RAPPORTS DES DOIGTS AURICULAIRE ET MÉDIUS AVEC LE PIED ET LA COUDÉE
Les anomalies des extrémités qui s’observent soit à la main soit au pied ont longtemps retenu l'attention des auteurs parce que, suivant l'expression de Féré, «la main décadente est un des rares signes que l'on puisse voir à découvert et à première vue ; joint aux stigmales que peuvent présenter la tête, la face, 1l acquiert une grande valeur ». Ce sont surtout les grandes malformations : adactylie, syndactylie, polydactylie, etc..., auxquelles on a attribué une réelle signification dégénérative. Mais c'était là, comme nous l’avons dit plusieurs fois déjà, des stigmates isolés au milieu d’une foule d’autres. Nous avons pensé qu'il pouvait être plus utile, au point de vue de la connaissance de la question des dégénérescences, de relever non plus des malformations, mais des déviations de rapports anthropométriques qui, chez les normaux, ont une fixité absolue.
D'ailleurs, 1l était logique de penser que l'influence morbide intervenant pour troubler le développement du corps devait, chez un même individu, produire des
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anomalies de plusieurs segments. Notre conviction, sur ce point, a été vite établie, car, sur chacun des sujets que nous examinions, nous relevions, en général, des déviations anthropométriques multiples : il est facile de s’en rendre compte en examinant de près les observations que nous rapportons ici.
I] nous reste à voir maintenant une dernière catégorie de rapports : médius et coudée, auriculaire et pied qui nous permettront, par l'examen de la fiche anthropométrique, de juger du développement de la main et du pied. Il résulte, d’après M. Et. Martin, de l’examen des statistiques de Bertllon auquel nous nous adressons toujours pour ces questions encore si peu connues d'anthropométrie, à partir de l’âge de 15 ans un rapport fixe entre la longueur du médius et la coudée gauche. La longueur de ce doigt, prise de façon très précise, avec, seulement un écart tolérable de eo mm. 5 est égale au quart de la coudée totale. Ces deux segments ont une marche de croissance semblable, et chacun arrive au terme de son accroissement vers 21 ans où nous avons pour le médius 0,1128, et pour la coudée 0,448, exactement quatre fois plus. Cette proportion se maintient ensuite constamment à quelques millimètres près. Nous constatons de même que l’auriculaire est égal à trois fois la longueur du pied avec une approximation plus large. Sur trois cents fiches examinées par nous à ce sujet, nous avons trouvé les résultats suivants :
nn, Médius — 1/4 CONS RER RTC 3,66 0/0 Médius > de 1 à g.millimètres. . . . 37,3 o/o Médius = de 1 à © centimètres. . . . 18 o/o Médius > au delà de 2 centimètres . . 6 o/o Médius < que 1/4 coudée de 1 à g mill. 25,66 oo Médius <<ade sn aseentimetres MN 7,3 0/0 Médius < au delà de 2 centimètres . . 1,66 0/0 Auriculaire — 1/3 longueur du pied. . 4 0/0 Auriculaire = de 1 à 9 millimètres . . 48 0/0 Auriculaire = de r à 2 centimètres . . 11,6 o/o Auriculaire = au delà de 2 centimètres. 10,3 0/0 Auriculaire de 1 à g millimètres . . 19,66 oo Auriculaire de r à 2 centimètres . . 5 o/o Auriculaire < au delà de 2 centimètres. 1,33 0/0
Ces chiffres corroborent assez bien ce que la statistique de Berüllon nous avait montré, c'est-à-dire qu’au delà de quelques millimètres d'écart, nous entrons dans le domaine des exceptions anthropométriques.
Nous nous sommes occupé de la coudée au chapitre de la grande envergure, et nous avons, à ce moment, trouvé l'explication des envergures anormales dans des anomalies de grandeur de la coudée. Mais ce segment lui-même, est composé de deux longueurs : l'avant-bras, de l'olécrine à l’apophyse styloïde du radius, et la main; chacune de ces longueurs variant pour son compte et indépendamment l’une de l’autre produira l'excès de grandeur ou de petitesse de l’ensemble du segment ou coudée. La fiche anthropométrique nous rend facilement compte de ces faits. Sur cette fiche ne sont portées que les longueurs du médius et de l’auriculaire et ici une question se pose: pouvons-nous, à l'aide des grandeurs digitales, juger du développement de la main ? Il n’est pas douteux qu’on peut voir chez
des dégénérés des anomalies de la main tenant à une inégalité de longueur des os du métacarpe: la brachydactylie ne serait alors qu'apparente (thèse de Lucien Mayet, Lyon, 1902,p. 64). Mas le plus souvent, c'est la brièveté excessive ou la longueur exagérée des phalanges qui fait la grande ou la petite main.
Remarquons, en passant, que seul de tous les doigts, le médius est compris dans la coudée mesurée selon la méthode bertillonienne, et ce fait donne au rapport que nous établissons entre ces deux segments toute sa valeur.
Bien entendu, ce rapport n’a de certitude véritable qu'en dehors des déformations professionnelles des mains, or, on ne mesure que le côté gauche pour éviter l'erreur possible. Mais chez les gauchers, l'erreur sera fatale, et 1l faudra, dans l'examen des sujets, bien élucider ce point important avant de conclure à l’anomalie du rapport. On rencontre surtout les gauchers chez les dégénérés, et Lombroso considère ce phénomène de latéralité comme une véritable asymétrie sensorielle. Il résulte d’une enquête du D: Schæfer, de Berlin, portant sur 18.000 enfants, que 99 pour 100 sont droitiers, 0,21 pour 100 ambidextres. Cet auteur a relevé l'hérédité directe ou indirecte dans un cas sur (rois.
Ces considérations préliminaires sont applicables au rapport de l’auriculaire à la longueur du pied. Nous pouvons ainsi, grâce à l’utilisation de la fiche anthropométrique, trouver facilement les auriculaires courts, si fréquents chez les dégénérés et les épileptiques.
Voici quelques observations qui montreront mieux