DOU CESAR
, . Je comprends et je prends, mon très-cher;
et, lui présentant un verre de vin:
Approche, galion,el d'abord bois-moi çà.
L'Iiomme, mon cher ami, n'est que de la fumée , Noire, el qui sort du feu des passions, ^oilà !
Voilà qui n'est pas clair. Il lui verse une nouvelle rasade :
C'est bête comme tout, ce que je te dis là.
In vino veritas ; mais que va-t-il faire de la saccoche d'argent?
Il se demande premièrement s'il ne devrait pas s'en servir pour payer ses créanciers, ou du moins les arroser avec quelques à compte. Oh ! non ;
A quoi bon arroser ces vilaines fleurs-là.
Rien n'est tel que l'argent pour vous corrompre un homme.
Et fût-il descendu d'Annihal qui prit Rome, L'emplir jusqu'au goulot de seiitiraenls bourgeois.
Jusqu'au goulot! l'idée est neuve et don César a bien raison de s'écrier :
Oli diable mon esprit va-t-il chercher cela ?
Au reste, s'il n'aime point à payer ses dettes , il n'a pas envie non plus de dormir sur son trésor. Il donne au commissionnaire qui le lui a remis, les adresses de plusieurs personnes auxquelles il destine des cadeaux, adresses qui devraient paraître suspectes à ce brave homme, tout ivre qu'il est, et lui faire craindre quelque méprise ; mais qu'est-ce qu'une invraisemblance de plus ou de moins parmi tant d'impossibilités ? Il lui indique, au bout de la place mayor,
Une maison étroite.
Beau logis, si ce n'est que la fenêtre à droite ^ sur le cristallin une taye en papier.
LE C03IMISSI0MHAIRE.
Maison borgne ?
DO?i CÉSAR.
Non; louche. En haut loge une belle, Un peu courte, un peu rousse; un bonnet de six sous Avec de gros cheveux ébouriffés dessous; Compte lui cent ducats en mon nom.
Plus loin tu trouveras un trou noir comme un four, Un cabaret qui chante au coin d'un carrefour ; Sur le seuil boit et fume un vivant qui le hante; C'est mon ami de cœur, nommé Goulatromba. Trente écus