‹ L'antiquaireChapitre 13 sur 35 · A\XA · texte numérisé non relu

A\XA

Parle vite !

JULIETTE

Oui, oui, l'on parlei-a.

Peut-être à son sau\eur l'incrédule croira !

J'ai prévu le malheur qui tous deux vous menace Et j'ai cherché quelqu'un qui pût tenir la place Contre un rude ennemi qu'il faut vaincre aujourd'hui ; J'ai trouvé ce sauveur. . .

JULIEM.

Mais quel est-il ?

JULIETTE

Celui Qui seul de ce logis peut chasser la démence , Dans vos deux cœurs éteints rallumer l'espérance , Frotter l'Italien d'un bon bâton français Et... pendre mon Firmin sans forme de procès!...

JULIEN

Mais , pour exécuter ta sentence profonde ?. . .

JULIETTE

Un marin , qui trois fois a fait le tour du monde , Arrive tout exprès, et d'Afrique... par eau, Mous servir à la fois de père. . . et de bourreau !

AXXA.

Mais qui?

JULIETTE

L'ai-je pas dit .'' Je vais être plus claire :

Votre oncle... autrement dit : \e frère à votre père!

ANNA

0 mon oncle! on ces lieux je te verrais venir?

JULIETTE

Il vient avec le vent , qui peut le retenir?

Oui. . . c'estle jour fixé. . . bien mieux, c'est l'heure même. .

(Avec dignité. )

Je l'attends !... ,

ANNA

Quoi, bien vrai? Mon oncle que je t'aime î

JULIEX, rêveur, à part.

Que dira-t-il de moi?...

ANNA

De cet heureux retour Qui t'a prévenue?

JULIETTE , se redressant.

Hein ?. . . Sachez que chaque jour Pour suivre du bon ton l'incomparable code Et pour être , en un mot, une femme à la mode Je vais au boulevard... J'entends lire un journal Annonçant le retour d'un grand marin : « Préval! « Mon instinct curieux à ce nom se réveille :

Le commandant Prcval débarquait à Marseille... Qu'il faisait bien !...

JULIETTE

Aussi , j'écrivis à l'instant Pour le laire voj^uei" vers Paris à plein vent!

.IL'LIEX.

S'il arii\ai( (ro|) lard?

.IILIKTTE.

Lui, trop tard?. . . lui !. . . Je ;]age Que ce soir il aura rompu ce mariage; J'ai dcu\ grandes raisons pour en juger ainsi : Primo: toujours un oncle, aux momenis (jue voici, Tombe à propos du ciel pour nous sauver la vie.. . Car la vie ici-bas n'est (ju'une comédie... Secundo : cette lellre !. . .

VWA.

l ne lettre!! !

Jl'LIETTE.

Voici !

(Kiiiril. I

Quel slyle!... Vax ])eu de mois il en dit, Dieu merci!

AWA, lisant.

«J'accours, mille sabords! '^

JULIETTE

Cesl bref, mais ça résonne !

Et pkis bas : » le dix-huit à midi. . . ^' ; l'heure sonne !

(On onlend ic son lointain d'une cloche.) A\\A.

Oii! j'écoule à j|enou\, car c'est hi voix (hi ciel !...

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