‹ L'antiquaireChapitre 35 sur 35 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

PRÉ VAL, L'ANTIQUAIRE, puis JULIETTE, JULIEN, ANNA, GRIMALDUS.

PRÉVAL

Mon frère, vois cet homme!... ehbien! santé, jeunesse.

L'esprit et le génie unis à la richesse ,

Il avait tout en lui. . . n'a-t-il pas tout perdu

Le jour où l'insensé vola vers l'inconnu ?

Ah! combien il vaut mieux trouver la source vive

Où boit l'oiseau de mer abattu sur la rive ;

Chercher de fleurs en fleurs les parfums et le miel,

Tous les soirs voir briller les étoiles au ciel ;

Penser à ses enfants... sur le seuil les attendre...

Goûter le vrai bonheur, souvent sans le comprendra.

l'oilà le «{iniid st'crel qu'on poursuit chaque jour, Et qu'on a dans le cœur! ce secret, c'est l'amour!!

Oui, je le sens... mes yeux s'ouvrent à la lumière, Mais au moment fatal, pour mieux voir ma misère, Brocandini ! Firmin ! par les enfers vomis, Noirs démons, sur mon cœur quel poids vous avez mis 1

JULIETTE , à part à Prcval.

Les voici !

PRÉVAL , à part à Juliette.

(A l'Antiquaire.)

Bien !. . . Approche ! écoute-moi, mon frère ! J'ai gagné sur les eaux le droit de vivi-e à terre. Je ne la quitte plus 1... Jure ici par la mort Qu'au sort du vieux marin tu veux unir ton sort, Et j'emplis ta maison de divines figures ! Je te rends possesseur des plus nobles sculptures !.,.

L'ANTIQUAIRE , se redressant tout à coup.

Grecques ?. . . je le jure !

PRÉVAL

Oui, je te donne ce soir Un miraculeux groupe, éblouissant à voir 1

L'ANTIQUAIRE, se retournant, voit Anna et Julien à genoux.

Ciel!

PRÉVAL

Le groupe perdu de Paris et d'Hélène!... Il est à tes genoux, le ciel te le ramène... Phidias , cache-toi dans quelque sombre lieu ! Mon frère, inclinons-nous : le grand sculpteur, c'est Dieu ! I Ne sépare jamais ces divines figures, Et bientôt tu verras de petites sculptures , Anges tombés du ciel, courir dans la maison!...

Qui, moi! les séparer?... j'en perdrais la raison!... Dans mes bras , mes enfants !

PRÉVAL , bas à Anna.

Que dis-tu de l'idée ?

Anna, dépêche-toi de lui faire un musée!...

(Haut.)

Aussi dès ce soir même on signe le contrat; Cent mille écus de dot ! ! !

L'ANTIQUAIRE tirant Préval par son habit.

Que dis-tu?. . . mon état. . .

Ne permet plus. . .

PRÉVAL , à part à l'Antiquaire.

Je veux les leur compter d'avance.

C'est l'argent duTubal... Bientôt j'ai l'espérance

De trouver l'intrigant qui te les a ravis , Il me remboursera !...

Je ne sais si je vis !

JULIEN

Oh ! vous vivrez pour nous !

ANNA

Et nous pour toi, mon père !

JULIETTE

Enfin ! ... on peut donc vaincre un moderne antiquaire !

(L'Antiquaire entourant ses enfants de ses deux bras.)

A chacun le bonheur pour lequel il est né : Nous sommes tous heureux !

GRIMALDUS paraissant sur le seuil , la serviette en main.

Et moi, j'ai bien dîné 1 ! I

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LE R#OlS FRENELLES

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