‹ L'antiquaireChapitre 17 sur 35 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

PRÉVAL, JULIEN, ANNA, JULIETTE accourant.

Le fort s'est-il rendu? l'avez-vous pris d'assaut?

PRÉVAL

Si mon frère est un fou, moi je suis un grand sot!... Ne vais-je point parler de Dieu, du ciel, au diable? Les armes à la main, la place est imprenable.

Mon père est insensible , il veut donc mon malheur?

PRÉVAL

Hé ! sait-il ce qu'il veut?

JULIEN

Pourtant c'est un grand cœur.

PRÉVAL

Oui; mais souvent du cœur l'esprit ferme la porte..

JULIETTE

Le pas est dangereux, donc il faul qu'on en sorte.

— Si — Uu marin tel que vous doit savoir plus d'un loui?

PRÉVAL

Bien dit!... Si nous restons jusqu'à la lin du join- Tous ensemble à gémir, nous...

.ni.IETTE.

\ous ne rirons guère !

PRÉVAL

Si je pouvais trouver quelque ruse de guerre!...

(A .Juliette, j

Et toi d'abord, dis-moi pourquoi ce Grimaldus Le fait si bien courir...

.ICLIETTE.

Mon nom magique en us!

( Mystérieusement. )

Cel US a, comme vous, fait le tour de la terre ; Nous l'attendons... maiscbut ! c'est un fort grand mystère, Car il doit aujourd'hui nous vendre , bien ou mal. Un vieil orgue inventé par un monsieur... ïubal...

PRÉVAL

Peste! rien qu'un Tubal! Celte ancienne fabrique Est du l('in|)s de... Caïn... En voilà de l'anliqu*^!!

.H'LIEX.

0 ciel!... je eonij)reii<ls lout!,.. Son notaire appoila Ce matin nne somme énorme... et lui compta Le prix. . . il a vendu. . .

PRÉVAL

Quoi ?

JULIEX.

(iette maison même !...

AAiîVA.

Notre maison, grand Dieu! ! le péril est extrême!

PRÉVAF,.

La maison paternelle, oii ses enfants sont nés ! !

.ILLIETTE.

11 garde ce sépulcre où seront continés Ses vieux magots e( lui!...

PRÉVAL

Ce dernier trait m'éclaiie.

Il refuse la paix; eh bien, morbleu, la guerre ! !

.IULIETTE.

La guerre ! !

PRÉVAL

Tout d'abord qu'on écarte Firniin'

JULIETTE

Mons Firmin est sorti sans bruit de grand matin. . .

PRÉVAL

Allons, la ruse est bonne et la foudre s'allume... Sans plus tarder, je cours endosser mon costume; Mes coffres de marin en sont pleins; j'en ai pris De toutes les couleurs et de tous les pays...

ANNA

Mon oncle, par pitié ! que voulez-vous donc faire?

PRÉVAL

Le métier de pirate et celui de corsaire...

Oui, j'aborde ton père,... et veux pour te venger

Le piller! le voler ! le couler! !... le sauver! !

AXXA, le suppliaut.

Ne lui faites pas peur !

JULIEN , de même.

Sa faiblesse est extrême. . .

Au moment du danger, je sens combien je l'aime!

PRÉVAL

Suivez-moi! d'un seul coup je vais guérii- son mal... Oh ! je lui veiuliai cher...

JULIETTE

Quoi ?

PKÉVAL.

L'orgue de Tuball !

L'ANTIQUAIRE, passant la tète.

Qui parle de Tuba] ?

JULIETTE

Sauvons-nous !...

(Ils se sauvent)

SCÈNK II.

L'ANTIQU.^IRE , puis JEAN, vieux domcstiqu.; s.mrd. LAMIQUAIRE, entrant.

Quoi silence !

J'avais cru qu'on parlait... je meurs d'impatience... Ce Grimaldus. . . c'est lui! non, c'est Jean; que veut-il?

JEAM.

Vos lettres...

C'est bon. . . pars !

JEAX.

Hein ! (jiioi ?

l'axtiquaihe.

Va-t'en!...

JEAN

maîl-il ?

l'aivtiquaire.

Va-t'en donc maudit sourd ! ! !

JEAN

Oui. , . parti de bonne heure.

L'AM'IQUAIRE , effrayé.

Qui, parti; Grinialdus?

JEAN

Je m'en v ais. . .

l'aotiquaire.

Non, demeure...

Mais qui donc est parti?

JEAN

Je crois qu'il est sorti...

Qui donc ?

.IEA.X, y rognant.

Oui... je m'en vais...

Mais quelqu'un est parti"?

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