LA DUÈGNE
En ce cas, si c'est vous, Vous écrirez venez, au bas de cette lettre, Mais non de votre main
Pourquoi pas de sa main? il ne se donne pas la peine de le demander, appelle un nègre muet qui se trouve là fort à propos , et lui fait écrire le mot fatal venez, La duègne alors en se retirant :
Je vous baise la main.
Don César lui donnant une poignée de doublons : et moi , Je te graisse lu patte, Tiens, vieille
Et, quand elle a disparu :
Tout cela me paraît bien beau... gare la'fin!
Il est certain que tout cela était bien beau, et trop beau pour durer -, la position devenait critique ; don César le sentait; mais, dans ce cas, pourquoi, après avoir remonté sa garde-robe, et rempli ses poches de ducats, s'obstinaitil, pour courir une aventure plus hazardeuse que toutes les autres , à rester dans un endroit dont il lui était si facile de s'échapper?
Comme il est dans le plan du drame que tous les acteurs se rendent à la fde dans celte maison mystérieuse , don Curilan y arrive à son tour; il y vient pour couper le cou à don César de Bazan. J^ouvel imbroglio. Où est-il
Ce César de Bazan, cet impudent, ce traître? Voyons, que je le tue. Où donc est-il ?
Bon CÉSAR.
C'est moi.
DON GDRITAN.
Vous raillez-vous, monsieur?
BOIV CÉSAR.
Je suis don César.
DON GURITAIV.
Monsieur, quittez ce rôle.
Vous m'ennuyez beaucoup, si vous vous croyez drôle.