'est une douleur des cellules motrices quand les efforts humains sont exagérés, par exemple dans une guerre offensive. L'adaptation de l'homme lui-même peut être aussi une lutte, une lutte interne, et est suivie de douleurs rentrant dans les deux dernières catégories plutôt que d'une douleur sensorielle. D'autre part, il se produit aussi une douleur motrice au cours de l'activité exces-

sive que la survivance nécessite souvent. Mais le conflit intérieur des idées qui accompagne une réadaptation à de nouvelles conditions est également une source de douleur. Dès lors la civilisation est en grande partie un produit de douleur.

Si nous voulons exprimer ce qu'est l'évolution humaine, en nous plaçant au point de vue de l'énergie, nous dirons qu'elle consiste en une intégration crois- ■sante, au profit de la race, de l'énergie puisée dans le milieu. Ce n'est pas seulement un accroissement de puissance constitutionnelle, physique et mentale, mais un accroissement de la faculté de centraliser la force par l'emploi d'agents physiques, tels que les machines,, les outils, les maisons et les livres.

Nous ne mentionnerons que très brièvement les autres lois biologiques. C'est tellement un lieu commun en sociologie qu'il n'est guère nécessaire d'aborder ce sujet. Nous ne remplirons point nos pages d'exemples de l'application de ces lois dans les diverses branches de l'activité humaine ; nous ne répéterons pas non plus ce que nous avons dit dans les chapitres relatifs aux activitésprimaires et secondaires. Le lecteur pourra faire tout cela lui-même. Les lois que nous avons étudiées, en particulier les lois relatives à la survivance, l'adaptation et l'évolution, peuvent être considérées comme des lois relatives aux fins. Les autres lois de la biologie, de la psychologie et de la sociologie sont surtout relatives aux moyens. Les unes indiquent les moyens existants ou possibles, les autres considèrent le mode d'action de ces moyens. Dans la première catégorie rentrent les principes relatifs à la dépendance réciproque des activités primaires et secondaires ; dans la seconde catégorie, on peut ranger les lois relatives aux limites

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d'exercice et à rallernance des exercices. Les chapitres précédents sont consacrés à démontrer que les activités secondaires sont un produit des activités primaires, en dépendent et sont des moyens qui contribuent à leur mise en jeu. Si on les distribue dans l'ordre de leur importance vis-à-vis de la survivance considérée comme fin, la nutrition, la reproduction et la protection se placent au premier rang; puis viennent l'innervation et la locomotion, moyens indirects employés par les trois activités précédentes, mais qui sont elles-mêmes des activités primaires, en ce sens qu'elles sont devenues des éléments constitutionnels de la nature humaine, tout comme la fonction esthétique. Les plus importantes des activités secondaires sont les moyens de suggestion sociale, communication et éducation ; puis les moyens de contrôle social, gouvernement, religion, cérémonial. Mais il y ici dépendance réciproque; le haut développement de toute activité soit primaire, soit secondaire, dépend du haut développement de l'autre groupe d'activités. Chacune dépend de toutes les autres. Une grande loi, qui cependant a quelques exceptions, facile à observer surtout dans la dérivation des activités secondaires des activités primaires, est la suivante : L'action passe de l'état direct à l'état indirect. Quant au mode de fonctionnement des activités humaines, nous observons des limites d'exercice minimum et maximum très bien tranchées, au-delà desquelles l'organisme se détériore. Cette loi, très évidente pour ce qui est des fonctions physiques, est indubitablement vraie des activités psychiques. Etroitement unie à cette loi est la loi de l'alternance des activités, le besoin de variété et de repos.

On a beaucoup discuté la mesure relative dans laquelle l'hérédité et le milieu déterminent les actions humaines. Sans entrer à fond dans une discussion de ce sujet, nous pourrons répéter ici que : 1" c'est surtout le milieu qui explique le mieux les différences entre individus appartenant à la même race ou à la même famille ; 2' c'est surtout l'hérédité qui explique les différences entre les familles et les races. Mais il faut être assez circonspect dans l'emploi de ces termes. Si nous remontons assez loin, non seulement jusqu'aux premiers êtres humains, mais aux ancêtres de l'homme, nous pouvons comprendre toutes les diverses influences, y compris l'hérédité, dans le terme de milieu. De même, un seul individu peut être considéré comme un produit soit de l'hérédité, soit du milieu, selon que nous le prenons dans son enfance ou dans son âge mûr. Dans les arts sociaux et en morale, la question la plus pratiquement importante est celle de l'influence relative de la personnalité et du milieu à un moment donné dans la détermination d'une action. Il faut examiner ce que l'un et l'autre sont et non point ce qu'ils ont été à l'origine. On peut en grande partie voir dans la personnalité un résultat des milieux précédents où l'homme a vécu ; on peut prouver aussi que le milieu est en grande partie un résultatde personnalités précédentes. Bien plus, la transmission héréditaire, elle-même, bien que l'emploi de ce terme soit un peu douteux ici, peut être regardée comme embrassant par définition l'adaptation des milieux déjà mentionnés, machines, maisons, livres ; ce legs matériel est, dans la civilisation, d'une importance aussi capitale que les legs physiques ou

psychiques.

Si nous examinons les lois de la psychologie et de

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la sociologie, qui devront figurer dans notre liste, nous en trouverons un certain nombre qui ont été déjà mentionnés. La plupart des lois de ces deux sciences ne sont que des lois de la physique ou de la biologie, appliquées seulement à des phénomènes dAm ordre particulier, phénomènes psychiques ou phénomènes sociaux. La plupart des lois de la psychologie sont relatives aux moyens, c'est-à-dire que l'esprit luimême étant un moyen pour atteindre les fins d'évolution, d'adaptation Jt de survivance, ces lois sont relatives à la manière dont l'esprit opère en tant que moyen. Quelques exemples suffiront pour rappeler au lecteur que ces lois forment la matière des ouvrages de psychologie et qu'il faut s'adresser à ces livres plutôt qu'à celui-ci pour avoir des détails sur les lois de l'activité psychique. Toute connaissance vient de l'expérience ou de l'observation et va du particulier au général; de rintérôt naît l'attention, et de l'attention naît la connaissance ; la connaissance fait naître le désir, et le désir produit l'action; ce sont là des lois connues de chacun, des lois fondamentales. Tarde en cite bien d'autres dans son excellent examen de l'imitation et de l'opposition ou invention, tout en passant de leur côté psychologique à leur côté social. Le point de départ de l'imitation est l'acquisition d'une idée nouvelle, et correspond à cette tendance qu'a le spontané à devenir habituel, les actions volontaires à se transformer en actions réflexes et à s'exécuter plus habilement. L'invention correspond à la tendance opposée, c'est-àdire consiste à passer de l'instinctif au rationnel, de la fixité à la plasticité, de l'héréditaire à l'acquis. L'invention et Limitation se complètent réciproquement. Chacune d'elles commence là où l'autre finit. L'une et

l'autre sont d'une nécessité fondamentale dans la civilisation, rimitation étant la base de l'ordre, et l'invention le principe de tout progrès; de leur action combinée résulte, comme Tarde l'a prouvé, l'adaptation^

La dépendance réciproque de l'ordre et du progrès nous paraît être ici une autre loi fondamentale de l'anlhropologie et se trouve en relation directe, en tant que moyen, avec les grandes fins d'adaptation et de survivance. L'ordre est la conservation de ce qu'il y a de plus économique dans les choses anciennes; c'est un résultat non seulement de l'imitation, mais de l'hérédité de la personnalité, c'est-à-dire d'un bon organisme, d'un bon caractère, de bons instincts. Le progrès est l'essence de l'évolution, de la complexité croissante, de la création et de l'invention des moyens de survivances plus économiques. Son côté physique est beaucoup moins important que l'élément psychique. En effet, l'évolution physique est très lente, et la conservation physique est très puissante ; le principal élément du progrès est, par suite, l'évolution des idées. Et en réalité c'est là la principale caractéristique et la principale loi de la vie humaine ; car l'essence de la vie ellemême est plutôt le progrès que l'ordre. Sans cela, la vie ne pourrait se conserver dans un milieu toujours en évolution; ce n'est qu'en évoluant lui-même qu'un être humain peut lutter avec quelque succès contre toutes les formes de la vie qui l'entourent, surtout dans les temps préhistoriques. De nos jours une évolution mentale est plus nécessaire encore, pour que l'homme puisse lutter avec succès contre les obstacles croissants qu'élève devant lui le milieu inorganique

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