Voir First Principles, chap. xxi, xxii, etc
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les lois de rindestructibilité de la matière et du mouvement, mais c'est là une des lois les plus générales, dont doivent tenir compte le biologue, l'anthropologiste et le sociologue. L'adaptation est une des premières conditions de la survivance. Cette loi a pour corollaire la loi de différentiation, en vertu de laquelle les races et les tribus humaines s'adaptent aux conditions de milieu les plus différentes, à la chaleur et au froid, à l'abondance comme au manque de nourriture, etc. ; cela permet à l'espèce humaine de mettre à contribution, pour satisfaire ses besoins, une plus grande partie de la surface de la terre que ne peuvent le faire d'autres espèces. Cela accroît les possibilités d'existence et augmente la somme totale de la vie humaine. La loi de spécialisation est vraie de l'organisme individuel aussi bien que de la société, des fonctions biologiques aussi bien que des fonctions psychologiques ou sociales. La spécialisation des individus et des races a rendu l'homme capable d'exécuter des combinaisons de plus en plus parfaites qui lui permettent de faire servir le monde à son usage et de le dominer.
Les activités de l'individu ont pour résultat non seulement son adaptation au milieu, et, par l'intermédiaire de l'individu, l'adaptation de ses descendants ou de l'espèce en général, au milieu ambiant, mais encore une adaptation du milieu en faveur de l'espèce. Ce dernier mode de l'adaptation s'observe beaucoup dans la vie humaine et caractérise tous les organismes dont l'attitude dans la lutte est plutôt offensive que défensive. Mais les autres animaux, les carnivores par exemple, adaptent à leur usage plutôt le milieu organique que le milieu inorganique, tandis que l'homme civilisé adapte l'un et l'autre. L'histoire de la civilisa-
tion ou histoire des relations que l'homme contracte avec son milieu, dans un lieu donné, sous la forme d'une lutte pour l'existence, se divise de la façon suivante: 1° La première phase, où les hommes sont encore en petit nombre, est caractérisée par la lutte de l'homme avec le milieu non humain et organique, surtout dans les régions oii des organismes très semblables au sien lui disputent la suprématie; 2' La seconde phase s'observe dans les agglomérations humaines. C'est alors un combat de l'individu contre le milieu humain ou social ; 3° Dans la troisième et dernière phase, les agglomérations diminuent par suite d'émigrations ou d'autres facteurs ; les instincts humanitaires poussent plutôt à la coopération qu'à l'opposition. La caractéristique de cette phase est la lutte contre le milieu inorganique. C'est l'âge des machines ; les forces de la nature inorganique sont mises au service de l'homme. Pour parler comme Spencer, les deux premières phases correspondent à la période militariste, la troisième à la période industrielle ^ Les deux premières sont communes à la vie humaine et à la vie animale ; la dernière est particulière à l'homme. La souffrance est un trait si essentiel des deux premières phases que Patten propose de les appeler l'âge de l'économie douloureuse (pain economy). La dernière où la proportion des objets utiles s'est fortement accrue serait alors l'âge de l'économie agréable (pleasure economy '2). Dans la période industrielle, la lutte pour l'existence est moins une lutte entre nations qu'une lutte des nations civilisées contre le reste de l'univers (monde animé ou